‹ Traité de la véritable oraisonChapitre 54 sur 129 · Jouii. \n , G · texte numérisé non relu

Jouii. \n , G

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Christ est excellente; et n'en feriez-AOus pas d'autres durant toute votre vie, vous devez être content. Saint Albert, à qui la profondeur et l'étendue de sa science ont mérité le surnom de Grand, dit qu'une personne qui méditerait sur la Passion de Jésus-Christ, profiterait beaucoup plus qu'une autre qui jeûnerait au pain et à l'eau pendant un an.

Cela doit vous consoler, mon très cher frère, A ou s qui vous sentez déjà intérieurement porté et attiré à méditer sur la Passion de ^otre-Seigncur Jésus-Christ.

Je vous souhaite la paix et l'onction de Jésus-Christ dans vos oraisons ; et je suis en Jésus-Christ notre Sauveur...

Lettre V

Comment il faut se défaire des scrupules qui occupent quelquefois l'esprit durant l'oraison.

Mon très cher frère.

Parmi toutes les distractions qui vous affligent durant le temps de vos prières, celles qui

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vous enipc^chent de vous appliquer à l'oraison, sont «ortiiines ])onsécs qui vous occupent quelquefois (luraul un lony lonqis, louclianl vos confessions passées, et louchant la récilalion de vos prières. Il vous vient souvent dans la pensée, dites-vous, si vous vous éles bien confessé ; si vous n'avez |)as omis ((uelque péclié ; si vous avez assez i*\pli(pié toutes les circonstances; si vous aviez une bonne contrition ; si vous avez bien accom- |)li la pénitence ; si vous avez satisfait à vos (le\oirs; si vous aviez une attention suffisante en Aiisant vos prières ; si vous n'avez pas omis quelques j)saunies. que vous ne vous souvenez plus d'avoir dit ; si vous avez consenti aux distractions et aux mauvaises pensées.

Appelez ces pensées et ces réllexlons comme \ous voudrez, pour moi je crois que ce sont des scrupules. Car les scrupules consistent dans vuie crainte accompagnée de trouble et d'inquiétude, qui fait soupçonner qu'il n'y ait du mal dans ce qu'on a fait, ou dans ce qu'il y a à faire ou à omettre : et cette crainte, mal fondée, provient d'une légère difliculté, et d'une faible raison, qui se présente tout il coup à l'esprit, et dont on ne trouve pas d'abord la résolution. Tel est l'état où vous vous trouvez, lorsque vous réfléchissez avec excès >ur A os confessions, et sur vos prières d'obligation.

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Ces sortes de scrupules nuisent à une âme, si on n'y porte pas un prompt remède. Ils empêchent de faire oraison ; ils sont un obstacle à la véritable dévotion ; ils troublent la conscience ; ils produisent la langueur et la paresse pour le service de Dieu ; ils ruinent la santé ; ils afTaiblissent l'esprit; ils disposent à la dissipation, et surtout ils bannissent de l'âme celte paix intérieure que Dieu demande pour habiter dans notre cœur pendant l'oraison. C'est pourquoi je vous conjure de faire tous vos efforts pour vous délivrer des scrupules dont vous êtes menacé ; et d'employer les remèdes nécessaires pour guérir d'une maladie si fcicheuse. ou pour la prévenir. Conmie cette maladie spirituelle peut venir de différents principes, on peut aussi se servir de différents remèdes.

Les scrupules viennent quelquefois de la complexion du corps. Un tempérament mélancolique, triste, et trop timide est naturellement porté à craindre excessivement, et à soupçonner à la légère du mal là où il n'y en a pas. Ces sortes de scrupuleux ont besoin de prendre de temps en temps des remèdes d'Hippocrate, comme dit saint Jérôme, al in de purger cette humeur mélancolique qui leur reserre le cœur, leur trouble l'imagination, el la remplit de

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