‹ Traité de la véritable oraisonChapitre 53 sur 129 · I.F.S l-.TATS D OUAISON I.)I · texte numérisé non relu

I.F.S l-.TATS D OUAISON I.)I

clirôtioii qui vionl s'ontrotcnir avec Dieu. Rejeté/, les (.lisliaclions aussi loi que vous les apcrccvre/, ; ensuite tâchez de vous rcuielUc en la présence de Dieu, en rappelant doucement votre esprit et voire iniaginaliou de leurs ('«^arenicnts, de la manièro (|U(> j'ai déjà dit. [*riez Dieu toujours pour uu)i.

Lettre IV

On peut quelquefois changer le sujet de son oraison.

Mon très cher frère,

A ous m'écrivez que vous êtes souvent embarrassé, et comme dans une espèce de perplexité, durant votre oraison, parce qu'il arrive quelquefois que le sujet sur lequel vous devez méditer ne vous touche pas ; et qu'en même temps vous vous sentez porté à penser à quelqu 'autre sujet, qui vous toucherait davantage : surtout à la Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ, ou à quelqu'une des quatre dernières Uns de l'homme. \ ous me demandez ce que vous devez faire

I02 DE LA vi:ritablk oraison

qaand vous aous trouvez dans celle perplcxilé, qui vous nuit beaucoup.

Je vous conseille de aous fixer au sujet qui vous tombe chaque jour ; et de vous en entrelonif durant toute votre oraison, autant que vous pourrez. Vous devez même faire quelque elTort au commencement pour vous en occuper. Autrement vous risquez, au lieu d'un sujet, d'en parcourir une centaine inutilement pendant une seule oraison ; et de vous exposer par là à une infinité de distractions.

Cejiendant, si après avoir fait quelque doux effort, vous ne pouvez vous occuper du sujet que vous aviez préparé, vous pouvez vous entretenir de quelqu 'autre qui vous touchera davantage, si A'ous vous sentez entièrement attiré à y penser. L'esprit de l'homme ne doit pas être à l'oraison comme une bête à la chaîne, qui no peut s'écarter du même endroit ; et l'Esprit de Dieu, qui doit surtout régner dans vos oraisons, est un esprit d'une sainte liberté, qui souffle où il veut, quand il veut, et comme il veut. Donc, après les précautions que j'ai prises, je vous dis en peu de mots de suivre l'attrait que vous sentirez dans votre oraison.

0 mon cher frère ! Si vous êtes fidèle à vous morlilier on tout, et dans les petites choses

Li;.s i;r\i> doumnon lo.)

aussi l)i(Mi ([lie dans les |)lns j.Tandcs, \t)iis coiinaîlrtv, aisôiiiriil ce fjiUM-'csl (juc l'allrail de Dieu.

Je suis [)ouiianl l)ien aise que ^ous nicclilie/ souvent sur quelques-unes des dernières fins de riioMiino. Ces sortes de méditai ions j)roduiront, l'I entretiendront en vous la crainte du Sciiineur, qui est le commencement de la sagesse ; rinmiililé, ([ui est le fondement de toutes les \erlus, etde la plus sublime oraison; la componclion. qui est la nourriture de la véritable ilcvolion ; et enfin toutes les autres vertus, |)ar lesquelles on doit commencer, pour arriver à la plus haute perfection par le moyen de l'oraison.

Je suis encore plus aise que vous vous occupiez très souvent, dans vos oraisons, de la Passion de Jésus-Christ. Elle produira en vous la confiance, l'amour, le désir de toutes les vertus, et surtout celui d'imiter Jésus-Christ, et de conformer vos pensées, vos paroles, vos actions et vos souffrances aux siennes ; en quoi consiste toute notre perfection. Jésus-Christ est notre modèle ; il est la voie que nous devons prendre pour servir Dieu en esprit et en vérité, et pour arriver par là à la vie éternelle, qui est Dieu même '. C'est pourquoi la méditation sur Jésus-

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