‹ Traité de la véritable oraisonChapitre 65 sur 129 · DE LA CONTEMPLATION · texte numérisé non relu

DE LA CONTEMPLATION

Lettre IX

La manière de faire oraison par la contemplation, et sans raisonnement ; quand il faut passer de la méditation à la contemplation.

Mon très cher frère.

Je bénis le Seigneur de vous avoir enfin rapproché de nous, puisque vous croyez que c'est pour votre consolation. Durant toutes les années qui se sont écoulées depuis votre départ de ce pays, j'ai gardé fidèlement votre souvenir devant Dieu. Ce me sera toujours un véritable plaisir de pouvoir vous rendre service en tout ce qui dépendra de moi. Si vous sentez votre confiance en moi être plus grande que jamais, ainsi que vous me le marquez ; de mon côté, je vous assure, je me sens aussi être porté à contribuer à votre perfection, autant qu'il plaira à Dieu. Les hommes ne peuvent que planter et arroser ;

LF.S KTATS d'oIMISON 1G7

c'est Dieu ([iii iloniio l'accroissemcnl dans la vertu ', l'iie/.-le donc de m'éclairor, afin do pouvoir répondre aux nouvelles consultations que vous nie faites; et ne comptez que sur sa sainte grâce, avec la(|uello vous devez travailler fidèlement pour avancer dans l'oraison.

Dès le commencement de votre lettre vous nie témoignez avoir éprouvé beaucoup do peine, do ce que dans vos oraisons vous ne pouviez plus raisonner, conmie auparavant ; mais qu'après avoir un peu médité, il vous fallait rester là sans pouvoir plus réfléchir ; et que quelquefois même vous ne pouviez méditer du tout dans ce saint exercice.

Cela ne doit pas vous surprendre, mon cher frère, et peut provenir de vous-même, aussi bien que de Dieu. La méditation, qui est la même chose que le raisonnement de l'esprit, se termine enfin à la contemplation. Je m'explique. La contemplation est un acte de l'entendement, qui considère un objet par un simple regard, ou une simple vue de l'esprit, dit saint Thomas 2. Or, après que l'esprit a souvent médité, réfléchi et raisonné sur quelques objets, il faut enfin qu'il

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