I. I Cor. iir
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V>E LV VKUITABLE ORAISON
s'arrête à un simple acte, qui renferme en quelque manière tous les autres précédents. Semblable en cela à certains oiseaux, qui, après plusieurs grands tours et détours dans les airs, s'arrêtent de temps en temps, et ont un mouvement plus sinq^le et plus uniforme, de sorte qu'ils semblent comme suspendus, fixes, et immobiles au milieu de l'air.
Voici un autre exemj)le qui vous fera mieux; concevoir ce que je dis. Les premières fois que vous voyez un beau tableau, ou une belle église, ou quelqu'autre objet fort rare, vous en considérez en particulier toutes les parties, vous les approuvez, et vous les louez toutes les unes après les autres ; vous revenez plusieurs fois pour les regarder de nouveau, et vous trouvez en chacune quelque chose qui vous plaît, qui vous charme, et qui vous enlève. Mais si vous continuez souvent à voir ces mêmes choses, nous n'en considérez plus toutes les parties en détail ; vous vous contentez de jeter un simple regard, et aussitôt vous dites en vous-même, ou de bouche : 0 le beau tableau ! ô la belle église ! ô l'habile homme qui a fait cela ! et vous restez ainsi rempli d'estime et d'admiration,
La même chose à peu près arrive dans la pratique de l'oraison.
F.rs i': r V l's d'où vison rCu)
Quand on ronniioncc à s'adonner à cr saint exercice, on médite, en considérant en particulier toutes les parties et les dilVénmtes laces du sujet de son oraison, pour exciter dans la volonté tie saintes alTections. Mais ensuite on pass(> ([ui'hjuel'ois de la méditation à la contemplation. Dès le commencement de l'oraison, ou après avoir un peu médité, on ne peut plus méditer, c'est-à-dire raisonner et discourir, sm- le sujet de son oraison ; et on ne peut plus réllécliir sur chacune de ses parties ; mais on se contente de le considérer par une simple vue. et par un rei^ard simple, li\e, et plus uniforme qu'au[)aravant. (Test ce qu'on appelle contempler.
Ola peut donc venir naturellement de l'entendement ; et c'est fort bon, quand c'est avec le secours de la grâce, qui alors ne nous manque pas. Quelquefois aussi cela vient de Dieu, qui arrête le raisonnement de l'esprit, pour s'unir plus intimement et plus paisiblement la volonté ; et c'est encore meilleur.
Lorsque vous vous trouvez en cet état, ne vous troublez point, quoique vous ne puissiez pas discourir et raisonner. Contentez -vous pour lors de considérer fort simplement de temps en temps le sujet de votre oraison ; et excitez doucement
lyO T)E LA VKRITABLE Or.AISO>'
de courtes afl'ections de la volonté, conlurmes à ce que votre esprit contemple. Lorsque cette contemplation et ces affections cessent, il faut considérer de nouveau, par de simples regards, le même sujet, pour s'y arrêter par contemplation ; et laisser agir doucement la volonté par de bonnes affections et résolutions. Il faut continuer ainsi durant tout le reste de l'exercice. C'est la manière de faire oraison par contemplation, que je vous expliquerai plus en détail dans la suite.
^lais remarquez bien, mon cber frère, que vous ne devez pas de vous-même passer facilement de la méditation à la contemplation : vous A'ous exposeriez à passer inutilement tout le temps de votre oraison, sans considérer aucun objet, et sans avoir aucune affection ; et ainsi votre oraison dégénérerait en une oisiveté. Il faut donc suivre l'attrait que Dieu vous donnera. C'est pourquoi je vous conseille, à l'avenir, dès le commencement de votre oraison, de former tous les actes dont je vous ai parlé autrefois ; et d'y ajouter xm acte d'abandon à la volonté de Dieu, pour lui témoigner que vous êtes là en sa sainte présence, pour faire Aotre oraison de la manière qu'il voudra, prêt à suivre l'attrait qu'il lui plaira de vous donner pour cela. Demeurez ensuite