‹ Traité de la véritable oraisonChapitre 73 sur 129 · I. Job. XII, i · texte numérisé non relu

I. Job. XII, i

LES KTVTS nOUMSON I9I

Ces sortes de jx'iiies crespril (liui'iil plus ou moins, à |)roporlion de l'état jtliis ou luoins parfait où Dieu veut les élever.

Quanil vous vous trouverez dans ([iiehpie send)lalde état durant vos oraisons, et hors de l'oraison, ne cherchez point de consolation ilans les créatures, mais dans votre seul Créateur. Ne quillez point les sacrements, mais fréquentez-les encore plus souvent, pour y puiser votre force. Ne témoignez point au dehors vos peines intérieures, par un air triste, et par des manières bizarres et incommodes; au contraire, affectez pour lors un air toujours égal, un visage gai et content, et des manières d'agir honnêtes, douces et modestes. Surtout conservez toujours une grande liberté de cœur et d'esprit ; et soyez content de votre état intérieur, puisque Dieu vous y veut. La tristesse et la mélancolie font des maux irréparables à la véritable dévotion, et la font souvent dégénérer en simplicités et puérilités.

Ne découvrez pas non plus facilement vos peines intérieures à toutes sortes de personnes, sous prétexte d'y chercher quelque remède. Contentez-vous de les dire avec beaucoup de simplicité et de naïveté à votre confesseur, ou à quelqu'autre personne habile, qui sera votre di-

iqr> DE LV VKItTTAliLE ORAISON

roclcur ; et ensuite faites exactement ce qu'ils vous diront, en attendant avec patience la consolation du Seigneur.

Ne pensez point alors à faire une confession générale, sans une grande nécessité, approuvée par votre confesseur, ou directeur. Quand une fois on a fait une confession générale, il faut demeurer en paix ; et lorsqu'on se ressouvient d'v avoir oublié quelque péché, il suffit de s'en accuser simplement dans la première confession ordinaire que l'on fait. En multipliant les confessions générales, on multiplie souvent les troubles de la conscience, on tombe dans le scrupule, et on perd beaucoup de temps inutilement.

Enfin, ne pensez point de changer aisément de confesseur ; votre naturel changeant et la tentation du démon vous feraient faire bien des courses avant que vous puissiez vous fixer à un autre. Je vous dis cela, afin de vous prémunir contre les ruses dont le démon a coutume de se servir pour troubler les personnes qui sont en des peines intérieures, et pour les empêcher de profiter de leur état.

Je vous conseille donc, lorsque vous avez des pensées contre la foi, l'espérance, la charité, la pureté, etc., de faire des actes de ces mêmes vertus, de renoncer aux pensées qui leur sont

i.ics i;i' V rs d du vison i (j.)

conlraircs; el ciisiiilc tie les ni(''[)riscr, cl de nous cil liimiiluM".

Ne raisonnez point avec le tiéinon louchant les tentations contre la loi; mais dites intéiienrenicnt (jue vous croyez ce que l'Eglise croit touchant les mystères sur lesquels vous êtes tenté, et cela vous suHit. Faites, si vous voulez, un acte de loi, et ensuite méprisez cette tentation, et |)ensez à autre chose: et surtout humiliez-vous intérieurement, et priez le Seigneur d'augmenter votre loi.

Pour ce qui est des pensées de réprobation, tâchez de les régler, ou en pensant à la bonté et à la miséricorde de Dieu, qui vous a déjà fait tant de grâces, qui est prêt à vous en accorder encore davantage, et à vous pardonner tous vos péchés, si vous lui en demandez pardon ; et qui ne veut point la mort ou la damnation du pécheur, mais qu'il se convertisse, et qu'il vive éternellement avec lui dans le ciel ' ; ou en réfléchissant sur la Passion de Notre-Seigneur Jésus- ( ihrist, qui a répandu son précieux sang pour le salut de tous les hommes - ; qui souhaite que tous les hommes soient sauvés •*, et qui a établi

Page 1