I.i:s KI'VIS It'oltMSdN 1 Sç
.le suis 1)1011 convaincu (|ii(' vos jx-iiios sont ji:randes. Car conime rospril renijiortc de beuuconp sur le corps, de même les peines de l'esprit sonl beaucoup plus ^nandcs que celles du corps. Mais, mon cher frère, vos j)eincs intérieures augmenteraient-elles encore, et deviendraient-elles pins terribles, ne vous décourage/ point, tout ira bien ; et vous ne devez rien craindre |)Our votre état, tant que vous serez dans celte disposition, de vouloir sincèrement aimer Dieu sur toutes (.■lioses. et do vouloir plutùl mourir que de l'oflenser mortellement en quoi (pie ce soit.
Ainsi, quand vous auriez l'esprit et l'imagination remplis de pensées de déses[)oir et d'iiilidélité ; quand vous sentiriez toutes vos passions vouloir se révolter malgré vous ; quand il vous semblerait que toutes vos confessions et communions passées et présentes sont autant de profanations et de sacrilèges ; qu'il n'y a plus de miséricorde pour vous, et que le sang de Jésus- Christ qui etïaco les péchés des autres, crie vengeance contre vous, à cause de vos infidélités et ingratitudes ; enfin quand il vous semblerait avoir une espèce de conviction que vous êtes entièrement abandonné de Dieu : ne vous troublez point pour tout cela.
Dieu (pii est en vouS; permet au démon
igO DE LA VEUITADLE OUAISON
d'exciter tous ces orages et tous ces fantômes ; c'est lui cjui vous soutient au milieu de toutes ces peines, et sans lui vous ne pourriez pas y résister. Il saura commander aux vents et à la mer lorsqu'il le jugera à propos. Rassurez-vous donc, et ne craignez pas trop lorsque vous vous trouverez dans cet état.
Mon cher frère, ne soyez pas surpris de ressentir cpielquefois de ces sortes de peines, vous c|ui êtes si imparfait, puisque des saints élevés à une haute perfection en ont senti de plus grandes. Les Catherines de Sienne et de Gênes, les Térèses, les François de Sales, les Marguerites, les saintes Roses, et tant d'autres ont passé par les peines de corps et d'esprit les plus cruelles.
0 mon Dieu ! que vous éprouvez d'une manière admirable et surprenante, les âmes qui vous sont fidèles ! Mirabiliter me criicias *.
A ous permettez même quelquefois, pour augmenter leurs peines, qu'elles tombent entre les mains des personnes qui ne connaissent point leur état, ou qui, s'ils le connaissent, n'y entrent point pour les soutenir. \ous le voulez ainsi, ô mon Dieu ! pour purifier vos élus, pour les humilier, et pour les faire mériter davantage.