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Ce qu'il faut faire lorsque durant l'oraison on a une si parfaite union avec Dieu, qu'il semble que les puissances de l'âme sont suspendues.
Mon trt'S cher frère.
Dieu soit béni à jamais, de vous avoir onlin délivré des peines terribles que vous ressentiez, dans les pensées de désespoir, de blasphèmes, de haine de Dieu, et de réprobation, qui vous troublaient si souvent. Il fallait passer par tout cela, pour avoir les sens intérieurs bien humiliés et bien mortifiés, avant dèlre élevé à une oraison d'union plus parfaite.
Je crois que Dieu vous veut attirer à cette sorte d'oraison passive. Les nouvelles peines que vous m'exposez en sont les marques. \ous vous trouvez parfois si uni à Dieu, que les ])uissances de votre âme, dites-vous, sont quelquefois suspendues durant votre oraison : de sorte que pour lors non seulement vous ne pouvez pas raisonner, mais vous éprouvez même quelque difficulté à je-
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dt: la vi:iaTABLK oraison
ter une vue simple et amoureuse sur Dieu présent en vous-même, sur l'Humanité de Jésus- Christ, ou sur quelqu'autrc objet particulier ; et vous vous sentez comme clans l'impuissance de faire de courtes aspirations vers Dieu. Xousajoiitez que la difficulté que vous avez depuis longtemps de faire vos prières vocales accoutumées, n'est point encore passée.
Mon cher frère, ne vous troublez pas pour tout cela ; c'est une marque que Dieu vous attire à un état plus passif, et à une oraison d'une union plus parfaite que celle que vous aviez eue jusqu'ici.
Jouissez donc tant qu'il plaira à sa divine bonté du calme spirituel que son union avec votre âme produira. Ne craignez point ce sommeil spirituel des puissances de votre âme ; dormez en paix entre les bras de votre Epoux jusqu'à ce qu'il vous éveillé lui-même ^ Dans cette espèce de suspension de vos puissances, abîmezvous dans l'océan de la Divinité.
C'est dans ces heureux moments que se font ces unions intimes, ces communications secrètes, ces connaissances sublimes, ces effusions d'amour, ces grâces extraordinaires, qu'on peut bien goi*iter, mais qu'on ne peut exprimer,
i. Cant. III, 5.
LES KTATS hOllAISON I f)9
l) mon Dioii, ([iirl loircnl tlt; volu[)l('-s no répandez-vous pas dans les Ames entièrement morlilices '. qui s'attachent imiquement à vous par la [)ure loi et par le pur amour !
Quelque chose qui vous arrive, dans cet étal passif, consulte/ toujours des personnes sa\antes el expérimentées. 8i vous n'en trouviez pas qui réunissent ces deux qualilés, préférez la science d'un honuiie liahile à l'expérience d'un ignorant : car la science fait distinguer la vérité de l'erreur ; mais l'expérience seule prend souvent le faux pour le vrai. Le démon se transforme souvent en ange de lumière-. Il est un singe de la Divinité ; et lors([u'il voit que Dieu élève une âme aux plus hautes coumiunications, il tâche de son côté de faire quelque chose de semblable, pour inspirer ensuite quelque secrète complaisance. D'ailleurs l'état passif est pour vous un monde nou\eau, dont vous ignorez toutes les routes : ^ous a\ez donc besoin d'un guide habile, qui ^ous conduise sûrement au milieu de tant d'écueils.
Je vous parle ainsi, mon très cher frère, parce que je dois quitter dans huit jours la sainte