‹ Traité de la véritable oraisonChapitre 82 sur 129 · I. D. Tli. a.'j!, q. 171, a. a · texte numérisé non relu

I. D. Tli. a.'j!, q. 171, a. a

LES LTATS U OUAISON 'i 1 l

rioures el oxh'rioiircs, les visions cl les extases (jui viennent de Dieu, d'avec celles qui viennent d'ailleurs.

i" Lorsqu'elles sont acconipagné(-s de trouble, el ([u'elles laissent une inquiétude et une impatience intérieure, c'est une uiarque qu'elles ne \ieiuient point de Dieu : car Dieu est un Esprit lie paix, et il se phu't dans le calme. Le démon peut bien contrefaire [)Our quelque temps l'ange de pai\, el inspirer des douceurs et des consolations intérieures; mais au milieu de cette douceur qu'il fait goûter, on ressent une certaine in(|uiétude, qui empêche ce calme divin (|ue Dieu seul peut causer.

2° Lorsque les voix, les visions et les extases inspirent des mouvements de vanité secrète, et de conqjlaisance en soi-même, comme si elles étaient la récompense des bonnes œuvres ; ou quelles portent à faire quelque chose qui est contraire aux commandements de Dieu, de l'Eglise et des supérieurs : c'est une preuve que tout cela vient du démon, qui est un esprit d'orgueil et de révolte ; el non pas de Dieu, qui repose sur les humbles, qui inspire toujours l'humilité dans ses dons, et qui porte toujours à la soumission, au respect et à l'obéissance.

3" Lorsque les personnes qui ont ces choses

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en parlent facilement et avec plaisir, ou prennent plaisir qu'on leur en parle, et qu'on les consulte, ou ont de la peine quand on ne les croit pas aisément, et quand on les veut examiner ; ou sont entêtées, opiniâtres et attachées à leurs sentiments et à leurs visions ; sensuelles, curieuses, vaines et parleuses : c'est une marque que tout cela vient ou de la faiblesse du jugement, ou d'une imagination creuse, ou d'une malice cachée, ou de l'illusion du démon.

Tout autres sont les personnes d'une grande piété, que Dieu favorise quelquefois de ces sortes de grâces, ou pour elles, ou pour leur prochain. Elles ont beaucoup de peine d'en parler, et elles le font sobrement, et par obéissance ; elles sont bien aises qu'on les examine, et qu'on ne les croie pas facilement ; elles craignent d'èlre trompées et de tromper les autres ; elles sont humbles, soumises, obéissantes, douces, honnêtes, mortifiées, charitables, etc. ; et après avoir répondu en peu de mots, elles renvoient les personnes qui les consultent à des confesseurs habiles, et aux véritables supérieurs, se défiant toujours de leurs propres connaissances ; et enfin, elles ont une grande simplicité chrétienne, soutenue par un bon sens.

Remerciez Dieu, mon cher frère, de ne vous

i,KS irr.VTs I) oii.visoN

avoir [)oiiit conduit [)ar uiio \oie extraordinaire. VA\i' est si ernbarrassanlc, que soinenl couv qui sont dans l'illusion sont a|)prou\(''s par des personnes de caractère ; cl ceux qui sont conduitspar l'Ksprit de j^ieu son! condamnés [)ar des p(M sonnes tle [)iété : soit en\ie, soit jalousie, soit iiriioiance des voies de Dieu, soit permission de hieii, (|ui se plaît à humilier d'un coté ceux (piil élève d un autre.

J'aime mieux vous voir prosterné aux pieds des autres par humilité, que de ^ous voir en extase élevé au-dessus de leurs têtes. La voie la plus sure c'est d'aimer Dieu sur toutes choses, de craindre de l'ollenser en quoi que ce soit, de marcher en sa présence, dètre attentif et fidèle à toutes ses inspirations : d'imiter Jésus-Christ, d'être exact à tous ses devoirs, jusqu'aux plus petits points, de se mortifier en tout, et d'être humble de cœur et desprit. Je ^ous souhaite la persévérance en cet état.

Je ne vous en dis pas davantage, parce qu'il laut que je parte. Adieu, mon cher hère, etc.

21 i\ IIE LA. VEUITAIÎLE OHAISON

Lettre XV

Les maladies, l'étude, le travail, et les autres occupations extérieures ne sont point un obstacle à la plus sublime oraison.

Mon très cher frère,

Comme la distance des lieux ne doit point séparer nos cœurs, qui sont unis par les liens de la charité, je vous avoue que votre lettre, quoique datée depuis longtemps, m'a causé beaucoup de plaisir et de consolation. Je prends une grande part à la maladie que vous avez eue, je remercie le Seigneur de vous avoir rendu un peu la santé ; ce sera pour sa gloire et pour votre sanctification. Vous n'étiez pas encore un fruit mûr pour l'éternité, et votre pénitence n'est pas encore assez grande pour satisfaire à la justice de Dieu en ce monde, et pour recevoir la récompense qu'il vous a préparée dans le ciel. Profitez du temps qu'il vous donne pour l'un et pour l'autre. Dieu vous traite comme un bon Pasteur, qui donne de petits coups de houlette

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