‹ Traité de la véritable oraisonChapitre 99 sur 129 · I . T Clor. i\, aô · texte numérisé non relu

I . T Clor. i\, aô

:i. Colos. iir, 5.

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oJ\Q DE LA VÉRITABLE ORAISON

tification. Lorsque vous sentirez de la peine à être fidèle à vos devoirs, ou que vous trouverez du plaisir à manquer à vos obligations, mortifiezvous en supportant cette peine, et en vous punissant de ce plaisir ; et cette mortification est la plus agréable que vous puissiez offrir à Dieu. Car l'obéissance vaut mieux que les victimes étrangères ^.

Secondement, il faut se mortifier dans les choses qui ne dépendent pas de nous, et que nous n'avons pas recherchées; mais qui nous viennent d'ailleurs, comme de Dieu ou du démon, ou des hommes, qu'ils soient nos inférieurs ou nos égaux, ou nos supérieurs. Tels sont les maladies, les afflictions, les peines du corps et de l'esprit, les tentations, la méchante nourriture, les mauvais vêtements, les défauts naturels, les affronts, les injures, les médisances, les calomnies, etc.

En tout cela faites de nécessité vertu. Ne vous en plaignez pas, ne témoignez surtout aucune impatience, et n'en murmurez point. Acceptez, au contraire, pour l'amour de Dieu, en paix, et si vous pouvez même avec joie, toutes les peines intérieures et extérieures que vous

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lossonlcz. Vdonv, la [Ji-ovidentc tic Dieu sur \oiis, cl abandon uc/.-vous à sa sainte volonté. AI)slcnc/,-vous nicmc du plaisir que vous pourriez tr«)U\(>r en cherchant des consolations et du soula^^emcnt dans les créatiu'cs.

'rroisicmenient, vous pouvez vous mortifier dans les choses qui sont d'elles-mêmes indilTérentes, et qui dépendent de vous. Par exemple, étant dans le jardin, il vous vient envie de cueillir une Heur ; ne la cueillez pas, pour vous mortifier. Lorsqu'il arrive quelqu'un, vous sentez un désir de vous informer qui il est, d'oii il vient, et où il va ; ne vous en informez pas. Etant en conversation, vous auriez du plaisir de dire quelque petit mot spirituel, qui n'est pas nécessaire pour entretenir la compagnie, mais qui vous ferait passer |)our homme d'espril ; ne le dites pas. Lorsqu'on dit quelque nouvelle qu'il n'est pas nécessaire que vous sachiez, il vous vient envie de l'écouter ; ne l'écoutez pas. On appoite du fruit ou quelqu'autre chose qui llatte votre goût, vous sentez une démangeaison d'en goûter ; mortifiez-vous en cela. Etant en quel- ((u'cndroit, ou en y allant, il vous vient envie de tourner la tète et de regarder quelque chose sans nécessité; conserv(v votre vue dans une grande modestie.

ofiS DE LA YKniTAP.Lr. ORAISON

Il y a cent autres manières dont vous pourrez ainsi vous mortifier. Ces mortifications paraissent peu de chose, elles n'en sont pas moins très agréable à Dieu. David ayant un jour une grande soif, et désirant d'avoir un peu d'eau pour boire, répandit ensuite l'eau qu'on lui avait apportée ; et celte mortification fut un sacrifice très agréable au Seigneur'. La volonté est quelquefois beaucoup mortifiée dans les choses qui paraissent les plus légères. Or c'est le sacrifice de notre volonté qui plait davantage à Dieu. La fidélité qu'on a de se mortifier dans les petites choses est très grande, et elle dispose à se mortifier plus facilement dans celles qui sont plus importantes. Car celui qui est fidèle dans les petites occasions, sera fidèle aussi dans les grandes, et celui qui est injuste dans les petites, le sera aussi dans les grandes, comme dit notre Sauveur Jésus-Clirist-.

Quatrièmement , on peut se mortifier dans les choses qui sont bonnes, comme dans la pratique des obligations de son état, dans l'exercice des vertus, et dans la fréquentation des sacrements : faisant tout cela, non pas à cause du plaisir que l'on y goûte quelquefois, mais pour

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