‹ Traité de la vraie dévotion à la sainte Vierge [microforme]Chapitre 25 sur 49 · TRES · texte numérisé non relu

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il v en a de fausses qu'il est facile de prendre pour de véritables. Le démon, comme un faux monayeur et un trompeur fin et expérimenté, a déjà abusé et damné tant d'âmes par une fausse dévotion, même à Ja très sainte Vierge, qu'il se sert tous les jours de son expérience diabolique pour en damner beaucoup d'autres, en les endormant dans le péché, sous prétexte de quelques prières mal dites et de quelques pratiques extérieures qu'il leur inspire. Comme un faux monnayeur ne conrefait ordinairement que l'or et l'argent et fort rarement les autres métaux, parce qu'ils n'en valent pas la peine, ainsi lesprit malin ne contrefait pas autant les autres dévotions que celles de Jésus et de Marie, la dévotion à la sainte Communion et à ja sainte Vierge, parce qu'elles sont, parmi les autres dévotions, ce que sont l'or et l'argent parmi les métaux.

Il est donc très important d’abord de connaître : 1° les fausses dévotions à la sainte Vierge pour les éviter; 2° a véritable pour l’embrasser. Ensuite, parmi tant de pratiques différentes de la vraie dévotion à la sainte Vierge, j'expliquerai plus en détail, dans la seconde partie de cet écrit, quelle est la plus parfaite, la plus agréable à Marie, la plus glorieuse à Dieu, et la plus sanctifiante pour nous, afin de nous y attacher.

1° Des fausses dévotions à la sainte Vierge,

Je trouve sept sortes de faux dévots et de fausses dévotions à la sainte Vierge, savoir : 1° les dévots critiques ; 2° les dévots scrupuleux ; 3° les dévots extérieurs ; 4° les dévots présomptueux ; 5° les dévots inconstants ; 6 les dévots Aypocrites ; T° les dévots intéressés.

Les dévots critiques sont, pour l'ordinaire, des savants orgueilleux, des esprits forts ot suffisants, qui ont au fond quelque dévotion à la sainte V icrge, mais qui critiquent presque toutes les pratiques de piété que les gens simples rendent simplement et saintement à cette bonne Mère, parce qu'elles ne reviennent pas à leur fantaisie. / Ils révoquent en doute tous les miracles et l’histoire rapportés par des auteurs dignes de foi, ou tirés des chroniques des Ordres religieux, qui témoignent des miséricordes et de la puissance de la très

sainte Vierge. Ils ne sauraient voir qu'avec peine des gens simples et humbles, à genoux devant un “autel ou image de la sainte Vi ierge quelquefois dans le coin d’une rue, pour y prier Dieu ; et ils les accusant même d’idolitrie, comme s'ils adoraient le bois ou la pierre ; ils disent que, pour eux, ils n'aiment point ces dévotions extérieures, et qu'ils n’ont pas

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l'esprit si faible que d’ ajouter foi à tant de contes et historiettes qu’on débite de la sainte Vierge. Quand on leur rapporte les louanges admirables que les saints Pères lui donnent, où ils répondent qu'ils ont parlé en orateurs, par exagération, ou ils donnent une mauvaise El à leurs paroles. Ces sortes de faux dévots et de gens orgueilleux et mondains sont beaucoup à craindre : ils font un tort infini à la dévotion à la très sainte Vierge, et en éloignent les peuples d’une manière déplorable, sous prétexte d'en détruire les abus. #

Les dévots scrunuleux sont des gens qui craignent de déshonorer le Fils en honorant la Mère, d’abaisser l’un en élevant l'autre, Ils ne sauraient souffrir qu’on donne à la sainte Vierge des louanges très justes, que lui ont données les saints Pères; ïls ne souffrent qu'avec peine qu'il y ait plus de monde de-

vant un autel de Marie que devant le Saint- Sacrement, comme si l’un était contraire à l'autre ; comme si ceux qui prient Ja sainte Vierge ne priaient pas : Jésus-Christ par elle! Ils ne veulent pas qu'on parle si souvent de cette auguste Souveraine, qu'on s'adresse si souvent à elle. Voici quelques sentences qui leur sont ordinaires : A quoi bon tant de chapelets, tant de confréries et de dévotions extérieures à la sainte Vierge? IL y a en cela bien de- l'ignorance k C’est fuire une momerie

de notre religion. Parlez-moi de ceux qui sont dévots à Jésus-Christ (ils le nomment souvent sans se découvrir, je le dis par paren thèse) : il faut recourir à Jésus-Christ, il est notre unique Médiateur; il faut prêcher Jésus- Christ, voilà le solide! Ce qu'ils disent est vrai dans un sens, mais devient par rapport à l’application qu ils en font, pour e mpêcher la dé-

votion à la très sainte Vierge, très dangereux, et un fin piège du malin, sous prétexte d'un plus grand bien; car jamais on n’honore plus Jésus C hrist que lorsqu'on honore plus su très sainte Mère, puisqu'on n'honore Marie qu'afin d'honorer plus parfaitement Jésus- Christ ; puisqu'on ne va à Marie que comme à la voie pour trouver le terme où l'on va, qui est Jésus.

La sainte Eglise, avec le Saint-Esprit, bénit la sainte Vierge la première, et Jésus-Christ le second : benedicta tu in mulieribus, et benedictus fructus ventris tui Jesus. Non pas que la sainte Vierge soit plus que Jésus-Chris cu égale à lui : ce serait une hérésie intolérable ; mais c’est que, pour bénir plus parfaitement Jésus-Christ, il faut auparavant bénir Marie, Disons done avec tous les vrais dévots de la sainte Vierge, contre ces faux dévots scrupuleux : O Marie, vous êtes bénie entre toutes les femmes, et Jésus le fruit de vos entrailles est béni.

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