‹ Traité de la vraie dévotion à la sainte Vierge [microforme]Chapitre 24 sur 49 · S. Jean, XII · texte numérisé non relu

S. Jean, XII

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A LA SAINTE VIKRGK, 57

elles-mêmes, dont la vie est cachée avec Jéaus- Christ en Dieu.

3° I] faut choisir, parmi toutes les dévotions à la très sainte Vierge, celle qui nous porte le plus à cette mort à nous-mêmes, comme étant la meilleure et la plus sanctifiante ; car il ne faut pas croire que tout ce qui reluit soit or, que tout ce qui est doux soit miel, et quetout ce qui est aisé à faire et pratiqué du plus grand nombre soit sanctifiant. Comme il y « des secrets de nature pour faire en peu de frais et avec Lu ilité des opérations naturelles, de même il y a des secrets dans l'ordre de la grâce pour faire en peu de temps, avec douceur et facilité, des opérations surnaturelles, se vider de soi-même, se remplir de Dieu, et devenir parfait.

La pratique que je veux découvrir est un de ces secrets de grâce, inconnu du grand nombre des Chrétiens, connu de peu ©de dévots, pratiqué et goûté d'un bien plus petit nombre. Pour commencer à découvrir cette pratique,

voici une quatrième vérité qui est une suite de la troisième.

Quatrième vérité. Il est plus parfait, parce qu'il est plus humble, de ne pas approcher de Dieu par nous-mêmes, sans prendre un médiateur. Notre fonds, comme je viens de le montrer, étant si corrompu, Si nous nous appuyons sur nos propres travaux, industries,

préparations, pour arriver à Dieu et lui plaire, il est certain que toutes nos Jjustices seront souillées, où de peu de poids devant Dieu, pour l'engager à s'unir à nous et à nous exaucer, Aussi ce n’est pas sans raison que Dieu nous a donné des médiateurs auprès de

sa Majesté : il a vu notre indignité et incapa- #

cité ; il a eu pitié de nous, et, pour nous

donner accès à ses miséricordes, il nous a M )

pourvus d'intercesseurs puissants auprès de

sa grandeur : en sorte que négliger ces média-

teurs, et s'approcher directement de sa sainteté

sans aucune recommandation, c’est manquer |

d'humilité, c'est manquer de respect envers

un Dieu si “haut et si saint ; c’est faire moins de

cas de ce Roi des rois qu ‘on ne ferait d’un roi ou d’un prince de la terre, duquel nous ne

voudrions pas approcher sans quelque ami |

qui parlât pour nous.

Notre-Seigneur est notre avocat et notre k

médiateur de rédemption auprès de Dieu le Père ; c’est par lui que nous devons prier

avec toute l'Eglise triomphante et militante ;

c'est par lui que nous avons accès auprès de

sa Majesté, et nous ne devons jamais paraître à

devant lui qu'appuyés et revêtus de ses mérites, comme le petit Jacob de peaux de chevreaux devant son père Isaac, pour rece voir sa bénédiction.

Mais n'avons-nous point besoin d’un média-

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l'un média-

teur auprès du Médiateur même ? Notre pureté

ment à lui, et par nous-mêmes ? N'est-il pas Dieu, en toutes choses égal à son Père, et par

# conséquent le Saint des saints, aussi digne de

respect que son Père ? Si, par sa charité infinie, il s'est fait notre caution et notre média-

| teur auprès de Dieu, son Père, pour l’apaiser | et lui payer ce que nous lui devions faut-il

pour cela que nous ayons moins de respect et de crainte pour sa majesté et sa sainteté ?

Disons donc hardiment, avec saint Bernard, que nous avons besoin d’un médiateur auprès

! du Médiateur même, et que la divine Marie

est celle qui est la plus capable de remplir cet office charitable ; c'est par elle que Jésus- Christ est venu, et c’est par elle que nous devons aller à lui. Si nous craignons d'aller directement à Jésus-Christ notre Dieu, par

| crainte de sa grandeur infinie, ou à cause de

notre bassesse et de nos péchés, implorons hardiment l'aide et l’intercession de Marie notre Mère : elle est bonne, elle est tendre ; il n’y a rien en elle d’austère ni de rebutant, rien de trop sublime et de trop brillant; en lu voyant, nous voyons notre pure nature. lle n'est pas le soleil, qui, par la vivacité de ses

rayons, pourrait nous éblouir à cause de notre

faiblesse ; mais elle est belle et douce comme la June, qui reçoit sa lumière du soleil et la

tempère pour la rendre conforme à notre petite portée ; elle est si charitable qu’elle ne rebute personne de ceux qui réclament son intercession, quelque pécheurs qu'ils soient ; car, comme disent les Saints, on n’a jamais oui dire, depuis que le monde est monde, que perkonno ait eu recours à la sainte Vierge avec confiance et persévérance, et en ait été rebuté, Elle est si puissante que jamais elle n'a été refusée dans ses demandes ; elle n’a qu'à se montrer devant son Fils pour le prier : aussttôt il accorde, aussitôt il reçoit ; il est toujours amoureusement vaincu par les entrailles et les prières de sa très chère Mère.

Tout ceci est tiré de saint Bernard et de saint Bonaventure : en sorte que, selon eux, nous avons trois degrés à monter pouraller à Dieu : le premier, qui est le plus proche de nous et le plus conforme à notre capacité, est Marie; le second est Jésus-Christ ; et le troisième est Dicu le Père. Pour aller à Jésus, il faut aller à Marie, c’est notre médiatrice d’intercession ; pour aller au Père éternel, il faut aller à Jésus, c'est notre médiateur de rédemption. Or, par la dévotion que jindiquerai ci-après, c'est l’ordre qu’on garde parfaitement.

Cinquième vérité. Ilest très difficile, vu notre fublesse et fragilité, que nous conser vions en nous les grâces et les trésors que nous avons reçus de Dieu : 1° parce que nous avons ce

à notre nelle ne ent son soient ; mais OUI que perse avec é rebuté. > n Va été , qu ’à 80 } aussitoujours railles et

it de saint

e nous et st Marie;

faut aller rcession ; hr à JÉSUS,

Or, par rès, C'est

, vu notre rvions en

Jus avons avons ce

« mérites en plusieurs années, } doivent nous faire

ide grâces, plus riches en :

} eu expérience et plus élevées en sainteté, ont à été surprises, volées et pillées matheureuse-

Mi Liban et

“faute d’humilité.

jet plus puissants qu'ils n'étaient, Hbles de garder leurs trésors ;

trésor, qui vaut mieux que le ciel et la terre, dans des vases fr: wiles : Habemus thesaurum istum in vasis flictilibus (1); dans un corps corruptible, dans une âme faible et inconstante, qu'un rien trouble et abat ;: 2° parce que les démons, qui sont de fins larrons, veulent nous surprendre à limprévu pour nous voler et nous dévaliser : ils épient jour et nuit Je moment favorable ; pour cela, ils tournent

: incessamment pour nous dévorer, et nous en-

lever en un moment, par un péché, tout ce que nous avons pu gagner de grâces et de

Leur malice, et leur nombre infiniment craindre ce malheur, vu que des personnes pius remplies vertus, plus fondées

leur expérience, leurs ruses

Ah! combien a-t-on vu de cèdres du ‘étoiles du firmament tomber misérablement et perdre toute leur hauteur et

ment.

[leur clarté en peu de temps! D'où est venu icet étrange changement! Ce

n'a pas été faute qui ne manque à personne, mais Ils se sont crus plus forts plus capails se sont fiés ct ils ont cru leur mai-

de grâce,

appuyés sul CUX- mêmes ;

l, L. Cor. 1v, 7,

son assez sûre, et leurs coffres assez forts pour garder Je précieux trésor de Ja grâce, et c'est à cuuse de cet appui imperceptible qu'ils avaient en eux-mêmes quoiqu'il semblât qu'ils s'appuyaient uniquement sur la grâce de Dieu, que le Seigneur très juste a permis qu'ils aient été volés, en les abandonnnant à eux-mêmes.

Hélas! s'ilsavaient connu la dévotion admirable que je montrerai dans la suite, ils auraient confié leur trésor à la Vierge puissante et fidèle, qui le leur aurait gardé comme son bien propre. et même s'en serait fait un devoir de justice. 3° I est difficile de persévérer dans la grâce à cause de la corruption étrange du monde) Le monde est maintenant si corrompu, qu'il est comme nécessaire que les cœurs religieux en soient souillés, sinon par sa boue, du moins par sa poussière : en sorte que c’est une espèce de miracle quand une personne demeure ferme au milieu de ce torrent impétueux sans en être entraînée, au milieu de cette mer orr geuse, sans en être submergée, ou ar par les pirates et corsaires, au milieu de cet air empesté, sans en être endommagée ; c’est la Vier ge uniquement fidèle dans laquelle le serpent n'a jamais eu de part, qui fuit ce miracle à l'égard de ceux et celles qui la servent de la belle manière.

Ces cinq vérités présupposées, il faut maintenant faire plus que | jamais un bon choix de la vraie dévotion à la très sainte Vierge : car

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