WEBSTER, N.Y
ciences Corporation
QG O
1° être dans une résolution sincère d'éviter au moins tout péché mortel, qui outrage la mère aussi bien que le fils ; 2° se faire violence pour éviter le péché ; 39 se mettre des confréries, réciter le chapelet, le saint rosaire ou autres prières, jeûner le samedi, ete. Tout cela est merveilleusement utile à la conversion d’un pécheur, même endurci ; et si mon lecteur est tel, quand il aurait un pied dans l'abîme,
/ je le lui conscille, mais à condition qu'il ne pratiquera ces bonnes œuvres que dans lintention d'obtenir de Dieu, par l’intercession de lu sainte Vierge, la grâce de la contrition et du pardon de ses péchés et la force de vaincre ses mauvaises habitudes, et non pour demeurer paisiblement dans l'état du péché, contre les remords de sa conscience, l'exemple de Jésus-Christ et des Saints, et les maximes du saint Évangile.
Les dévots inconstants sont ceux qui sont dévots à la sainte Vierge par intervalles et par boutades : tantôt ils sont fervents et tantôt tièdes, tantôt ils paraissent prêts à tout faire pour son service, et, peu après, ils ne sont plus les mêmes. Ils embrasseront d’abord toutes les dévotions à la sainto Vierge ; ils se mettront dans toutes ses confréries, mais ils n’en pratiquent point les règles avec fidé lité ; ils changent comme la lune, et Marie les met sous ses pieds, avec le croissant, parce qu'ils sont
Où + O= C
changeants et indignes d’être comptés parmi les serviteurs de cette Vierge fidèle, qui ont la fidélité et la constance pour partage. Il vaut mieux ne pas se charger de tant de prières et pratiques de dévotion, et en faire peu avec amour et fidélité, malgré le monde, malgré le démon et la chair.
Il y a encore de faux dévots à la sainte Vierge, qui sont les devots Lypocrites, qui couvrent leurs péchés et leurs mauvaises habitudes sous le manteau de cette Vierge fidèle, afin de passer aux yeux des hommes pour ce qu’ils ne sont pas.
Il y a enfin des dévots intéressés, qui ne recourent à la sainte Vierge que pour gagner quelque procès, pour éviter quelque péril, pour guérir d’une maladie, ou pour quelque autre besoin de cette sorte, sans quoi ils l’oublieraient ; et les uns et les autres sont de faux dévots, qui ne sont point de mise devant Dieu et sa sainte Mère.
Prenons donc bien garde d’être du nombre des dévots critiques, qui ne croient rien et critiquent tout; des dévots scrupuleux, qui craignent d’être trop dévots à la sainte Vierge, par respect pour Jésus-Christ; des dévots extérieurs, qui font consister toute leur dévotion en des pratiques extérieures ; des dévots présomptueux, qui, sous prétexte de leur fausse dévotion à la sainte Vicrge, croupissent dans
leurs péchés ; les dévots inconstants, qui, par légèreté, changent leurs pratiques de dévotion, ou les quittent tout à fait à la moindre tentation ; des dévots ypocrites, qui se mettent des confréries et portent les livrées de la sainte Vierge afin de passer pour bons ; et enfin des dévots intéressés, qui n’ont recours à la sainte Vicrge que pour être délivrés des maux du corps ou chtenir des biens temporels.
2° De la vraie dévotion à la sainte Vierge.
Ses caractères.
Après avoir découvert et condamné les fausses dévotions à la sn Vierge, il faut en peu de mots établir la véritable, qui est : 19 éntérieure, 29 tendre, 3° sainte, 4° constante, 5° désintéressée.
1° La vraie dévotion à la sainte Vierge est intérieure, c’est-à dire qu’elle part de l'esprit et du cœur; elle vient de l'estime qu'on fait de la sainte Vierge, de la haute idée qu'on s’est formée de ses grandeurs, et de l'amour qu’on lui porte.
2° Elle est tendre, c'est-à-dire pleine de confiance en la très sainte Vierge, comme d'un enfant dans sa bonne mère. Elle fait qu’une âme recourt à elle en tous ses he de corps et d'esprit, avec beaucoup de simplicité, de confiance et de tendresse ; qu’elle implore l’aide de sa bonne Mère en tous temps, en tous lieux
et en toutes choses : dans ses doutes pour en être éclaircie ; dans ses égarements, pour en être redressée ; dans ses tentations, pour être soutenue ; dans ses faiblesses, pour être fortifiée; dans ses chutes, pour être relevée ; dans ses découragements, pour être encouragée ; dans ses scrupules, pour en être délivrée ; dans ses croix, travaux et traverses de la vie, pour en être consolée. Enfin, en tous ses maux de corps et d'esprit, Marie est son recours ordinaire, sans crainte d’importuner cette bonne Mère et de déplaire à Jésus-Christ.
3° La vraie dévotion à la sainte Vierge est sainte, c'est-à-dire qu'elle porte une âme à éviter le péché et à imiter, de la très sainte Vierge, particulièrement son humilité profonde, sa foi vive, son obéissance aveugle, son oraisOon continuelle, sa mortification universelle, sa pureté incomparable, sa charité ardente, sa patience héroïque, sa douceur angélique et sa sagesse divine. Ce sont les dix principales vertus de la très sainte Vierge.
49 La vraie dévotion à la sainte Vierge est constante ; elle affermit une âme dans le bien, et elle la porte à ne pas quitter facilement ses pratiques de dévotion ; elle la rend courageuse pour s'opposer au monde, dans ses modes et ses maximes ; à la chair, dans ses appétits et ses passions, et au diable, dans ses tentations ;
en sorte qu'une personne vraiment dévote à la sainte Vierge n’est point changeante, chagrine, scrupuleuse ni craintive. Ce n’est pas qu'elle ne tombe et qu’elle ne change quelque. fois, dans sa sensibilité et sa dévotion ; mais si elle tombe, elle so relève en tendant la main à sa bonne Mère ; si elle devient sans goût ni dévotion sensible, elle ne s’en met point en peine : car le juste et le dévot fidèle de Marie vit de la foi de Jésus et de Marie, et non aes sentiments de la nature.
5° Enfin, la vraie dévotion à la sainte Vierge est désintéressée, c'est-à dire qu'elle inspire à une âme de ne se point rechercher, mais Dieu seul, dans sa sainte Mère. Un vrai dévot de Marie ne sert pas cette auguste Reine par un esprit de lucre et d'intérêt, ni pour son bien temporel, ni corporel, ni spirituel, mais uniquement parce qu’elle mérite d'être servie, et Dieu seul en elle; il n’aime pas Marie précisément parce qu'elle lui fait du bien, ou qu'il on espère d'elle, mais parce qu'elle est «imable. C’est pourquoi il l'aime et la sert aussi fidèlement dans les dégoûts et sécheresses, que dans les douceurs ct ferveurs sensibles; il l'aime autant sur I: Calvaire qu'aux noces de Cana. Oh! qu’un tel dévot à la sainte Vierge, qui ne se recherche en rien dans les services qu'il lui rend, est agréable et précieux aux yeux de Dieu et de sa sainte Mère!
évote à >, chaest pas uelque :
mais Si main à roût ni int en Marie 1on «es
Vierge spire à is Dieu vot de par un on bien is univie, et » préciu qu'il aimAat aussi Presses, isibles ;
noces sainte 1 dans et pré- Mère !
Muis qu'il est rare maintenant! C'est afin qu'il ne soit plus si rare que j'ai entrepris d'écrire sur le papier ce que j'ai enseigné en public et en particulier dans mes missions, pendant bien des années,
J'ai déjà dit beaucoup de choses de la très suinte Vierge ; mais j'en ai encore plus à dire, et jen omettrai encore infiniment plus, soit par ignorance, insuffisance, soit par défaut de temps, dans le dessein que j'ai de former un vrai dévot de Marie et un vrai disciple de Jésus-Christ,
Oh! que ma peine serait bien employée, si ce petit écrit, tombant entre les mains d’une âmo bien née, née de Dieu et de Marie, et non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, lui découvrait et inspirait, par la grâce du Saint-Esprit, l'excellence et le prix de la vraie et solide dévotion à la très sainte Vierge, quo je vais décrire présentement ! Si je savais que mon sang criminel pût servir à faire entrer dans le cœur les vérités que j'écris en l'honneur de ma chère Mère et souveraine Maîtresse, dont je suis le dernier des enfants et des esclaves, au lieu d'encre, je m'en servirais pour former ces caractères, dans l'espérance que j'ai de trouver de bonnes âmes qui, par leur fidélité à la pratique que j'enseigne, dédommageront ma chère Mère et Maîtresse des pertes qu'elle a faites par mon
ingratitude et mes infidélités. Je me sens plus que jamais animé à croire et à espérer tout ce que j'ai profondément gravé dans le cœur, et que je demande à Dieu depuis bien des années, savoir : que tôt ou tard la très sainte Vierge, aura plus d'enfants, de serviteurs et d'esclaves d'amour que jamais, ct que, par ce moyen, Jésus-Christ, mon cher Maître, régnera plus que jamais dans les cœurs.
Je prévois bien des bêtes frémissantes, qui viennent en furie pour déchirer avec leurs dents diaboliques ce petit écrit et celui dont le Saint-Esprit s'est servi pour l'écrire, ou du moins pour :ensevelir dans le silence d’un coffre, afin qu’il ne paraisse point ; ils attaqueront même et persécuteront ceux et celles qui le liront et réduiront en pratique. Mais n'importe ! mais tant mieux! Cette vue m'encourage et me fait espérer un grand succès, c'est-à-dire un grand escadron de braves et vaillants soldats de Jésus et de Marie, de l’un et de l’autre sexe, pour combattre le mande, le démon et la nature corrompue, dans les temps périlleux qui vont arriver plus que jamais! Qui legit, intelligat 1). Qui potest capere, capiat (2).
(1) S. Maith. xx1v, 15.— 2, Ibid, x1x, 12,
D Ce -
plus at ce ir, et nées, erge, laves
oyen, , plus
8, qui leurs dont ou du d’un attacelles Mais m'enucCcès, ves et le l’un lande, ns les s que potest
A LA SAINTK VIKRGK. 71
DEUXIÈME PARTIE DE LA DÉVOTION LA PLUS EXCELLENTE À LA SAINTE VIERGE, OU PARFAITE CONSÉCRATION À JÉSUS PAR MARIE
RS
Il y a plusieurs pratiques intérieures de la vraie dévotion à la très sainte Vierge ; voici les principales en abrégé :
1° L'honorer comme la digne Mère de Dieu, du culte d'hyperdulie, c’est-à-dire l’estimer et l’honorer par-dessus tous les autres Saints, comme le chef-d'œuvre de la grâce et la première après Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme; 2° méditer ses vertus, ses privilèges et ses actions, 3° contempler ses grandeurs; 49 Jui faire des actes d'amour, de louanges et de reconnaissance; 5° l'invoquer cordialement ; 6° s'offrir et s'unir à elle; 7° faire ses actions en vue de lui plaire; 8° commencer, continuer et finir toutes ses actions par elle, en elle, avec elle et pour elle, afin de les faire par Jésus-Christ, en Jésus-Christ, avec Jésus-Christ et pour Jésus-Christ, notre dernière fin. Nous expliquerons plus loin cette dernière pratique,
18 Dé LA VRAIE DÉVOTION
La vrai dévotion à la sainte Vierge a aussi plusieurs pratiques extérieures dont voici les principales : 1° s’enrôler dans ses confréries et ses congrégations ; 29 entrer dans les Ordres religieux institués sous son nom ; 3° publier ses louanges ; 4° faire en son honneur des aumônes, jeûnes et mortifications d’esprit ou de corps; 5° porter sur soi ses livrées, comme le saint rosaire, ou le chapelet, le scapulaire ou la chaînette ; 6° réciter avec attention, dévotion et modestie le saint rosaire, composé de quinze dizaines d'Ave Maria en l'honneur des quinze principaux mystères de Jésus-Christ ; ou le chapelet de cinq dizaines, qui est le tiers du rosaire, en l'honneur des cing mystères Joyeux, qui sont : l’Annonciation, la Visitation, la Nativité de Jésus-Christ, la Purification et le Recouvrement de Jésus-Christ au temple; ou des cinq mystères douloureux, qui sont :
l’Agonie de Jésus-Christ au jardin des Olives, sa Flagellation, son Couronnement d'’épines, son Portement de Croix et son Crucifiement ; ou des cinq mystères glorieux qui sont : la Résurrection de Jésus-Christ, son Ascension, la Descente du Saint-Esprit ou la Pentecôte, l’Assomption de la sainte Vierge en corps et en âme dans le Ciel et son Couronnement par les trois personnes de la très sainte Trinité. On peut dire aussi un chapelet de six ou sept dizaines, en l'honneur des années qu’on croit
ss fn, nn
aussi ci les ries et rdres ublier
e8 Auou de me le ire ou dévoosé de ur des 'hrist ; le tiers ystères tation, tion et #mple ; sont :
Olives, épines, bment ; bnt : la ension, itecôte, orps et bnt par lrinité.
bu sept n croit
A LA SAINTE VIERGK, 79
que la sainte Vierge a vécu sur la terre ; ou la petite couronne de la sainte Vierge, composée de trois Pater et douze Ave, en l'honneur de sa couronne de douze étoiles ou privilèges ; ou l'Office de la sainte Vierge, si universellement reçu et récité dans l'Eglise, ou le petit Psautier de la sainte Vierge, que saint Bonaventure a fait en son honneur, et qui est si tendre et si dévot, qu'on ne peut le reciter sans être attendri; ou quatorze Pater et Ave, en l'honneur de ses quatorze allégresses ; ou quelques autres prières, hymnes et cantiques de l'Eglise, comme le Salve Regina, l'Alma, l’Ave Regina Cælorum, ou le Regina Cœli, selon les différents temps ; ou l’Ave, maris Stella, O gloriosa Domino, ou le Magnijicat, ou quelques autres pratiques de dévotion, dont les livres sont pleins; chanter et faire chanter en son honneur des cantiques spirituels ; 8° lui faire un certain nombre de génuflexions ou révérences, en lui disant, par exemple, tous les matins, soixante ou cent fois, Ave, Maria, Virgo fidelis, pour obtenir, par son entremise, d’être fidèle aux grâces de Dieu pendant la journée ; et le soir: Ave, Maria, Mater misericordiæ, pour demander pardon à Dieu, par elle, des péchés que l’on a commis pendant le jour ; 9° avoir soin de ses confréries, orner ses autels, couronner et embellir ses statues ; 10° porter ou faire porter ses images
en procession, et en porter une sur 80i, comme une arme puissante contre le démon ; 11° faire faire ses images on son nom, et les placer ou dans les églises, ou dans les maisons, ou sur les portes et entrées des villes, des églises et des maisons ; 12° se consacrer à elle d'une manière spéciale et solenrelle,
[l y a une quantité d’autres pratiques de la vraie dévotion envers la très sainte Vierge, que le Saint-Esprit a inspirées aux saintes âmes, et qui sont très sanctifiantes ; on les pourra lire plus au long dans Ze Paradis ouvert à Philagie, composé par le Révérend Père Paul Barry, de la ans de Jésus, où ila recueilli un grand nombre de dévotions que les Saints ont pratiquées en l’honneur de la très sainte Vierge, lesquelles dévotions servent merveilleusement à sanctifier les âmes, pourvu qu'elles soient faites comme il faut, c'est-àdire : 1° avec une bonne et droite intention de plaire à Dieu seul, de s'unir à Jésus-Christ, comme à sa fin dernière, et d’édifier le pro chain ; 2° avec attention, sans distraction volontaire ; 3° avec piété, sans empressement ni négligence : 4° avec modestie et composition de corps respectueuse et édifiante.
Après tout, je proteste hautement qu'ayant lu presque tous les livres qui traitent de la dévotition à la Mère de Dieu, et ayant conversé familièrement avec les plus saints et savants
80i, on ; , les ONS, églielle
le la ,que mes, urra ert à Paul a ree les très ‘vent urvu bat-àbn de rist, pro vOnt ni sition
yant e la ersé anis
personnages de ces derniers temps, je n'ai point connu ni appris de pratique envers la sainte Vierge semblable à celle que je vais dire qui exige d'ane âme plus de sacrifices pour Dieu, qui la vide plus d'elle-même et de son amour-propre, qui la conserve plus fidèlement dans la grâce, et la grâce en elle, qui l’unisse plus parfaitemen, et plus fucilement à Jésus-Christ, et enfin qui soit plus glorieuse à Dieu, sanctifiante pour l'âme et utile au prochain,
Comme l'essentiel de cette dévotion consiste dans l'intérieur qu’elle doit former, elle ne sera pas également comprise de tout le monde : quelques-uns s'arrêteront à ce qu'elle « d'extérieur, et ne passeront pas outre, et ce sera le plus grand nombre ; quelques-uns, en petit nombre, entreront dans son intérieur, mais ils n’y monteront qu'un degré. Qui est-ce qui montera au second ? Qui parviendra jusqu'au troisième ? Enfin, quel est celui qui y sera par état ? Celui-là seul à qui l'Esprit de Jésus-Christ révèlera ce secret ; l'âme bien fidèle qu'il y conduira lui-même, pour avancer de vertus en vertus, de grâces en grâces, de lumières en lumières, pour arriver jusqu’à la transformation de soi-même en Jésus-Christ, et à la plénitude de son âge sur la terre et de sa gloire dans le Ciel.
1, En quoi consiste la parfaite Consécration à Jésus par Marie.
Toute notre perfection consistant à être conformes, un et consacrés à Jéus-Christ, la plus parfaite de toutes les dévotions est sans contredit celle qui nous conforme, unit et consacre le plus parfaitement à ce parfait Modèle de toute sainteté : or, Marie étant de toutes créatures la plus conforme à Jésus- Christ, il s'ensuit que, de toutes les dévotions, celle qui consacre et conforme le plus une âme à notre Seigneur est la dévotion à la très sainte Vierge, sa sainte Mère, et que plus une âme sera consacrée à Marie, plus elle le sera à Jésus-Christ; c'est pourquoi la plus parfaite consécration à Jésus-Christ; n’est autre chose qu’une parfaite et entière consécration de soi-même à la très sainte Vierge, qui est la dévotion que j'enseigne ; ou autrement une parfaite rénovation des vœux et promesse du saint Baptême.
Cette dévotion consiste donc à se donner tout entier à la très sainte Vierge, pour être tout entier à Jésus-Christ par elle. II faut lui donner : 1° notre corps avec tous ses sen3 et ses membres ; 2° notre âme avec toutes ses puissances ; 3° nos biens extérieurs qu’on appelle de fortune, présents et à venir; 4° nos biens intérieurs et spirituels, qui sont nos mérites, nos vertus, et nos bonnes œuvres
A LA SAINTE VIERGK. 83
passées, présentes et futures : en deux mots, tout ce que nous avons dans l'ordre de la nature et dans l’crdre de la grâce, et tout ce que nous pourrons avoir à l'avenir dans l'ordre de la nature de la grâce et de la gloire, et cela sans aucune réserve, pas même d’un denier, d’un cheveu et de la moindre bonne action, et cela pour toute l'éternité, et sans prétendre ni espérer aucune autre récompense de notre offrande et de nos services, que l'honneur d’appartenir à Jésus-Christ par elle et en elle, quand cette aimable Maîtresse ne serait pas, comme elle l’est toujours, la plus libérale et ia plus reconnaissante des créatures.
Ici, il faut remarquer qu'il y a deux choses dans les bonnes œuvres que nous faisons, 8avoir ;: la satisfaction ot le mérite, autrement, la valeur satisfactoire ou impétratoire, et la valeur méritoire. La val:ur'satisfactoire ou impétratoire d’une bonne œuvre, c’est une bonne action en tant qu’elle satisfait à la peine due au péché, ou qu’elle obtient quelque notvelle grâce ; la valeur méritoire, ou le mérite, est une bonne action en tant qu'elle mérite la grâce et la gloire éternelle. Or, dans cette consécration de nous-mêmes à la très sainte Vierge, nous lui donnons toute la valeur satisfactoire, impétratoire et méritoire, autrement, les satisfactions et les mérites de toutes nos
bonnes œuvres; nous lui donnons nos mérites, nos grâces et nos vertus, non pas pour les communiquer à d’autres (car nos mérites, grâces et vertus sont, à proprement parler incommunicables ; et il n'y a eu que Jésus-Christ qui, en se faisant notre caution auprès de son Père, nous ait pu communiquer ses mérites), mais pour nous les conserver, augmenter et embellir, comme nous airons plus loin; nous lui donnons nos satisfactions pour les communiquer à qui bon lui semblera, et pour la plus grande gloire de Dieu.
[1 suit de là que: 19 par cette dévotion on donne à Jésus-Christ, de la manière la plus parfaite, puisque c’est par les mains de Marie, tout ce qu’on peut lui donner, et beaucoup plus que par les autres dévotions, où on lui donne ou une partie de son temps, ou une partie de ses bonnes œuvres, où une partie de ses satisfactions et mortifications. [ei tout est donné et consacré, jusqu'au droit de disposer de ses biens inférieurs, et des satisfactions qu'on gagne par ses bonnes œuvres, de jour en jour: ce qu’on ne fait même dans aucun Ordre religieux. Dans les Ordres religieux, on donne à Dieu les biens de fortune par le vœu de pauvreté, les biens du corps par le vœu de chasteté, la propre volonté par le vœu d'obéissance, et quelquefois la liberté, du corps par le vœu de clôture; mais on ne lui
tes,
les tes, ‘inrist son es), r et LoOUS muplus
\ on plus arie, :OUP lui une irtie tout dissfac- , de dans relitune s par ar le é, du o lui
A Li SAINTE VIERGE. 85
donne pas la liberté ou le droit qu'on a de disposer de la valeur de ses bonnes œuvres, et on ne se dépouille pas autant qu’on peut de ce que l’homme chrétien a de plus précieux et de plus cher, qui sont ses mérites et ses satisfactions.
29 Une personne qui s’est ainsi volontairement consacrée et sacrifiée à Jésus-Christ par Marie ne peut plus disposer de la valeur d'aucune de ses bonnes actions ; tout ce qu’elle souffre, tout ce qu’elle pense, dit et fait de bien, appartient à Marie, afin qu'elle en dispose selon la volonté de son Fils, et à sa plus grande gloire, sans cependant que cette dépendance préjudicie en aucune manière aux obligations de l'état où l’on est pour le présent, et où l’on pourra être pour l'avenir : par exemple, aux obligations d’un prêtre qui; par office et a:trement, doit appliquer la valeur satisfactoire et impétratoire de la sainte Messe à un particulier ; car on ne fait cette offrande que selon l’ordre de Dieu et les devoirs de son état.
7 39 On se consacre tout ensemble à la très
sainte Vierge et à Jésus-Christ : à la très sainte Vierge comme un moyen parfait que Jésus- Christ à choisi pour s'unir à nous et nous unir à lui ; ot à Notre-Seigneur comme à notre dernière fin, auquel nous devons tout ce que nous
sommes, comme à notre Rédempteur et à notre Dieu.
J'ai dit que cette dévotion peut fort bien
être appelée une forte rénovation des vœux ou promesses du sait Baptême. Car tout Chrétien, avant son Baptême, était l’esclave du démon, parce qu’! lui appartenait ; mais, dans son Baptême, il a, ou par lui-même, ou par son parrain et sa marraine, renoncé solennellement à Satan, à ses pompes et à ses œuvres, et a pris Jésus-Christ pour son Maître et souverain Seigneur, pour dépendre de lui en qualité d’esclave d'amour. Or, c'est ce qu'on fait par la présente dévotion : on renonce (comme il est marqué dans la formule de consécration) au démon, au monde, au péché et à soi-même, et l’on se donne tout entier à Jésus-Christ par les mains de Marie. On fait même quelque chose de plus, puisque, dans le Baptême, on parle ordinairement par Ja bouche d'autrui, c’est-à-dire par le parrain et la marraine ; on ne se donne à Jésus-Christ que par procureur ; mais, dans cette dévotion, c'est par soi-même, c’est volontairement, c'est avec connaissance de cause. Dans le saint Baptême, on ne se donne pas à Jésus-Christ par les mains de Marie, du moins d’une manière expresse, et l’on ne donne pas à Jésus-Christ la valeur de ses bonnes actions ; on reste, après le Baptême, entièrement libre de l'appliquer à
À bugs MO PO mt dd Mes nm =
qui l’on voudra ou de la conserver pour soi ; mais, par cette dévotion, on se donne expressément à Notre-Seigneur par les mains de Marie, et on lui consacre la valeur de toutes ses bonnes œuvres.