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Les hommes, dit saint Thomas, font vœu, au saint Baptême, de renoncer au démon et à ses pompes : Zn Baptismo vovent homines abrenuntiare diabolo et pompis ejus. Et ce vœu, dit saint Augustin, est le plus grand et le plus indispensable : Votum maximum nostrum quo vovimus nos Christo esse mansuros. C'est aussi ce que disent les canonistes : Præcipuum votum est quod in baptismate facimus. Cependant, quel est celui qui garde ce vœu si important ? Quel est celui qui tient fidèlement les promesses du saint Baptême ? Presque tous les Chrétiens ne trahissent-ils pas la foi promise à Jésus-Christ dans leur Baptême ? D'où peut venir ce dérèglement universel, sinon de l’oubli où l’on vit des promesses que l’on y a faites et des engagements qu’on y a contractés, et de ce que presque personne ne ratifie par soimême le contrat d'alliance qu'il a fait avec Dieu par ses parrain et marraine ? Cela est si vrai que le Concile de Sens, convoqué par l’ordre de Louis le Débonnaire pour remédier aux grands désordres qui désolaient le royaume, jugea que la principale cause de cette corruption dans les mœurs venait de l'oubli et
de l'ignorance où l’on vivait des engagements du saint Baptême ; et il ne trouva point de meilleur moyen de remédier à un si grand mal que de porter les Chrétiens à renouveler les promesses baptismales.
Le catéchisme du Concile de Trente, fidèle interprète de ce saint Concile, exhorte les curés à embrasser cette même pratique et à rappeler fréquemment aux peuples qu'ils sont liés et consacrés à Notre-Seigneur Jésus-Christ, comme des esclaves à leur rédempteur et Seigneur, Voici ses paroles : Parochus fidelem populum ad eam rationem cohortabitur ut sciat œquissimum esse... n0S 1pPSOS, NON SECUS AC MANcipia Redemptori nostro et Domino in perpetuum addicere et consecrare. (Cat. Cone. Trid., part. 1, art. 2, $ 19.)
Or, si les Conciles, les Pères et l'expérience même nous montrent que le meilleur moyen pour remédier aux dérèglements des Chrétiens est de les faire ressouvenir des obligations de leur Baptême et de les amener à renouveler les vœux qu'ils y ont faits, n'est-il pas raisonnable qu'on le fasse présentement d’une manière parfaite, en se consacrant entièrement à Notre-Seigneur par sa sainte Mère ? Je dis d'une manière parfaite, parce qu’on se sert, pour se consacrer à Jésus-Christ, du plus parfait de tous les moyens, qui est la très sainte Vierge. |
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On ne peut pas objecter que cette dévotion soit nouvelle ou indifférente : elle n'est pas nouvelle, puisque les Conciles, les Pères et plusieurs auteurs, tant anciens que nouveaux, parlent de cette consécration à Notre-Seiwneur en renouvellant les vœux et promesses du saint Baptême, comme d'une chose anciennement pratiquée, et qu'ils conseillent à tous les Chrétiens ; elle n’est pas indifférente, puisque la principale source de tous les désordres, et par conséquent de la damnation des Chrétiens, vient de l'oubli et de l'indifférence pour cette pratique.
Quelqu'un pourrait dire que cette dévotion, nous faisant donner à Notre-Seigneur, par les mains de la très sainte Vierge, la valeur de toutes nos bonnes œuvres, prières, mortifications et aumônes, nous met dans l'impuissance de secourir les âmes de nos parents, amis ct bienfaiteurs.
Je leur réponds : 1° il n’est pas croyable que nos parents, amis et bienfaiteurs souffrent du dommage de ce que nous sommes dévoués et consacrés sans retour au service de Notre- Seigneur et de sa sainte Mère. Te supposer serait fuire injure à la bonté ct à la puissance de Jésus et de Marie qui sauront bien assister nos parents, amis et bienfuiteurs, de notre petit revenu spirituel, ou par d’autres voies. 2° Cette pratique n’empêche point qu’on prie
pour les autres, soit morts, soit vivants, quoique l'application de nos bonnes œuvres dépende de la volonté de la très sainte Vierge; c'est au contraire ce qui nous portera à prier avec plus de confiance ; de même qu'une Jersonne riche qui aurait donné tout son yen à un grand prince, afin de l’honorer davantage, prierait avec plus de confiance ce prince de faire l’aumône à quelqu'un de ses amis qui {a lui demanderait. Ce serait même faire plaisir à co prince que de lui donner occasion de témoigner sa reconnaissance envers une personne qui s’est dépouillée pour le revêtir, qui s'est appauvrie pour l’honorer. Il faut dire la raême chose pour Notre-Seigneur et de la sainte Vierge : ils ne se laisseront jamais vaincre en reconnaissance.
On pourra dire encore : Si je donne à la très sainte Vierge toute la valeur de mes actions pour l'appliquer à qui elle voudra, il faudra peut-être que je soutfre longtemps en Purgatoire. Cette objection, qui vient de l’amour propre et de l'ignorance de la libéralité de Dieu et de sa sainte Mère, se détruit d’ellemême : une âme fervente et généreuse, qui prise plus les intérêts de Dieu que les siens, qui donne à Dieu tout ce qu'elle a, sans réserve, en sorte qu'elle ne peut rien de plus, qui ne respire que le règne de Jésus-Christ par sa sainte Mère, et qui se sacrifie tout en-
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tière pour l'obtenir; cette âme généreuse,
dis-je, sera-t-elle donc punie en l’autre monde,
pour avoir 4té plus libérale et plus désintéressée que les autres ? ‘l'ant s'en faut: c’est envers cette âme, comme nous le verrons dans la suite, que Notre-Seigneur et sa sainte Mère seront très libéraux en ce monde et dans l'autre, dans l’ordre de la nature, de la grâce et de la gloire.
IT faut maintenant que nous voyions, le plus brièvement que nous pourrons, les motifs qui nous doivent rendre cette dévotion recommandable, les merveilleux effets qu’elle produit dans les âmes fidèles, et quelles en sont les pratiques principales.