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entrer dans cette dévotion particulière, qui n’est point érigée en confrérie, quoiqu'il le fût à souhaiter, après avoir, comme j'ai dit dans la première partie de cette préparation au règne de Jésus-Christ, employé douze jours au moins à se vider de l'esprit du monde contraire à celui de Jésus-Christ, emploieront trois semaines à se remplir de Jésus-Christ par la sainte Vierge. Voici l'ordre qu'ils pourront garder :
Pendant la première semaine, ils emploieront toutes leurs oraisons et actions de piété à demander la connaissance d'eux-mêmes et la contrition de leurs péchés ; et ils le feront tout en esprit d’humilité. Pour cela, ils pourront, s'ils le veulent, mé:iiter ce que j'ai dit de notre mauvais fond, et ne se regarder, les six jours de cette semaine, que comme des escargots, limaçons, crapauds, pourceaux, serpents et boucs ; ou bien ils méditeront ces trois paroles de saint Bernard : Cogita quid fueris, semen putridum ; quid sis vas stercorum ; quid futurus sis, esca vermium. Ils prieront Notre- Seigneur et son Saint-Esprit de les éclairer par ces paroles : Domine, ut videam ; ou Noverim me ; ou Veni, Sancte Spiritus, et dirons tous les jours l’Ave, maris Stella, et les litanies du Saint-Espt ou les litanies de la sainte Vierge.
Pendant la seconde semaine, ils s’appliqueront, dans toutes leurs oraisons et œuvres
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de chaque journée, à connaître la très sainte Vierge. Ils demanderont cette connaissance au Saint-Esprit. 11s pourront lire et méditer ce que nous en avons dit. [ls réciteront, comme la première semaine les litanies du Saint-Esprit et l'Ave, maris Stella, et de plus un rosaire tous les jours, ou du moins un chapelet à cette intention.
[ls emploieront la troisième semaine à connaître Jésus-Christ, [ls pourront lire et méditer tout ce que nous en avons dit, et réciter l'oraison de saint Augustin, qui se trouve dans la première partie de ce Traité. [ls pourront, avec le même Saint, dire et répéter cent et cent fois par jour: Norerimte: “Seigneur, “que je vous connaisse!” ou bien, Domine, ut videam : ‘“ Seigneur, que je voie qui vous “êtes!” Ils réciteront, comme aux semaines précédentes, les litanies du Saint-Esprit et l’Ave, maris Stella, et ajouteront tous les jours les litanies du saint Nom de Jésus.
Au bout de trois semaines, ils se confesseront et communieront à l'intention de se donner à Jésus-Christ, on qualité d'esclaves d'amour, par les mains de Marie. Et après la Communion qu'ils tâcheront de faire selon la méthode qui est ci-après, ils réciteront lu formule de leur consécration, qu'ils trouveront aussi plus loin ; il faudra qu'ils l'écrivent ou la fassent écrire, si elle n'est pas impri-
Re
mée, et qu'ils la signent le même jour qu'ils l'auront faite. [1 sera bon que, ce jour, ils payent quelque tribut à Jésus-Christ et à la sainte Vierge, soit pour pénitence de leur infidélité passée aux vœux de leur Baptême, soit pour protester de leur dépendance entière du domaine de Jésus et de Marie, Ce tribut sera selon la dévotion ei la capacité de chacun : comme un jeûne, une mortification, une aumône, un cierge ; quand ils ne donneruient qu'une épingle en hommage, avee un bon cœur, c'en est assez pour Jésus, qui ne regarde que la bonne volonté, Tous les ans au moins, le même jour, ils renouvelleront la même consécration, observant les mêmes pratiques pendant trois semaines, Ils pourront même, tous les mois, tous les jours, renouveler tout ce qu'ils ont fuit, par ce peu de paroles: Tuus totus ego sum, et omnia meu tua sunt : % Je suis tout à vous, et tout ce que j'ai vous appartient”, 6 mon aimable Jésus, par Marie, votre sainte
M ère,
Deuxième partie—1\s réciteront tous les jours de leur vie, sans pourtant aucune gêne, la petite Couronne de la sainte Vierge, composée de trois Pater et douze Ave en l'honneur des douze privilèges et grandeurs de la très sainte Vierge. Cette pratique est fort ancienne, elle a son fondement dans l’Ecriture sainte Saint Jean vit une femme couronnée
qu'ils ur, ils et à e leur ptême, entière tribut e cha- )n, une sraient n bon egarde moins, même atiques Inêmme, ar tout : Tuus Je suis rtient”, sainte
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de douze étoiles, revêtue du soleil, et tenant la lune sous ses pieds. Cette femme, selon les interprètes, est la très sainte Vierge. Ilya plusieurs manières de bien dire cette petite Couronne : il serait trop long de les rapporter ici: le Saint-Esprit les apprendra à ceux et celles qui seront les plus fidèles à cette dévotion, Cependant, pour réciter cette Couronne tout simplement, il faut d'abord dire : Dignare me laudare te, Viryo sacrata ; da mihi virtutem contra hostes tuos ; ensuite on récitera le Credo, puis un Pater, puis quatre Ave et un rloria Patri ; encore un Pater, quatre Ave et un Gloria Patri. Aïnsi du reste. A Ja fin on dit : Sub tuum præsidium, ete.
Troisième pratique. est très louable, très glorieux et très utile à ceux et celles qui se sont ainsi faits les esclaves de Jésus en Marie, de porter pour marque de leur esclavage amoureux, de petites chaînes de fer bénites d'une bénédiction particulière (1).
Ces marques extérieures ne sont pas, à la vérité, essentielles, et une personne peut fort
(1) On pourrait croire que certains décrets des Coungrégations romaines ont défendu absolument l'usage des chainettes, Nous ne voyons rien cependant dans ces décrets qui interdise cette pratique aux particuliers, surtout si l’on porte ces chainettes comme symbole de l'esclavage de Jésus en Marie, ce qui est proprement la dévotion du V. P, de Montfort (Voy. Analecta Juris Pontificii, tre série, col. 757.)
bien s'en passer, quoiqu'elle ait embrassé cette dévotion ; cependant je ne puis m'empêcher de louer beaucoup ceux et celles qui, après avoir secoué les chaînes bonteuses de l'escla-
vage du démon, dans lesquelles le péché originel et peut-être les péc hés actuels les avaient engagés, se sont volontairement soumis au glorieux esclavage de Jésus-Christ, et se glorifient avec saint Paul d'être dans les chaînes pour Jésus-Christ, chaînes mille fois plus glorieuses et précieuses, quoique de fer, que tous les colliers d'or des empereurs
Qu'autre{ois il n’y eût rien de plus infâme que la croix, à nrésent ce bois ne laisse pas d'être la chose la pius glorieuse du christianisme, Disons de même des fers de l’esclavage. Il n'y avait rien de plus ignominieux parmi les anciens, et même encore à présent parmi les païens ; mais, parmi les Chrétiens, il n'y à rien de plus illustre que ces chaînes de Jésus-Christ, parce qu'elles nous délient et nous préservent des liens infâmes du péché et du démon ; parce qu’elles nous mettent en liberté, et nous lient à Jésus et à Marie, non pas par contrainte et par force, comme des forçats, mais par charité et par amour, comme des enfants : Traham eos 1n vinculix charitatis (1) : ‘et je les attirerai à moi ”, dit Dieu par la bouche d'un Prophète, ‘“ avec
|. Osée, XI, 4.
ssé cette mpêcher ui, après e l'esclahé origi- , avaient oumis Au + se glos« chaînes plus glo- , que tous
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à présent Chrétiens, 8 chaînes us délient es du péus mettent t à Marie, ce, comme ar AmOoUur, in vinculix \ moi ”, dit te, ‘ avec
A LA SAINTE VIERGE, 169 des chaînes de charité ” : chaînes, par conséquent qui sont fortes comme la mort, et plus fortes même, en quelque manière, en ceux qui sont fidèles à porter jusqu'à la mort ces marques glorieuses. Car, quoique la mort détruise leur corps en les réduisant en pourriture, elle ne détruira point les liens de leur esclavage, qui, étant de fer, ne se corrompront pas aisément ; et peut-être qu'au jour de la résurrection des corps, au grand jugement dernier, ces chaînes qui lieront encore leurs os, feront une partie de leur gloire, et seront changées en des chaînes de lumière et de gloire. Heureux, donc, mille fois heureux les esclaves illustres de Jésus en Marie, qui portent leurs chaînes jusqu'au tombeau !
Voici les raisons pour lesquelles on porte ces chaînettes : 1° C’est pour faire ressouvenir le Chrétien des vœux et des engagements de son baptême, de la rénovation parfaite qu'il en a faite par cette dévotion, et de l’étroite obligation où il est de s’y rendre fidèle. Comme l’homme, qui se conduit souvent plus par les sens que par la pure foi, oublie facilement ses obligations envers Dieu, s'il n’a quelque objet extérieur qui les lui remette en mémoire, ces petites chaines servent merveilleusement au Chrétien pour lui rappeler les chaînes du péché et l’esclavago du démon, dont le saint Baptême l’a délivré, et la dépen-
dance à Jésus qu'il a vouée, dans le saint Baptême, et ratifiée ensuite pur la rénovation de ses vœux ; et une des raisons pour lesquelles si peu de Chrétiens pensent à leurs obligations du saint Baptême, et vivent avec autant de libertinage que les païens, comme s'ils n’avaient rien promis à Dieu, c'est qu'ils n’ont sur eux aucune marque extérieure qui les en fasse souvenir. 2° On porte ces chaînes pour montrer qu'on ne rougit point de l’esclavage et servitude de Jésus-Christ, et qu’on renonce à l'esclavage du monde, du péché et du démon. 3° On les porte pour se garantir et se préserver des chaînes du péché et du démon. (ar il faut que nous portions des chaînes d’iniquité, ou des chaînes de charité et de salut : Vineula peccatorum aut vincula carilalis.
O mon cher frère, brisons les chaînes des péchés et des nécheurs, du monde et des mondains, du diaële et de ses suppôts et rejetons loin de nous leur joug funeste : Dirumpamus vincula eorum el projiciamus à nobis jugum ipsorum (1). Mettons nos pieds, pour me servir des termes du Saint-Esprit, dans les fers glorieux de Jésus-Christ, et notre cou dans ses] collicrs: Znjice pedem luum in compedes illius, et in torques illius collum tuum : subjice hu: merum tuum et porta illam, et ne acedieris
(1) Ps. u, 3,
saint Bap-
ovation de
r lesquelles
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, autant de e s'ils n’aqu'ils n'ont ure qui les ces chaînes int de l’esist, et qu'on du péché et se garantir hé et du déns des chaie charité et t vincula ca-
chaînes des , et des mons et rejetons Dirumpanus nobis Jjugumn our me servir les fers glo-
cou dans 86
mpedes illius, subjice hu: ne acedierts
vinculis ejus (1). Vous noterez que le Saint- Esprit, avant de dire ces paroles, y prépare l'âme, afin qu'elle ne rejette pas son conseil important. Voici ses paroles : Audi, fili, et accipe consilium intellectAs, et ne ab'icias consilium meum (2) : Ecoute, mon fils, et reçois un conseil d’entendement, et ne rejette pas mon conseil ”.
Vous voulez bien, mon très cher ami, qu'ici je m'uniss au Saint-Esprit, pour vous donner le même conseil : Vineula illius alligatura salutaris (3): ‘“ ses chaînes sont des chaînes de salut ”. Comme Jésus-Christ en croix doit attirer tout à lui, bon gré ma! gré, il attirera les réprouvés par les chaînes de leurs péchés, pour les enchaîner comme des forçats et des diables, à son ire éternelle et à sa justice vengeresse ; mais il attirera, particulièrement en ces derniers temps, les prédostinés par des chaînes de charité : Omnia traham ad meipsum (4). Traham eos in vinculis caritatis (51. Ces fidèles esclaves ou enchaînés de Jésus-Christ, vincti Christi, peuvent porter leurs chaînes ou à leur cou où à leurs
pieds. Le Père Vincent Caratfa, septième (1) Eccli. vi, 25, 26.
(2) Id. 24, (3) Id. 37.
(4) S. Jean, xn, 23, (5) Osée, xnr, 4.
Général de la Compagnie de Jésus, qui mourut en odeur de sainteté l'an 1643, portait, pour marque de sa servitude, un cercle de fer aux pieds, et disait que sa douleur était qu'il ne pouvait pas traîner publiquement sa chaîne. La Mère Agnès de Jésus, dont nous avons parlé, portait une chaîne de fer autour de ses reins. Quelques autres personnes l’ont portée au cou, pour faire pénitence des colliers de perles qu’elles avaient portés dans le monde, D'autres l'ont portée à leurs bras, pour se faire souvenir, dans les travaux de leurs mains, qu'ils sont esclaves de Jésus-Christ.
Quatrième pratique.—I[ls auront une très grande dévotion pour le grand mystère de l’Incarnation du Verbe, dont la fête se célèbre le 25 mars : c'est le mystère propre de cette dévotion, parce qu'elle a été inspirée du Saint- Esprit : 1° pour honorer et imiter la dépendance ineffable que Dieu le Fils a voulu avoir de Marie, pour la gloire de Dieu son Père et pour notre salut, dépendance qui paraît particulièrement dans l’Incarnation, où Jésus se rend captif et esclave dans le sein de la divine Marie, et où il dépend d'elle pour toutes cho. ses ; 2° pour remercier Dieu des grâces incomparables qu’il a faites à Marie, particulièrement de l'avoir choisie pour sa très digne Mère, lequel choix a été fait dans ce mystère : ce sont là les deux principales fins de l'esclavage de Jésus-Christ en Marie.
ui mou- Remurquez, s'il vous plaît, que je dis ordi- 3, portait, nairement : l'esclave de Jésus er Marie, l'escercle de clave de Marie en Jésus. On peut, à la vérité, leur était comme plusieurs ont fait jusqu'ici, dire l’esuement sa clave de Marie, l'esclavage de la sainte Vierge ; dont nous mais je crois qu'il vaut mieux qu’on se dise
l'esclave de Jésus on Marie, comme le conseillait M. Tronson, supérieur général du séminaire de Saint-Sulpice, renommé pour sa rare prudence et su piété consommée, à un ecclésiastique qui le consultait sur ce sujet, En voici les raisons :
fer autour onnes l'ont des colliers s le monde.
our 8e faire urs mains,
1° Comme nous sommes dans un siècle orgueilleux, où il y à un grand nombre de savants enflés, d'esprits forts et critiques, qui trouvent à redire dans les pratiques de piété les mieux établies et les plus solides, pour ne pas leur donner une occasion de critique sans nécessité, il vaut mieux dire l'esclavage de Jésus en Marie, et se dire l’esclave de Jésus- Christ, que l'esclave de Marie ; prenant la dénomination de cette dévotion, plutôt de sa fin dernière, qui est Jésus-Christ, que du chemin et du moyen pour arriver à cette fin, qui est Marie ; quoiqu'on puisse, dans la vérité, faire l’un et l’autre sans scrupule, ainsi que je fais. Par exemple, un homme qui va d'Orléans à Tours, par le chemin d’Amboise, peut fort bien dire qu'il va à Amboise et qu'il va à Tours ; qu'il est voyageur d’'Amboise et voya-
t une très tère de l’Ine célèbre le e de cette ée du Saintr la dépenvoulu avoir son Père et araît partipù Jésus se de la divine toutes chorâces incomparticulièretrès digne ce mystère :
s de l’escla-
geur de Tours ; avec cette différence cependant qu'Amboiïise n'est que su route droite pour aller à Tours, et que Tours seul est sa fin dernière et le terme de son voyage.
29 Comme le principal mystère qu'on célèbre et qu’on honore en cette dévotion est celui de l’Incarnation, où l’on ne peut voir Jésus- Christ qu'en Marie, et incarné dans son sein, il est plus à propos de dire l'esclavage de Jésus en Marie, de Jésus résidant et régnant en Marie, selon cette belle prière de tant de grands hommes: © Jésus vivant en Marie, venez ét vivez en nous, en votre esprit de saïnteté, cte.
3° Cette manière de parler montre davantage l’union intime qu'il y a entre Jésus et Marie. Ils sont unis si étroitement, que l’un est tout dans l’autre : Jésus est tout en Marie, et Marie toute en Jésus; ou plutôt, elle n’est plus, mais Jésus est tout seul en Marie ; eton séparerait plutôt la lumière du soleil, que Marie de Jésus. En sorte qu’on peut nommer NotreSeigneur Jésus de Marie, et la sainte Vierge Marie de Jésus.
Le temps ne me permettant, pas de m'’arréter ici pour expliquer les excellences et les grandeurs du mystère de Jésus vivant et régnant en Marie, ou de l’Incarnation du Verbe, je me contenterai de dire en trois mots que c'est ici le premier mystère de Jésus-Christ,
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’on célèest celui r Jésusson sein, vage de régnant , tant de n Marie, de sain-
e davan- Jésus et e l’un est Marie, et elle n’est je ; eton leil, que nommer la sainte
le plus caché, le plus relevé et le moins connu : que c’est en ce mystère que Jésus, de concert avec Marie, dans son sein virginal, qui est peur cela appelé par les Saints la salle des secrets de Dieu, a choisi tous les élus; que c'est v ce mystère qu'il a opéré tous les mystères de sa vie qui ont suivi, par l'acceptation qu'ilentit: Jesus ingrediens mundum dirt :
Écce genio ut faciam, Deus, voluntatem tuam 1) ; et, par conséquent, que ce mystère est un abrégé de tous les mystères, qui renferme la volonté et la grâce de tous ; enfin, que ce mystère est le trône de la miséricorde, de la libéralité et de la gloire de Dieu. C’est le trône de sa miséricorde pour nous, parce que, comme on ne peut approcher de Jésus que par Marie, on ne peut voir Jésus ni lui parler que par l'entremise de Marie. Jésus, qui exauce toujours 5a chère Mère, accorde toujours sa grâce et sa miséricorde aux pauvres pécheurs : Adeamus ergo cum fiducia ad thronum gratiæ (2). C’est le trône do sa libéralité pour Marie, parce que, tandis que ce nouvel Adam a demeuré dans ce vrai paradis terrestre, il y à opéré tant de merveilles en secret, que ni les Anges ni les hommes ne les comprennent point. C’est pourquoi les Saints appellent Marie la magnificence de Dieu: Magnificentia Doi,
(1), Hebr. x, 5-9.
l}, 2). Hebr. 1v, 16.
comme si Dieu n’était magnifique qu’en Marie : Solummodo ibi magnificus Dominus (1). C'est le trône de sa gloire pour son Père, parce que c'est en Marie que Jésus-Christ a parfaitement culmé son Père, irrité contre les hommes ; qu'il a préparé la gloire que le péché lui avait ravie, et que, par le sacrifice qu'il a fait de sa volonté et de lui-même. il lui a procuré plus de gloire que jamais ne lui en auraient donné tous les sacrifices de l’ancienne loi, et enfin qu’il lui a donné une gloire infinie, que jamais il n'avait encore reçue de l’homme.
Cinquième pratique. 1ls auront une grande dévotion à dire l’Ave Maria, ou la Salutation Angélique dont peu de Chrétiens, quoique éclairés, connaissent le prix, le mérite, l’excellence et la nécessité. Il a fallu que la sainte Vierge ait apparu plusieurs fois à de grands Saints fort éclairés, pour leur en montrer le mérite, comme à saint Dominique, à saint Jean de Capistran, au bienheureux Alain de la Roche. Ils ont composé des livres entiers des merveilles et de l’efflcace de cette prière pour convertir les âmes ; ils ont publié hautement, ils ont prêché publiquement que le salut ayant commencé par l’Ave Maria, le salut de chacun en particulier est attaché à cette prière ; que c’est cette prière qui a fait porter à cette terre sèche et stérile le fruit de vie, et
(1). Isaïe, xxxur, 21.
\ Marie:
. C'est le rce que aitement \ommes ; lui avait a fait de procuré auraient ne loi, et finie, que mme.
1e grande salutation quoique e, l’excele Ja sainte de grands ontrer le saint Jean ain de la ntiers des ère pour autement, le salut a, le salut hé à cette fait porter t de vie, et
que c'est cette même prière bien dite, qui doit faire germer dans nos âmes la parole de Dieu et porter le fruit de vie, Jésus-Christ, que l’Ave Maria est une rosée céleste qui arrose la terre, c'est-à-dire l'âme, pour lui faire porter son fruit en son temps ; et qu’une âme qui n’est pas arrosée par cette prière ne porte point de fruit, et ne donne que des ronces et des épines, et est près d’être maudite.
Voici ce que la très sainte Vierge révéla au bienheureux Alain de la Roche, comme il est marqué dans son livre De dignitate Rosar'i :
‘ Sache, mon fils, et fais-le connaître à tous, ‘ qu’un signe probable et prochain de la dam- “ nation éternelle est d’avoir de l’aversiün, ‘do la tiédeur, de la négligence à dire la ‘ Sa':tation Angélique, qui à réparé tout le “ monde ” : Scias enim et securè intelligas et inde latè omnibus notum facias, quod videlicet ignum probabile est et propinquum «ternw damnationis horrere et acediari ac negligere Salutationem Angelicam, totius mundi reparationem. Voilà des paroles bien consolantes et bien terribles, qu’on aurait peine à croire, si nous n’en avions pour garants ce saint homme et saint Dominique avant lui, et, depuis, plusieurs grands personnages, avec l'expérience de plusieurs siècles. Car on a toujours remarqué que ceux qui portent la marque de la réprobation, comme tous les hérétiques,
les impies, les orgueilleux et les mondains, haïssent ou méprisent l’Ave Maria et le Chapelet. Les hérétiques apprennent et récitent encore le Pater, mais non pas l’Ave Maria, ni le Chapelet ; c'est leur horreur : ils porteraient plutôt un serpent sur eux qu’un Chapelet. Les orgueilleux aussi, quoique catholiques, comme ayant les mêmes inclinations que leur père Lucifer, n’ont que du mépris ou de l'indifrérence pour l’Ave Maria, et regardent le Chapelet comme une dévotion qui n’est bonne que pour les ignorants et ceux qui ne savent pas lire. Au contraire, on a vu, pe expérience, que ceux et celles qui ont d’ailleurs de grandes marques de prédestination aiment, goûtent et
récitent avec plaisir l'Ave Maria ; et que plus ils sont à Dieu, plus ils aiment cette prière. C'est ce que la sainte Vierge dit aussi au Bienheureux Alain, #n suite des paroles que je viens de citer.
Je ne sais comment cela se fait ni pourquoi, mais cela est pourtant vrai; je n'ai pas un meilleur secret, pour connaître si une personne est de Dieu, que d'examiner si elle aime à dire l’Ave Maria et le Chapelet. Je dis : sè elle aime ; car il peut arriver qu’une personne soit dans l'impuissance naturelle ou même surnaturelle de le dire; mais elle l’aime toujours et elle l'inspire aux autres. Ames prédestinées, esclaves de Jésus en Marie, apprenez que l’Ave
ndains, le Chaécitent rid, ni eraient let. Les comme 1r père indifféle Chapne que ent pas érience, rrandes itent et ue plus prière.
u Bienque je
rquoi, pas un brsonne > à dire aime ; t dans turelle et elle , escla- » l’Ave
À LA SAINTR VIERGE 179
Maria est la plus belle de toutes les prières après le Pater ; c'est le plus parfait compliment que vous puissiez faire à Marie, parce que c'est le compliment que le Très-Haut lui envoya faire par un Archange pour gagner son cœur ; et il fut si puissant sur elle, par les charmes secrets dont il est plein, que Marie donna son consentement à l’Incarnation du Verbe, malgré sa profonde humilité. C’est par ce compliment aussi que vous gagnerez infailliblement son cœur, si vous le dites comme il faut.
L’'Ave Maria bien dit, c'est-à-dire avec attention, dévotion, modestie, est, selon les Saints, l'ennemi du diable qu’il meten fuite et le marteau qui l’écrase; c’est la sanctification de l'âme, la joie des Anges, la mélodie des prédestinés, le cantique du nouveau Testament, le plaisir de Marie et la gloire de la très sainte Trinité. L’Ave Maria est une rosée céleste qui rend l’âme féconde; c’est un baiïser chaste et amoureux qu’on donne à Marie, c’est une rose vermeille qu’on lui présente, c'est une perla précieuse qu’on lui offre, c'est une coupe d’ambroisie de nectar divin qu’on lui donne. Toutes ces comparaisons sont des Suints.
Je vous prie donc instamment, par l'amour que je vous porte en Jésuset Marie, de ne vous pas contenter de réciter la petite Couronne de la sainte Vierge, mais encore le Chapelet, et
même si vous en avez le temps, le Rosaire tous les jours, ct vous bénirez au moment de votre mort, le jour et l’houre où vous m'avez cru ; et, après avoir semé dans les bénédictions de Jésus et de Marie, vous recueillerez des bénédictions éternelles dans le Ciel : Qui seminat în benedictionibus, de benedictionibus et metet (1).
Sixième pratique. Pour remercier Dieu des grâces qu'il a faites à la très sainte Vierge, ils diront souvent le Magnificat, à l'exemple de la bienheureuse Marie d'Oignies et de plusieurs autres Saints. C’est la seule prière, le seul ouvrage que la sainte Vierge ait composé, ou plutôt que Jésus ait fait en elle, car il parlait par sa bouche. C’est le plus grand sacrifice de louange que Dieu ait reçu d’une pure créature dans la loi de grâce. C'est, d’un côté, le plus humble et le plus reconnaissant, et de l’autre le plus sublime et le plus relevé de tous los cantiques : il renferme des mystères si grands et si cachés, que les Anges en ignorent. Gerson, qui a été un docteur si pieux et si savant, après avoir employé une grande partio de sa vie à composer des traités si pleins d’érudition et de piété sur les matières les plus dificiles, n’entreprit qu’en tremblant, sur la fin de sa vie d'expliquer le Magnificat, afin de couronner tous ses ouvrages. Il rapporte, dans
{. II Corinth. 1X, 6.
Rosaire nent de m'avez énédiceillerez l: Qui
ticnibus
Dieu des erge, ils ple de la )lusieurs seul ouposé, où 1 parlait crifice de créature le plus de l’autre , tous Îles si grands nt. Gersi savant,
porte, dans
un volume in-folio qu’il en a composé, plusieurs choses admirables de ce beau et divin cantique. Entre autres choses, il dit que la très sainte Vierge le récitait souvent elle-même, et particulièrement après la sainte Communion, pour action de grâces. Le savant Benzonius, en expliquant le même Magnijicat, rapporte plusieurs miracles opérés par sa vertu, et il dit que les démons tremblent et s’enfuient quand ils entendent ces paroles : Fecit potenliam in brachio suo, dispersit superbos mente cordis sui, (1)
Septième pratique. Lies fidèles serviteurs de Marie doivent beaucoup mépriser, haïr et fuir le monde corrompu, et se servir des pratiques de mépris du monde que nous avons données dans la première partie.
Pratiques particulières et intérieures pour ceux qui veulent devenir parfaits.
Outre les pratiques extérieures de la dévotion qu’on vient de rapporter, et qu'il ne faut pas omettre par négligence ni mépris, autant que l’état ou la condition de chacun le permet, voici des pratiques intérieures bien sanctifiantes pour ceux que l’esprit-Saint appelle à une haute perfection.
C'est, en quatre mots, de faire toutes ses
1, S. Luc, I, 51,
actions par Marie, avec Mario, en Marie et pour Marie, afin de les faire plus parfaitement par Jésus, avec Jésus, en Jésus ot pour Jésus.
[. I] faut faire ses actions par Marie, c’està-dire qu'il faut obéir en toutes choses à la très sainte Vierge, et se conduire en toutes choses par son esprit, qui est le Saint-Esprit de Dieu. Ceux qui sont conduits par l'Esprit de Dicu sont enfants de Dieu : Qui Spiritu Dei a guntur, ii sunt filit Dei (1). Ceux qui sont conduits par l'Esprit de Marie sont enfants de Marie, et par conséquent enfants de Dieu, comme nous avons montré ; et parmi tant de dévots à la sainte Vierge, il n’y a de vrais et fidèles dévots que ceux qui se conduisent par son esprit. J'ai dit que l'Esprit de Marie est l'Esprit de Dieu, parce qu’elle ne s’est jamais conduite par son propre esprit, mais toujours par l'Esprit de Dieu, qui s’en est tellement rendu le maître qu’il est devenu son propre esprit.
Y'est pourquoi saint Ambroise dit : Sit in singulis anima Mariæ, ut magnificet Dominum:
sit in singulis spiritus Mariæ, ut exultet in Deo : ‘“ Que l'âme de Marie soit en chacun ‘pour glorifier le Seigneur ; que l'esprit de ‘# Marie soit en chacun pour se réjouir en # Dieu.” Qu'une âme est heureuse quand, à l'exemple d'un bon Frère Jésuite, nommé
(1) Rom, vin, 14.
(arie et tement r Jésus.
e, c'estses à la
toutes t- Esprit l'Esprit Spiritu qui sont fants de e Dieu, tant de vrais et sent par arie est
jamais oujours llement propre
. Sitin minum:
ltet in chacun sprit de ouir en uand, à nommé
Rodrignez, mort en odeur de sainteté, elle est toute possédée et gouvernée par l'Esprit de Marie, qui est un esprit doux et fort, zélé et prudent, humble et courageux, pur et profond !
Afin que l'âme se laisse conduire par cet esprit de Marie, il faut : 1° Renoncer à son propre esprit, à ses propres lumières et volontés avant de faire quelque chose : par exemple, avant de faire son oraison, de dire ou entendre la sainte Messe, de communier ; parce que les ténèbres de notre propre esprit et la malice de notre propre volonté et opération, si nous les suivions, quoiqu'elles nous paraissent bonnes, mettraient obstacle à l'esprit de Marie. 2° I] faut so livrer à l'esprit de Marie pour en être mus et conduits de la manière qu'elle voudra. [1 faut se mettre et se laisser entre ses mains virginales, comme un instrument entre les mains de l’ouvrier, comme un luth entre les mains d’un bon joueur. Il faut se perdre et s'abandonner à elle, comme une pierre qu'on jette dans la mer : ce qui se fait simplement et en un instant, par une seule œillade de l'esprit, un petit mouvement de volonté, ou verbalement, en disant, par exemple: Je renonce à moi, je me donne à vous ma chère Mère. Et quoiqu'on ne sente aucune douceur sensible dans cet acte d’union, il ne laisse pas d’être véritable : tout comme si l’on disait, ce qu'à
Dieu ne plaise: Je me donne au démon, avec autant de sincérité, quoiqu'on le dît saus aucun changement sensible, on n’en serait pas moins véritablement au démon 5° Il faut, de temps en temps, pendant son action et après l’action, renouveler le même acte d’offrande et d'union ; et plus on le fera, plus on se sanctifiera, et plus tôt on arrivera à l'union avec Jésus- Christ, qui suit toujours nécessairement l’union à Marie, puisque l’esprit de Marie est l'esprit de Jésus.
IT. Il faut faire ses actions avec Marie :
c’est-à-dire qu'il faut, dans nos actions, regarder Marie comme un modèle accompli de toute vertu et de perfection, que le Saint-Esprit a formé dans une pure créature, pour que nous l'imitions selon notre petite portée. Il faut donc qu'en chaque action nous regardions comment Marie l'a faite ou la ferait, si elle était en notre place. Nous devons pour cela examiner et méditer les grandes vertus qu'elle a pratiquées pendant sa vie, et particulièrement: 1° 8a foi vive, par laquelle elie a cru sans hésiter la parole de l’Ange ; elle a cru fidèlement et constamment jusqu’au pied de Ja croix; 2° son humilité profonde, qui l'a fait se cacher, se taire, se soumettre à tout et se mettre la dernière ; 3° sa pureté toute divine, qui n’a jamais eu ni n'aura jamais sa pareille sous la Ciel, et enfin toutes ses autres
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vertus. Qu'on se souvienne, je répète une deuxième fois, que Marie est le grand et l'unique moule de Dieu, propre à faire des images vivantes de Dieu, à peu de frais et en peu de temps ; et qu'une âme qui a trouvé ce moule, et qui s’y perd, est bientôt changée en J ésus- Christ, que ce moule représente au naturel.
JIT. Il faut faire ses actions en Marie.
Pour bien comprendre cette pratique, il faut savoir : 1° que la très sainte Viores est le vrai paradis terrestre du nouvel Adam, et que l'ancien paradis terrestre n'en était que la figure. Il y a donc, dans ce paradis terrestre, des richesses, des beautés, des raretés et des douceurs inexplicables, due le nouvel Adam, Jésus-Christ, y a laissées. C’est en ce paradis qu'il a pris ses complaisances pendant neuf mois, qu'il a opéré ses merveilles, et qu'il a étalé ses richesses avec la magnificence d'un Dieu. Ce très saint lieu n’est composé que d'une terre vierge et immaculée, dont a été formé et nourri le nouvel Adam, sans aucune tache ni souillure, par l'opération du Saint- Esprit, qui y habite. C’est en ce paradis terrestre qu'est véritablement l'arbre de vie qui a porté Jésus-Uhrist, le fruit de vie ; l'arbre de la science du bien et du mal, qui a donné la lumière au monde. Il y a, en ce lieu divin, des arbres plantés de la main de Dieu et arrosés de son onction divine, qui ont porté
et portent tous les jours des fruits d’un goût divin ; il y a des parterres émaillés de belles et différentes fleurs des vertus, dont l'odeur embaume même les Anges. Il y a dans celieu des prairies vertes d'espérance, des tours imprenables de force, des maisons charmantes de confiance. Il n’y a que le Saint-Esprit qui puisse faire connaître la vérité cachée sous les figures des choses matérielles, Il y a en ce lieu un air d’une pureté parfaite, un beau soleil, sans ombre, de la Divinité, un beau jour, sans nuit, de l'humanité sainte, une fournaise ardente et continuelle de charité, où tout le fer qui y est mis est embrasé et changé en or ; il y à un fleuve d’humilité qui sort de la terre, et qui, se divisant en quatre branches, arrose tout ce lieu enchanté ; ce sont les quatre vertus cardinales.
Le Saint-Esprit, par la bouche des saints Pères, appelle aussi la sainte Vierge la Porte Orientale, par où le grand-prêtre Jésus-Christ entre et sort dans le monde ; il est entré la première fois par elle, et il y viendra la seconde.
2° Il faut encore savoir que la sainte Vierge est le sanctuaire de la Divinité, le repos de lu très sainte Trinité, le trône de Dieu, la cité de Dieu, l’autel de Dieu, le temple de Dieu, le monde de Dieu. Toutes ces différentes épithètes et louanges sont très véritables, par
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rapport aux différentes merveilles que le Très- Haut a faitesen Marie. Oh! quelles richesses ! Oh ! quelle gloire ! Oh ! quel plaisir ! quel bonheur de pouvoir entrer et demeurer en Marie, où le Très-Haut a mis le trône de sa gloire suprême ! Mais qu'il est difficile à des pécheurs comme nous d'avoir la permission, la capacité et la lumière pour entrer dans un lieu si haut et si saint, qui est gardé non par un Chérubin, comme l'ancien paradis terrestre, mais par le Saint-Esprit même qui s’en est rendu le maître absolu, et qui a dit d'elle : Hortus conclusus soror mea sponsa, hortus conclusus, fons signatus(1). Marie est fermée; Marie est scellée ; les misérables enfants d'Adam et d'Eve, chassés du paradis terrestre, ne peuvent entrer en celui-ci que par une grâce particulière du Saint-Esprit, qu'ils doivent mériter. Après que, par sa fidélité, on a obtenu cette insigne grâce, il faut demeurer dans le bel intérieur de Marie avec complaisance, s'y reposer en paix, s’y appuyer avec confiance, s'y cacher en assurance et s'y perdre sans réserve, afin que dans ce sein virginal : 1° l'âme soit nourrie du lait de sa grâce et de sa miséricorde maternelle ; 2° qu'elle y soit délivréo des troubles, craintes et scrupules ; 3° qu'elle y soit en sûreté contre tous ses ennemis, le monde, le démon et le péché, qui n’y
l. Gant, IV, 12,
ont jamais eu entrée : c'est pourquoi elle dit que ceux qui opèrent en elle ne pèchent point : Qui operantur in me, non peccabunt (1) : c'est-àdire ceux qui demeurent en la sainte Vierge en esprit ne font point de péché considérable ; 49 afin qu'elle soit formée en Jésus-Christ et Jésus-Christ en elle : parce que son sein est, comme disent les saints Pères, la salle des sacrements divins où Jésus-Christ et tous les élus ont été formés : Homo et homo natus est in ea (2).
IV. Enfin il faut faire toutes «es actions pour Marie. Car, comme on s’est livré à son service, il est juste qu’on fasse tout pour elle comme un domestique, un serviteur et un esclave ; non pas qu’on la prenne pour :a dernière fin de ses services, qui est Jésus- Christ seul, mais pour «a fin prochaine et son milieu mystérieux, et son moyen aisé pour aller à lui. Aïnsi qu'un bon serviteur et esclave, il ne faut pas demeurer oisif ; mais il faut, appuyé de sa ah entreprendre et faire de grandes choses pour cette auguste Souveraine, 11 faut défendre ses privilèges quand on les lui dispute ; il faut soutenir sa gloire quand on l'attaque ; il faut attirer tout le monde, si on peut, à son service et à cette vraie et solide dévotion ; il faut parler et crier
1, Eccli. XXIV, 30.