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À LA SAINTE VIERGK 139
se jettent même, se cachent et se perdent d'une manière admirable, dans son sein maternel et virginal, pour y être embrasés du ‘pur amour, pour y être purifiés des moindres taches, et pour y trouver pleinement Jésus, qui y réside comme dans son plus glorieux trône, Oh ! quel bonheur ! Ne croyez pas, dit l'abbé Guerric, qu'il y ait plus de bonheur d'habiter dans le sein d'Abraham que dans le sein de Marie, puisque le Seigneur y à placé son trône : Ne credideris majoris esse felicitatis habitare in sinu Abrah«æ quam in sinu Marie, cum in eo Dominus posuerit thronum suum.
Les réprouvés, ?u contraire, mettant toute leur confiance en eux-mêmes, ne mangent avec l'enfant prodigue, que ce que mangent les pourceaux ; ils ne sc nourrissent que de la terre, comme les crapauds; et, n’aimant, comme los mondains, que les choses visibles et extérieures, ils ne goûtent point les douceurs du sein de Marie: ils ne sentent point un certain appui et une certaine confiance que les prédestinés sentent pour la sainte Vierge, leur bonne Mère. Ils aiment misérablemeat leur faim au dehors, comme dit saint Grégoire, parcequ'ils ne veulent pas goûter la douceur qui est toute préparée au dedans d'eux-mêmes et au dedans de Jésus et de Marie.
5° Enfin, les prédestinés gardent les voies
140 Di LA VRAIE DÉVOTION
de la sainte Vierge, leur bonne Mère, c’est-àdire, ils limitent, et c'est en cela qu'ils sont vraiment heureux et dévots, et qu'ils portent la marque de leur prédestination, comme leur dit cette bonne Mère : Beati qui custodiunt vias meas (1): c’est-à-dire, bienheureux ceux qui pratiquent mes vertus, et qui marchent sur les traces de ma vie, avec le secours de Îa divine grâce. Ils sont heureux dans ce monde, pendant leur vie, par l'abondance des grâces et des douceurs que je leur communique de ma plénitude, et plus abondamment qu'aux autres qui ne m'imitent pas de si près ; ils sont heureux dans leur mort, qui est douce et tranquille, et à laquelle j ii assiste ordinairement pour les conduire moi-même dans les joies de l’Eternité ; enfin, ils seront heureux dans l'Éternité, parce que jamais aucun de mes bons serviteurs, qui a imité mes vertus pendant sa vie, n’a été perdu. Les réprouvés, au contraire sont malheureux pendant leur vie, à leur mort et pendant l'Eternité, parcequ ils n'imitent point la très sainte Vi ierge dans scs vertus, se contentant de se mettre quelquefois de ses confréries, de réciter quelques prières en son honneur ou de faire quelque autre dévotion extérieure.
O sainte Vierge, ma bonne Mère, qu’heureux sont ceux. je le répète avec les transports
(1) Prov. vin, 32
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”est-à- 8 sont ortent Le leur odiunt t ceux rchent s de ia monde, grâces que de qu'aux ils sont Juce et rement ies de
dans le mes 18 penvés, au ur vie, cequ'ils ans scs quefois prières tre dé-
qu'heusports
de mon cœur, qu'heureux sont ceux et celles qui, ne se jaissant point séduire par une fausse dévotion envers vous, gardent fidèlement vos voies, vos conseils et vos ordres ! Mais que malheureux et maudits sont ceux qui, abusant de votre dévotion, ne gardent pas les com-
mandements de votre Fils: Maledicti omnes qui declinant a mandastis tuis (1).
Voici présentement les devoirs charitables que la sainte Vierge, comme la meilleure de toutes les mères, rend à ses fidèles serviteurs, qui se sont donnés à elle de la manière que J'ai dite, et selon la figure de Jacob.
I. Elle les aime. Zgo diligentes me diligo (2) : J'aime ceux qui m'aiment ”. Elle les aime :
1° parce qu’elle est leur Mère véritable : or, une mère aime toujours son enfant, le fruit de ses entrailles ; 20 elle les aime par reconnaissance, parce qu'effectivement ils l’aiment comme leur bonne Mère ; 3° elle les aime, parce qu'étant prédestinés, Dicu les aime :
Jacob dilexi, Esau autem odio habui (3); 4 elle les aime, parce qu’ils se sont tous consacrés à elle, et qu’ils sont sa possession et son héritage : In Israël hœreditare (4). Elle les aime tendrement, et plus tendrement que
(1) Ps. exvin, 21.
2) Prov. xt, 17, (3) Rom. 1x, 13.
(4) Eccli, xxiv, 13,
toutes les mères ensemble, Mettez, si vous pouvez, tout l'amour naturel que les mères de {out le monde ont pour leurs enfants, dans le cœur d'une seule mère pour un enfant unique : $ certainement cette mère aimera beaucoup cet enfant ; cependant il est vrai que Marie aime encore plus tendrement ses enfants que cette mère n'aimerait le sien.
Elle ne les aime pas seulement avec affection, mais avec efficacité. Son amour pour eux est actif et effectif, comme celui et plus que celui de Rebecca pour Jacob. Voici ce que cette bonne Mère, dont Rebecca n’était que la figure, fait pour obtenir à ses enfants la bénédiction du Père céleste. 1° Elle épie, comme Rebecca, les occasions favorables de leur faire du bien, de les agrandir et enrichir. Comme elle voit clairement en Dieu tous les biens et les maux, les bonnes et mauvaises fortunes, les bénédictions et les malédictions de Dieu, elle dispose de loin les choses pour exempter de toutes sortes de maux ses serviteurs et les combler de toutes sortes de biens : en sorte que, s’il ya une bonne fortune à faire en Dieu, par la fidélité d’une créature à quelque haut emploi, il est sûr que Marie procurera cette bonne fortune à quelqu'un de ses chers enfants et serviteurs, et lui donnera la grâce pour en venir à bout avec fidélité: Ipsa procurat negotia nostra, dit un saint,
| vous res de lans le nique :
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» affecur eux [us que ce qu que la à Déné.
comme ir faire jomnie iens et prtunes, Dieu, empter rs et les n sorte are en uelque ocurera es chers a grâce sa pro-
À LA SAINTE VIERGF, 143
20 Elle leur donne de bons conseils, comme Rebecca à Jacob : Fili mi, acquiesce consilliis meis : “ Mon fils, suis mes conseils !” Et, entre autres conseils, elle leur inspire de lui apporter deux chevreaux, c'est-à-dire leur corps et leur âme, et de les lui consacrer pour en faire un mets qui soit agréable à Dieu, et de faire tout ce que Jésus-Christ, son Fils, a enseigné par ses paroles ot ses exemples. SI ce n’est pas par elle-même qu'elle leur donne ces conseils, c’est par le ministère des Anges, qui n’ont pas de plus grand honneur et plaisir que d’obéir à quelqu'un de ses commandements pour descendre sur terre et secourir ses fidèles serviteurs.
3° Quand on lui a apporté et consacré son corps et son âme et tout ce qui en dépend, sans rien excepter, que fait cette bonne Mère ? Ce que fit autrefois Rebecca aux deux chevreaux que lui apporta Jacob : 19 elle Jes tue et les fait mourir à la vie du vieil Adam ; 2° elles les écorche et l°s dépouille de leur peau naturelle, c'est-à-dire de leurs inclinations mauvaises et de toute attache à la créature ; 3° elle les purifie de leurs souillures et péchés ; 49 elle les apprête au goût de Dieu et à sa plus grande gloire. Et comme il ny a que Marie qui sache parfaitement ce goût divin et cette plus grande gloire du Très- Haut, iln'y a qu'elle qui, sans se tromper, puisse accom-
moder et apprêter notre corps et notre âme à ce goût infinement relevé et à cette gloire infiniment cachée.
4° Cette bonne Mère, ayant reçu l’offrande parfaite que nous lui avons faite de nousmêmes et de nos propres mérites et satisfactions, par la dévotion dont j'ai parlé, et nous ayi ant dépouillés de nos vieux habits, nous approprie et nous rend dignes de paraître devant notre Père céleste. 19 Elle nous revêt des habits propres, neufs, préc ieux et parfumés, de notre Frère aîné, c'est-à-dire de Jésus- Christ son Fils, qu'elle garde dans sa maison, je veux dire qu’elle a dans sa puissance, étant la trésorière et la dispensatrice universelle des vertus et des mérites de son Fils, Jésus- Christ, qu’elle donne et communique à qui elle veut, quand elle veut, comme elle veut ctautant qu’elle veut, comme nous avons vu cidevant. 2° Elle entoure le cou et les mains de ses serviteurs des peaux des chevreaux tués et écorchés : c’est-à-dire qu'elle les orne des mérites, et de la valeur de leurs propres actions. Elle tue et mortifie, à la vérité, tout ce qu'il y a d'impur et d’ pan thit dans leur personne ; mais elle ne perd et ne dissipe pas tout le bien que la grâce y a fait ; elle le garde et l’augmente pour en faire l'ornement et la force de leur cou et de leurs mains, c’est-à-dire pour les fortifier et les aider à porter le joug du
me à ‘e in-
ande nousisfacnous nous e deôt des imés, Féaus- \isOn, étant rselle
Seigneur, qui se porte sur le cou, et à opérer de grandes choses pour la gloire de Dieu et le salut de leurs pauvres frères. 3° Klle donne un nouveau parfum et une nouvelle grâce à leurs habits et ornements, en leur communiquant ses propres habits, c'est-à-dire ses mérites et ses vertus, que, en mourant, elle leur a légués par son testament, comme dit une sainte religieuse du siècle dernier, morte en odeur de sainteté, et qui l'a su par révélation. En sorte que tous ses domestiques, ses fidèles serviteurs et esclaves sont doublement vêtus des habits de son Fils et des siens propres : Omaes domestici ejus vestiti sunt duplicibus (1) ; c'est pourquoi ils n'ont rien à craindre du froid de Jésus-Christ, blanc comme la neige, que les réprouvés tout nus ot dépouillés des mérites de Jésus-Christ et de la sainte Vierge ne pourront pas soutenir.
5° Enfin, elle leur fait obtenir la bénédiction du Père céleste, quoique, n'étant que les puînés et les enfants adoptifs, ils ne dussent pas naturellement l'avoir. Avec ces habits tout neufs, très précieux et de très bonne odeur, et avec leur corps et leur âme bien préparés et apprêtés, ils s'approchent, avec confiance du lit de repos de leur Père céleste. Ce bon Père entend et distingue leur voix qui est celle du pécheur; il touche leurs
(1) Prov. xxxi, 21,
mains couvertes de peaux ; il sent la bonne odeur de leurs habits; il mange avec joie de ce que Marie, leur Mère, lui a apprêté ; reconnaissant en eux les mérites et la bonne odeur de son fils et de sa sainte Mère: 10 il leur donne sa double bénédiction, bénédiction de la rosée du ciel: De rore cæli (1), c'est-à-dire de la grâce divine qui est la semence de la gloire: Benedixit nos in omni benedictione spiritali in Christo Jesu (2) ; bénédiction de la graisse de la terre : De pinguedine terræ (3), c'est-à-dire qu'il leur donne leur pain quotidien et une suffisante abondance des biens de ce monde ; 2° il les rend les maîtres de leurs autres frères, les réprouvés: non pas que cette primauté paraïisse toujours en ce monde, qui passe dans un instant. où souvent les réprouvés dominent : Peccaiores effabuntur et gloriabuntur (4)... Vidi imyium superexaltatum et elevatum (5) ; mais elle est pourtant véritable, et elle paraîtra manifestement dans l’autre monde, pendant toute l'éternité, où les justes, comme dit le Saint-Esprit, domineront et commanderont aux nations: Dominabuntur
populis (6). Sa Majesté, non contente de les
(1) Gen. xxvir, 2.
(2) Ephes, 1, 3.
(3) Gen xxvi, 28.
(4) Pe, xcnr, 4, (5) Pe, xxx vi, 35.
6) Sup. 111, 8,
nne e de CON deur leur 1 de -dire de la tione dela (8), uotins de leurs
bénir en leurs personnes et en leurs biens, bénit encore tous ceux qui les béniront, et maudit tous ceux qui les maudiront et persécuteront.*
If. Le second devoir de charité que la sainte Vicrge exerce envers ses fidèles serviteurs, c’est qu'elle les entretient de tout pour le corps et pour l'âme. Elle leur äonne des habits doubles, comme nous venons de le voir ; elle leur donne à manger les mets les plus exquis de la table de Dieu ; elle leur donne à manger le pain de vie qu’elle a formé # À gencrationibus meis implemini (1): “Mes chers enfants, leur dit-elle, sous le nom de la Sagesse, remplissez-vous de mes générations, c'est-à-dire de Jésus, le fruit de vie, que j'ai mis au monde pour vous.” Venite, comedite panem meum et bibite vinum quod miceuri vobis ; comedite, et bibite, et inebriamini, carissimi (2) : “Venez, leur répète-elle ‘en un autre endroit, mangez mon pain, qui “est Jésus ; buvez le vin de son amour, que je vous ai mêlé.” Comme c'est elle qui est la trésorière et la dispensatrice des dons et des grâces du Très-Haut, elle en donne une bonne portion, et la meilleure, pour nourrir etentretenir ses enfants et serviteurs. Ils sont en. graissés du Pain vivant et enivrés du Vin qui fait’germer les vierges. Portés dans le sein
de Marie : Ad ubera portabimini (1), ils ont tant de facilité à soutenir le joug de Jésus- Christ qu'ils n’en sentent presque pas la pesanteur, à cause de l'huile de la dévotion dont elle le fait pourrir : Jugum eorum computrescet à facie olei (2).
JIT. Le troisième bien que la sainte Vierge fait à ses serviteurs, c’est qu'elle les conduit et dirige selon la volonté de son Fils Rebecc: conduisait son petit Jacob et lui donnait de temps en temps de bons avis, soit pour attirer sur lui la bénédiction de son père, soit pour lui faire éviter la haine et la persécution de son frère Esaü. Marie, qui est l'étoile de la mer, conduit tous ses fidèles serviteurs à bon port ; elle leur montre les chemins de la vie éternelle ; elle leur fait éviter les pas dangereux ; elle les conduit par la main dans les sentiers de la justice; elle les soutient quand ils sont prêts de tomber ; elle les relève quand ils sont tombés; elle les reprend, en mère charitable, quand ils manquent; et, quelquefois même, elle les châtie amoureusement. Un enfant obéissant à Marie, sa Mère nourrice et sa directrice éclairée, peut-il s’égarer dans les chemins de l'Éternité? Zpsam sequens, non devias : “ En la suivant,” dit saint Bernard, “vous ne vous égarerez point.” Ne craignez
(1) Fsaïe, xxvr. 16.
(2) Isaïe, x, 27,
, ont ésusesandont itres-
ierge nduit becca ait de ttirer pour on de \ mer, port ; éter-
table, même, enfant
18, NON ernard, raignez
A LA SAINTE VIÈRGE. 149
point qu’un véritable enfant de Marie soit trompé par le malin esprit et tombe en quelque hérésie formelle, Là où est la conduite de Marie, là ne se trouvent ni le malin esprit avec ses illusions, ni les hérétiques avec leurs finesses : Zpsa lenente, non corruis.
IV. Le quatrième bon office que la sainte Vierge rend à ses enfants et fidèles serviteurs, c'est qu’elle les défend et protège contre leurs ennemis. Rebecca, par ses soins et ses industries, délivra Jacob de tous les dangers où il se trouva, et particulièrement de la mort que son frère Esaü lui aurait apparamment donnée par la haine et l'envie qu'il lui portait, comme autrefois Caïn à son frère Abel. Marie, la bonne Mère des prédestinés, les cache sous les ailes de sa protection, comme une poule ses poussins ; elle parle, elle s’abaisse, elle condescend à toutes leurs faiblesses, pour les garantir de l’épervier et du vautour. Elle se met autour d’eux, elle les accompagne comme une armée rangée en bataille : wé castrorum acies ordinata’\1). Un homme entouré d’une armée bien rangée, de cent mille hommes, peut-il craindre ses ennemis? Un fidèle serviteur de Marie, entonré de sa protection et de sa puissance impériale, a encore moins à craindre, Cette bonne Mère et puissante Princesse des cieux dépêcherait des bataillons de
(!) Cant. vi, 3
millions d’'Anges pour secourir un de ses enfants, plutôt qu'il ne fût jamais dit qu'un fidèle serviteur de Marie, qui s'est contié en elle, succombât à la malice, au nombre et à la force de ses ennemis.
V. Enfin le cinquième et le plus grand bien que l’aimable Marie procure à ses fidèles dévôts, cest qu'elle intercède pour eux auprès de son Fils, et l’apaise par ses prières. Elle les unit à lui d’un lien très intime, et les y conserve.
Rebecca fit approcher Jacob du lit de son père ; et le bon veillard le toucha, l’embrassa, et le baisa même avec joie, étant content et rassasié des viandes bien apprêtées qu'il lui avait apportées ; et, ayant senti avec beaucoup de contentement les parfums exquis de ses vêtements, il s’écria : Æcce odor jilii mei sicut odor agri pleni, cui benedixit Dominus : “ Voici l’odeur de mon fils, qui est comme ‘“ J’'odeur d’un cham» plein, que le Seigneur à “ béni (1) ”. Ce champ plein, dont l'odeur charme le cœur du père, n'est autre que l'odeur des vertus et des mérites de Marie, qui est un champ plein de grâces, où Dieu le Père a semé, comme un grain de froment des élus, son Fils unique. Oh ! qu’un enfant parfumé de la bonne odeur de Marie est bienvenu auprès de Jésus-Christ, qui est le Père du siècle à venir ! Oh ! qu'il lui est prompte-
1, Genes. XX VII, 27,
e ses qu'un tié en t à la
d bien évôts, le son 8 unit serve, de son 11ASSA, ent et u’il lui beaujuis de an EL dinus :
*omme neur 4 l'odeur e que
roment enfant
went et parfaitement uni ! Nous l'avons montré plus au long ci-devant,
De plus, après que la très sainte Vierge « comblé de ses faveurs ses enfants et fidèles serviteurs, qu'elle leur a obtenu la bénédiction du Père céleste et l'union avec Jésus- Christ, elle les conserve en Jésus Christ, et Jésus-Christ en eux ; elle les garde et veille toujours sur eux, de peur qu ils ne perdent la grâce de Dieu et ne retombent dans les pièges de leurs ennemis : In plenitudine detinet : “ Elle retient les saints dans leur pléni- ‘“tude ” et les y fait persévérer jusqu'à la fin, comme nous avons vu. Voilà l'ex plisation de cette grande et ancienne figure de la prédestination et de la réprobation, si inconnuo ct si pleine de mystères,
D Es
111. Effets merveilleux que cette dévotion produit dans une âme qui y est fidèle,
Mon cher frère, soyez persuadé que si vous vous rendez fidèle aux pratiques intérieures et extérieures de cette dévotion, que je vous marquerai ci-après :
1° Par la lumière que le Saint-Esprit vous donnera par Marie, sa chère Kpouse, vous connaîtrez votre mauvais fond, votre corruption et votre incapacité à tout bien, si Dieu n'en est le principe, comme auteur dela na-
ture et de la grâce ; et, par suite de cette connaissance, vous vous mépriserez, vous ne penserez à vous qu'avec horreur. Vous vous regarderez comme un limagon qui gâte tout de sa bave, ou comme un crapaud qui empoisonne tout de son venin, Où comme un serpent malicieux qui ne cherche qu'à tromper.
Enfin, l’humble Marie vous fera part de sa profonde humilité, qui fera que vous vous mépriserez, vous ne mépriserez personne, et vous aimerez le mépris.
2° La sainte Vierge vous donnera part à sa foi, qui à été plus grande sur la terre que la foi de tous les Patriarches, des Prophètes, des Apôtres et de tous les Saints. Présentement qu'elle est régnante dans les Cieux, elle n’a plus cette foi, parce qu’elle voit clairement toutes choses en Dieu, par la lunuére de la gloire; mais cependant, avec l'agrément du Très-Haut, elle ne l’a pas perdue en entrant dans la gloire ; elle l’a conservée pour la garder dans l'Eglise militante à ses tidèles serviteurs etservantes. Plus donc vous gassnerez la bienveillance de cette auguste Princesse et Vierge fidèle, plus vous aurez de véritable foi dans toute votre conduite : une foi pure, qui fera que vous ne vous soucierez guère du sensible et de l'extraordinaire ; une foi vive et animée par la charité, qui fera que vous ne ferez vos ictions que par le motif du pur amour ;
} CON- 18 ne vous » {out m poi- 1 sermper.
de sa vous ne, et
rt à sa que la es, des ement le n’a ement
de la nt du ntrant a garser vierez Ia sse et ble foi re, qui u senet anie ferez mou’ ;
une foi ferme et inébranlable comme un rocher, qui fera que vous demeurerez ferme et constant au milieu des orages et des tourments ; une foi agissante et perçante, qui, comme un mystérieux passe-partout, vous donnera entrée dans tous les mystères de Jésus-Christ, dans les fins dernières de l’homme et dans le cœur de Dieu même ; une foi courageuse, qui vous fera entreprendre et venir à bout de grandes choses pour Dieu et le salut des âmes, sans hésiter ; enfin une foi qui sera votre flambeau ardent, votre vie divine, votre trésor caché de la divine sagesse, et votre arme toute-puissante, dont vous vous servirez pour éclairer ceux qui sont dans les ténèbres à l'ombre de la mort, pour embrasor ceux qui sont tièdes et qui ont besoin de l'or brûlant de la charité, pour donner la vie à ceux qui sont morts par le péché, pour toucher et renverser, par vos paroles douces et puissantes, les cœurs de marbre et le: cèdres du Liban, et enfin pour résister au démon et à tous les ennemis du salut,
3° Cette mère de la belle dilection ôtera de votre cœur tout serupule, toute crainte servile et déréglée : elle l’ouvrira et l'élargira pour courir dans la voie des commandements de son Fils, avec la sainte liberté des enfants de Dieu, pour y introduire le pur amour, dont elle le trésor. En sorte que vous ne vous con-
duirez plus, comme vous l'avez fait, par crainte à l'égard du Dieu ae charité, mais par le pur amour, Vous le regarderez come votre bon Père, auquel vous têcherez de plaire incessamment, avec qui vous conserverez contidemment, comme un enfant avec son bon père, Si vous venez par malheur à l'offenser, vous vous en humilierez aussitôt devant lui : vous lui en demanderez pardon humblement, vous lui tendrez la main simplement, vous vous relèverez amoureusement, sans trouble et inquiétude, et continuerez à marcher vers lui sans découragement.
4° La sainte Vierge vous remplira d'une grande confiance en Dieu et en elle- même ; 1° parce que vous n'approcherez plus de Jésus Christ par vous même, mais toujours par cette bonne Mère ; 2° parce que, lui ayant donné tous vos mérites, grâces et satisfactions, pour en disposer à sa volonté, elle vous communiquera ses vertus et elle vous revêtira de ses mérites, en sorte que vous pourrez dire à Dieu avec confiance : Voici Marie votre servante : qu’il me soit fait selon votre parole ? Ecce ancilla Domini, hat mihi secundum verbum tuum (1) ; 3° parce que, vous étant donné à slle tout entier, corps et âme, Marie, dont la libéralité est incomparable, ne se laissera pas aincre en générosité, et se donnera à vous,
(1) S. Luc, 1, 38.
ainte e pur ‘e bon gsa midempère.
et inrs lui
d'une nême ; de Jér'8 Las ayi ant ctions, comira de dire à re ser- ‘ole ” m verdonné ont la ra pas vous,
en retour, d'une manière merveilleuse mais véritable, En sorte que vous pourrez lui dire hardiment : Tuus sum ego, salvum me far, Je suis à vous, sainte Vierge, sauvez-moi ?”? ; ou, comme je J'ai déjà dit avec le Disciple bien-aimé: Accepi te in mea : Je vous ai prise, sainte Mère, pour tous mes biens ”. Vous pourrez encore dire, avec saint Bonaventure : Ecece Domina salvatrix mea, fiducialiter ayam, et non timebo, quia fortitudo mea,et lausmea tu Domino es tu ; et en un autre endroit : T'uus lotus ego sum, et omnia mea tua sunt ; o Virgo yloriosa, super omnia benedicta, ponam te ul siygnaculaim super cor meum, quia fortis st ul mors dilectio tua!‘ Ma chère Maîtresse et sal- “ vatrice, j'agirai avec confiance et ne crain- ‘ drai point, parce que vous êtes ma force et ‘ ma louange dans le Seigneur... Je suis tout vôtre, et tout ce que j'ai vous appartient. O ” vlorieuse Vierge, bénie par-dessas toutes : choses € réées, que je vous mette comme un cachet sur mon cœur, parce que votre dilection est forte comme Ja mort!” Vous pourrez dire à Dieu dans les sentiments du Prophète: Domina, non est exaltatum cor meum, neque elati sunt oculi mei; neque ambulari in nagnis, neque in mirabilibus super me, si non humiliter sentiebam,; sed exallavi animam meam sicut ablactatus est super matre sua, ita retribu-
(l) Ps. cxvitr, 94,
io in anima mea {l : “Seigneur, mon cœur ni “mes yeux n'ont aucun sujet de s'élever et de “ senorgueillir, ni de rechercher les choses ‘* grandes et merveilleuses ; et en cela je ne suis ‘pas encore humble ; mais J'ai relevé et “encouragé mon âme par Ja confiance; je ‘ suis comme un enfant sevré des plaisirs de “Ja terre et appuyé sur le sein de ma mère:
‘el c'est sur ce sein qu’on me comble de ‘ biens.” 4° Ce qui augmentera encore votre confiance en elle, c'est que, lui ayant donné en dépôt tout ce que vous avez de bon pour le communiquer ou le garder,vous aurez moins de confiance en vous-même et beaucoup en cette bienheureuse Mère et Vierge fidèle, qui st votre trésor, Oh! quelle confiance et quelle consolation pour une âme qui peut dire que le trésor de Dieu, où il a mis tout ce qu'il a de plus précieux, est aussi lo sien | Ipsa est thesaurus Domini: %lle est, dit un Saint, le
‘ trésor du Seigneur.”
5° L'âme de la sainte Vierge se communiquera à vous, pour glorifier le Seigneur ; son esprit entrera en la place du vôtre, pour se réjouir en Dieu, son Sauveur, pourvu que vous vous rendiez fidèle aux pratiques de cette dévotion. Sié in singulis anima Mariæw, ut magniñicet Dominum ; sit in singulis spiritus Mariæw, ut exultet in Deo: ‘Que l'âme de
(1) Ps. exxx, 2.
on cœur ni lever et de les choses a je ne suis relevé et ifiance; je plaisirs de ma inère :
comble de core votre ant donné > bon pour urez Moins aucoUup en fidèle, qui e et quelle dire que le
qu'il a de a est the-
Saint, le
communineur ; son >, pour 8e que vous de cette Mariæ, ut 8 spiritus l'âme de
“ Marie, dit saint Ambroise. soit en chacun “ pour glorifier le Seigneur ; que Pesprit de * Marie soit en chacun. pour s'y réjouir en # Dieu," Ah! quand viendra cet heureux temps, dit un saint homme de nos jours qui était tout perdu en Marie ; ah ! quand viendra cet heureux temps où la divine Marie sera établie maîtresse et souveraine dansles cœurs, pour les soumettre pleinement à l'empire de son grand et unique Jésus ? Quand est-ce que les âmes respitreront autant Marie que Îles corps respirent l'air ? Pour lors, des choses merveilleuses arriveront dans ces bas lieux, où le Saint-Esprit, trouvant sa chère Kjrouse comme reproduite dans les âmes, y surviendra abondamment, et les remplira de ses dons, et particulièrement du don de sa sagesse, pour opérer des merveilles de grâces, Mon cher frère, quand viendra ce temps heureux et ce siècle de Marie, où les âmes, se perdant ellesmêmes dans l’abîmne de son intérieur, deviendront des copies vivantes de Marie, pour aimer et glorifier Jésus-Christ? Ce temps ne viendra que quand on connaîtra et pratiquera la dévotion que j'enseigne : UE adveniat regnum fuum, adveniat regnum Marie.
6° Si Marie, qui est l'arbre de vie, est bien cultivée en notre âme par la fidélité aux pratiques de cette dévotion, elle portera son fruit en son temps; et son fruit n'est autre que
Jésus-Christ. Je vois tant de dévots et dévotes qui cherchent Jésus-Christ, les uns par une voie et une pratique, les autres par une autre ; et après qu'ils ont beaucoup travaillé pendant fa nuit, ils peuvent dire : ler fotam noctent laborantes, nil il CCpÜnius (1) #5 (Qjuoi- “que nous ayons travaillé pendant toute la “nuit, nous n'avons rien pris” ton peut leur dire : Laborastis eultum, et intulistis parum (2): Vous avez beaucoup travaillé “et vous avez peu gagné”; Jésus-Christ est encore bien faible chez vous. Mais par la voie imimaculée de Marie et cette pratique divine que j'enseigne, on travaille pendant le Jour, on travaille dans un lieu saint, on travaille peu et lon gagne beaucoup, H n’y à point de nuit en Marie, puisqu'il nv à point eu de péché en elle, ni même 4 moindre ombre du péché.
Marie est un licu saint, et le Saint des Saints, où les Saints sont formés et moulés.
Remarquez, s'il vous plaît, que je dis que les Saints sont moulés en Marie. Il y a une grande différence entre faire une figure en relief, à coups de marteau et de ciseau, et faire une figure en Ja jetant en moule: les sculpteurs et les statuaires travaillent beaucoup à fre les figures de la première manière, etil leur faut beaucoup de temps ; mais à les
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les Saints,
je dis que | ya unc figure en iseau, et houle : les ont beauemanière, muis à Îles
faire de Ja seconde manière, ils travaillent peu et les font en fort peu de temps. Saint Auœustin appelle la sainte Vicree forma Di, “le moule de Dicu 7. SE formum rit app em, diyna existis ; le moule propre à former et mouler des Dieux. Celui qui est jeté dans ce moule divin est bientôt formé et moulé en Jésus-Christ, et Jésus-Christ en lui : à peu de frais et en peu de temps, il deviendra Dieu, puisqu'il est jeté dans le même moule qui a formé un Dieu.
Il me semble que je puis fort bien comparer ces directeurs et personnes dévotes qui veulent former Jésus-Christ en ceux où dans les autres pur d'autres pratiques que celle-ci, à des sculpteurs qui, mettant leur confiance dans leur savoir-faire, leur industrie et leur art, donnent une infinité de coups de marteau et de ciseau à une pierre dure, où à une pièce ae bois polie, pour en faire l'image de Jésus- Christ ; et quelquefois ils ne réussissent pas à exprimer Jésus-Christ au naturel, soit faute de connaissance suffisante de la personne de Jésus-Christ, soit à cause de quelque coup mal donné, qui à gâté l'ouvrage. Mais, pour ceux qui embrassent le secret que je leur présente, je les compare avec raison à des fondeurs et mouleurs qui, avant trouvé le beau moule de Marie, où Jésus à été naturellement et divinement formé, sans se fier à leur propre
industrie, mais uniquement à la bonté du modèle, se jettent et se perdent en Marie pour devenir le portrait au naturel de Jésus-Christ, O la belle et véritable comparaison! Qui In comprendra ? Je désire que ce soit vous, mon cher frère. Mais souvenez-vous qu’on ne jette en moule que ce qui est fondu et liquide:
c'est-à-dire qu'il faut détruire et fondre en vous le vieil Adam, pour devenir le nouveau en Marie.
7° Par cette pratique, bien fidèlement observée, vous donnerez à Jésus-Christ plus de gloire en un mois de temps que par aucune autre, quoique plus difficile, en plusieurs an:nées, — Voici les raisons de ce que j'avance :
1° Parce que, faisant vos actions par la sainte Vierge, comme cette pratique l'enseigne, vous quittez vos propres intentions et opérations, quoique bonnes et connues, pour vous perdre, pour ainsi dire, dans les siennes quoiqu’elles vous soient inconnues ; et, par là, vous entrez en participation de Ja sublimité de ses intentions, qui ont été si pures, qu’elle a donné plus de gloire à Dieu par la moindre de ses actions, par exemple en filant sa quenouille, en faisant un point d’aiguille, qu'un saint Laurent sur son gril, par son cruel martyre, et même que tous les Saints par leurs actions les plus héroïques : ce qui fait que, pendant son séjour ici-bas, la sainte
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À LA SAINTE VIERGI, 161
Vierge a acquis un comble si ineffabie de urâces et de mérites, qu'on compterait plutôt les étoiles du firmament, les gouttes d'eau de la mer et les sables du rivage, de ses mérites et ses grâces ; qu'elle a procuré plus de gloire à Dieu que tous les Anges ct les Saints ne lui en ont donné ni ne lui en donneront. O prodige de Marie! vous n'êtes capable que de faire des prodiges de grâces dans les âmes qui veulent bien se perdre en vous,
2° Parce qu'une âme tidèle à cette dévotion, ne comptant pour rien tout ce qu’elle pense ou fait d'elle-même, et ne mettant son appui et sa complaisance que dans les dispositions de Marie, pour approcher de Jésus, et même pour lui parler. pratique ainsi l'humilité beau. Coup plus que les âmes qui agissent par ellesmêmes, et qui ont un appui et une complaisance imperceptibles dans leurs dispositions ; et, par conséquent, elle glorifie plus hautement Dieu, qui n'est parfaitement glorifié que par les humbles et les petits de cœur.
3° Parce que la sainte Vierge, voulant bien, par sa grande charité, recevoir en ses mains virginales le présent de nos actions, leur donne une beauté et un éclat adinirables ; elle les offre elle-même à Jésus-Christ, sans craindre aucun refus, et Notre-Seigneur en est plus glorifié que si nous les lui otfrions par nos mains criminelles.
40 Enfin, parce que vous ne pensez jamais à Marie, que Marie, en votre place, ne pense :
Dieu ; vous ne louez ni bonorez jamais Marie, que Marie ne loue et n'honore Dieu. Marie est toute relative à Dieu, et je l'appellerui fort bien la relation de Dieu. quin'estque par
rapport à Dieu ou lécho de Dieu, qui ne dit et ne répète que Dieu. KSi vous dites Marie, elle dit Dieu. Sainte Elizabeth loua Marie et l'appela Bienheureuse de ce qu'elle avait cru ; Marie, l'écho fidèle de Dieu, entonna : Magni- Jicat anima mea Domirum (1): ‘Mon âme glorifie le Seigneur.”
Ce que Marie à fait en cette occasion, elle le fait tous les jours ; quand on la loue, qu'on l'aime, qu'on l’honore ou qu’on lui donne, Dieu est loué, Dieu est aimé, Dieu est gloritié ; on donne donc à Dieu par Marie et en Marie,
IV. Pratiques particulières de cette dévotion. 1° Pratiques extérieures.
Quoique l'essentiel de cette dévotion consiste dans l'intérieur, elle ne laisse pas d’avoir plusieurs pratiques extérieures qu'il ne faut pas négliger : Hœc oportet facere et illa non
(1) $, Luc, 1, 46,
mais à ense À Marie, Marie ellerai ue par ne dit | Marie, arie et it cru ; Magnin me
elle le , qu'on donne, loritié ;
Marie.
1 conl'avoir ie faut la non
omitlere (4); soit parce que les pratiques extéricures bien faites aident les intérieures, soit parce qu'elles font ressouvenir l'homme, qui se conduit toujours par les sens, de ce qu'il a fait ou doit faire, soit parce qu'elles sont propres à édifier le prochain qui les voit, ce que ne font pas celles qui sont intérieures, Qu’'aucun mondain donc, ni critique, ne vienne ici objecter que la vraie dévotion est dans le cœur, qu'il faut éviter ce qui est extérieur, qu'il peut y avoir de la vanité, qu'il faut cacher sa dévotion, Je leur ré ‘ponds avec mon Maître : Que les hommes voient vos bonnes œuvres, afin qu'ils glorifient notre Père qui est dans les cieux ; non pas, comme dit saint Grégoire, qu'on doive faire ses actions et dévotions extérieures pour plaire aux hommes et en tirer quelque louange, ce serait vanité ; mais on les fait quelquefois devant les hommes, dans la vue de plaire à Dieu et de je faire glorifier par là, sans se soucier des mépris ou des louanges des hommes,
Je ne rapporterai qu'en abrégé quelques pratiques extérieures que je n'appelle pas ainsi parce qu’on les fait sans intérieur, mais parce qu’elles ont quelques chose d'extérieur, pour les distinguer de celles qui sont purément intérieures.
Première pratique. — Ceux qui voudront
(1) S. Matth. xx, 23.
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