‹ Traite de legislation, ou Exposition des lois generalesChapitre 1 sur 69 · PARIS · texte numérisé non relu

PARIS

CHASIEROT, LIBRAIRE,

Ut QVA.1 D£$ AUfilSTINS.

DUCOLLET , LIURAIRE,

tS , QlJAr HES AUGUSTINSJ.

M ÛCCC XXXV.

AVAN1r-I>R0lP0S.

tjE traité dont on publie aujourd'hui la seconde édition, est loin de i'enfernier une exposition complète de la science qui en est rotjet: il n'en contient, aùeontrisdre, que les prolégomènes* Si ràùteur, qùatid îl Fa publié pour la première fois, n^à {>as annoncé qii'ît se proposait de lé compléter, eti traitant séparément éÉ dans l'ordrèléplus naturel, les partie» dont il n'avait pas éricorejparïé, c est par des éîrcdnstances indépendantes de sa voîontét Ayant indique, dans û^ autre ouvragé qui fait suite à celùi-cî, quelles avaient été ces circonstances, i^ croit inutile de lés exposer dé nouveau (i),

Quelcjues personnes, ^ui n'aidaient pas lu, ou qui ne connaissaient qii'^imparfaitemént ïes écrits publiés par fauteur depuis, i8i4 jusqu'à i8ao , qui n avaient pu i^ivre, par

(0 Vo^ez'lia préfacé dxi ïraité ie fa ^r6prîcl<$. X. a

Il AVAKT-PROPOS.

consëquent^ le progrès de ses idées^ et dont Tesprit s'e'tait formé sur de vieilles méthodes, n'ont pas bien compris la marche qu'il avait suivie, ni l'importance qu'il avait donnée à des faits xiont elles n'apercevaient pas toutes les conséquences ; l'auteur leur doit ici 'quelque» /explications qui ne seront pas sans utiUté pour elles, <ya pour les lecteurs qui se trouveraient dans les mêmes circonstances.

Il arrive presque toujours qu'un homme qui se propose de cultiver une science, commence par adopter les méthodes et les principes des écrivains dont il trouve la réputation établie. Ce n'est qu'après s'être convaincu, par des études approfondies et par de nombreux mécomptes, que les opinions qu'il a reçues, ne sont pas toutes conformes à la nature des choses, qull essaie de marcher sans aide et sans appui. Il n'adopte avec confiance une méthode et des idées qui lui sont propres, que lorsque l'expérience lui a fait voir qu'il s'égarait ou n'avançait pas, en suivant des méthodes et conservant des idées qu'il devait à autrui.

Ce qu'éprouvent beaucoup de personnes; qui cultivent les sciences et qui se flattent

AYAKT-PROPOS. III

cî^ leur faire faire quelques progrès, est arrivé à Tauteur de cet ôuyrage. Ëncoimnençant à se livrer, à l'étude philosophique des lois> il avait une confiance presque aveugle dans les écrivains les plus populaires qui s'étaient occupés de législation où de politique. Les révolutions que la France a éprouvées pendant les trois premières années qui ont suivi la chute du gouvernement impérial) ont ébranlé la foi qu'il avait dans leurs ingénieuses et frêles théories; les études auxquelles il a continué de se livrer ne J'pnt pas rajpfermie. Il a cru s'apercevoir que les peuples et les diverses classes entre lesquelles ils se partagent^ tendaient constamment a s'organiser de manière à donner à leurs moyens d'existence toute l'énergie possible, et que les systèmes les plus ingénieux venaient sans cesse se briser contre cette indestructible tendance.

Cette observation, faite sur des événemens contemporains , a pris à ses yeux tous les caractères de l'évidence, lorsqu'il a tourné ses regards vers les temps passés, et qu'il a suivi la marehe de la barbarie ou de la civilisation, depuis l'époque la plus reculée jusqu'au temps où nous vivons. Il a vu dès-

IV AVABT-VEOPOS.

lots SOUS un jour tout nouveau l'organisa-^ tîon des peuples et les nombreuses lois qui en dérivent. Les combinaisons ingénieuses de quelques écrivains pour lesquels il avait eu jusque--là une shicere admiration, ne lui ont paru propres qu*à amuser des enfans. Les premiers essais qu'il a publiés à ce strjet ont été insérés dans le Censeur Européen, en 1817(1).

Il ne suffisait pas à Fauteur que cette vue parut nouvelle et féconde en conséquences; il avait besoin de s^assurer qu'elle était exacte^ et il ne pouvait en acquérir ta cer*titude que par des ctudes nouvelles. 11 ne pouvait, d'un autre coté, faire partager sa conviction à ses lecteurs, qu'en leur démontrait par des faits nombreux, constans, irrécusables, que, dsuis toutes les positions et à toutes les époques de Ictfrvie, les hommes de toutes tes races obéissaient â là même loi. Cette vérité lui parait avoir été mise hors de doute.

En cherchant à déterminer l'înfltience

(4) D«.rocgâinBaliiûa séaial«, cortsidét^tdans ses rap|Kirts avec les moyens de* subsistance des peuples. Censeur européen, tome II, p. 1» 66; yoyet aussi le tome I, p. i, 92 du môme volume, et te tome VIF, p. f, 79.

qa'exercent sur rûrgaaisatiao sociale et sur lefii lois qui eik dépendent^ les moyens d'oxis^ teoee employés par les diverses classes entre le&cfueUea l|i plupart des nations se partagent, uu£i autre question s'est présenta ; c'est celle de savoir quelles soQt les circonstances qui déterminent le choix de ces iBoyen6.Gette question^ qui a'etait ni moins diQicile à résoudre^ ni moins impartante que U prenùrde^ a^ entraîné Fauteur dans de nombreuses rechetclues^dont il n'a^padcmaer que les résultats les plus généraux ^ et qbii cependant l'ont entrainé bien audelà des^ timites qu'il s'était d'abord tra^

IjCs peuplés agissent ccasistamment les uQs sur les anAres; c'est un pbénomixne que rkdstoire de tous les. ps^ et de tons les tempa a. safiSsamm<s^t constaté^ et qui se maaifeste ea Europe dqmis un demi^^swele, aieiee tsnt d'énergie et d'éndenee, qu'il ae^ mt superflu de TOuloif le prouver. Cette action réciptoquâ des nations les< unes sur les aiOres^ exerce une inflaanee trèe-éteudue mr l'or^misatian sociale de cbacune d'el* les, et sur toutes les lois qui en sont des conséquences^ i)atul%llls. L'auteur^ qui* de-

VI ATAITT-P&OPOS. •

puis loDg^temps Tavàit Indique (i)^ a pensé qu'il ne pouvait se dispenser d'en faire connaître les causes, la nature et les résuU tats, dans un ouvrage dont un ^es principaux objets ëtait de montrer l'origine des institutions par lesquelles les nations sont régies.

Les écrivains qui se sont obcûpés^ de Fhistoire naturelle de l'homme y n'ont pas tous admis l'unité du genre humain; quelques-ups^ ont' pensé* qu^il se divisait en di-^ verses espèces, qui n'étaient pas susceptibles du même degré de perfectionnement intel-^ (ectuel ou moral. Les différences essentielrf les de mœurs ou d'intelligence qu'ils ont cru voir entre les peuplés de diverses espèces, n'ont point paru déterxninées assez net^ tement et prouvées d'une manière suffisante à l'auteur dé cet ouvrage. Il s'est en consén quenice abstenu de se prononcer sur l'égalité ou l'inégalité des diverses races, et pour éviter les erreurs dans lesquelles il aurait pu tomber, il s'est cru oblige de ne comparer que des nations de même espèce; Il a cru voir* toutefois que les mêmies causes

(i) Censeur Ëuroipéeiiy tonf. 1,^?. a de raTsiat-propos.

AYdfllT-PaOPOS. VII

produisent sur toutes des effets semblables^ et que , par conséquent, elles sont, par leur nature, soumises aux mêmes lois de dépérissement ou de prospérité-

Lès peuples, dans le cours de leur. existence, éprouvent de nombreuses modifications; mais quelqueconsidérables que soient les révolutions qu'ils subissent;^ Téta t qu'ils abandonnent, exerce toujours une longue iiiflaence sur celui qui suit. Itne serait donc pas possible de bien juger les moeurs, les lois , les i institutions du temps présent , si l'on ne commençait par se faire des idées exactes des institutions^ xies lois et^ dl&s mœurs des temps passés; Cette considération et la nécessité de substituer aux systèmes imaginaires de quelques grands écri^ vainâ, rétuîde et- ^observation des faits, ont entraîné l'auteur dans des recherches fort étenduèH, maiâ'qm ne kii semblent pas inutites* au progrès de la science. Il regrette de rfàvoir pti en exposer Ites résultats avec moink d'éVendue.

'Lorsqu'un écrivain publié ses pensées sur quelque science que ce soit, son principal objet* est: de les faire passer dans l'esprit de s0s contemporains, et de les voir mettre en

pratiqua. (ioifi^^^rpuvwn^nvai&qnedW

très ^ les î^PFPFi^^«t ^^ r§F<>4>tf6e|iï dan^ le^^ él^ritji §çus 4^yc^£!§ fpr^e^ y n? peut au contraire ^e ^'es, félicitçr ;, cf(p ^ft^% W(^ pf^ve q^^ si^^trâif^ftst n'pnç p^^. ^ pténl(ǧ, j^'^u^ttF 4» cç.^r^Çé n^pw,y9it dçioç que ^applaç^ir^ pR Y<ï)f*PÎ Viffi fl(|«^6(fcnft Içfr q^ieU, «a i^ i5,il«;iftYait€^qs^lefiW4^fg®*-

4amjwt%iç§, si^vm if t^èpX d'mMf^ommr

flre de çç^x çii, toijt f^ f '%K>mp?VW^t .^

dppçiilv^y tff qu'ils v-^^^ç çj,^ fe«^, ft .%\imf\ d^çirp sç^^f mctft^^ç qïjçjlfltte%.rtps, n'ftftft, ses^t P*^ phepçhé à faire ^(t^^^v%^^% éér

q^'ep ffiÇçt il §!était feçiraié ^, i^^pet^ire j^ià ^^c(rM^fi'86 ^^t^psçutpoag l<i.preinièf<i

l^qu^es^ quelq^e%.#nf, p^uj? le^ pç^i^^at»?^ ^ trouveront rien de mieux c^<4fl9M|i^r;4âi pasaagfif, ^'iis pi^^iqçft t^qi^ ,ltp, jjeietfdu pu^UP ;. 4'ftH^eft çjïirçpt l'jyr 4fl m^ mi ^'^ îen4re, ç\ r^ij^^c^u^ de^ pp^eg/qÂtt) mMy troHX^i^Ijist p^, çu n^i ipêrpi^ e^i«jHliW)Qf»-

Fauteur ftv^l fi^)3lw$.5 àftrttW*r«*"<Jfi '%^ le plïi§ gmwi JiVW^ »Tec

ïôirtés feVfôîs ijtièlëà^^ un biitrâ^fe ; èôût bfëb fôhdfees, îh n'y ^ ^ qu'une bcirihë màhîèi^^'dry répondre t c'est de corrfgiéi^lé&'lfeitatéi r>ii téS? èrf èurs'^'èTïés sigtiâléiit. Toutes les fbîs , 'au tôntràSrfe > quelles manquent dé "^Mté; te qu'on à* de mieii:s à faire, c'est dier tes laisser 'tbiùBer dams INitiblî, L'atiteùr à donfe crû ne pas devoir s'occuper dès " 'attaqués iqn^ lui semblaient'manquer *dfe jtfstëîssef mais il a mis à profit feuii 'les c<iflséïïà qiii Itli diit été donnés. Il a tâch^ dèf mettre dabà'sôb ^tylîât phis dé éot^édîbtt/dé tlarté; d^ cônci-* sien ; iî a dîvîsé' des chapitres ttd|) étèttdu^' i

{i)^ L'auteur se plaît à citer le^suffrage^par leq\iel TAcadé-. mre frandai&fe'^îëéèèrtià; éïi tifeÎ9f ♦ Wprljrftmdéïàtf M. de

où les opinions de l'écrivain étaient' loin d'être en faveur auprès du gouvernement, était au moins aussi honorable pour les juges que pom; raii||eut Ijii-iftéqi^e.

X ATART-PaOPOS*

et fait à d autres des aéditiocKs qui rendent Iq^ dëmonstratiods plus 'complètes.

Parmi les écriyàins qui ont honore d'une réfutation (yfelquês parties de ce traité ;, il en est un q)ii^ par ses connaissances, par sestalens^ V4II^S9 position, et surtout par lé poids que dqît a^oir son ppimQp^ a droit à une réponse. Il n'a p^s encore, il est vrai , donné ime enti^ère publicité à son. important oiiyrage, mais comme il l'a £Etk connaître à mn^grand nombre de personnes, et comme:

il ne peut en priver long-temps le public, il excusera ces explications.

Dans son J)f museau Traité d'économie ^ociç^le, ]VI, Dunoyer a pensé que routeur, jdju Traité de législatipn s'était trompé sur plusieur^ . poiats importai^ç ; le3 erreurs iprincipales qu'il lui reproche sont : i/'4e n'avoir pas adopté l'opinion .d'un écrivain^ apglais , W. La^vrence, sui^ la wpériorité iporale et intellectuelle de certaines races d'hommes, ou pour mieux dire, d'avoir combattu lespîotifs s^rle&quels ççtjjp ppiniop est fondée (i);a^ d'avoir prétendu que, sous le rapport dés mœurs et de l'intelligence , il

(i) Tome I, ch. n, p.' 79 et suivantes. • < '-

AYA!IT?«ilOPOS. XI

n'existe aucune différence essentielle entre les diverses espèces d'hommes, et d'aroir cependant reconnu la nécessité de ^distinguer ces espèces (i); 3* d-avoir^ attribué au climat une influence qu'il n'a pas, et d'à* voir affirmé que la civilisation s'est particulièrement développée dans la zone torride, et que c'est de là qu'elle s'est répandue dans les îjones tempérées (a); 4" erifin , d'avoir pensé que leà premiers «ravauit de la civilisation n- avaient pas été faits par des esclaves; et ^e, pai^ coàséquenl^ l'introduction de l'esclavage domestique n'avait pas été tm progrès pour le genre humain (3).

Parmi ces propositions, il en est plusieurs que ràùteur de cet ouvrage avoue, et qu'il croit même ^voir suffisamment démontrées; de ce nombire sont celles qui sont relatives à rintrèdùction et aux efïets de Fesclavagè; et celle qui se rapporte' aux motiis donnés par W. LàSvrencè, à Tappui de son système sur les différences essentielles que cet écrivain a cru voir entré lès espèces, rélative-

(i) Tom. I, chap. ii , p. 86.

(a) Ibèi,, cA: ifi, p. 'i!br et i 131 ' ' (3) /6iW., p. a34 , »35^ ^3^ «t aï 8.

ttîUwliueUes^Si, sw qneltju'wQ dç 4?es pqjnts, l'awiWttr s'étwt trompe, .il attê^cJffti^^pQui: âbat|f)i3iûn«F sQiD Qpînioir que «>î). f^pç^up jj^i eut; ^e démomrée^ car ka pb|i^v«(ioD^ awqVQU^ft y TépO«d, ne r<?nt:rp»Pr: cpBr v*iacu. A|a}4 il çst d autr^$ pçqpQ«Ç^<^&q,ui liM ^apti mrihvtéf^9% ^% cju'ii e^t Jl^i)r>î4e r^

il n)^lpft;».pfl^iid§fç«|i^eçj puiis^ qroyj»xi; ^uppRise, qu'il: ft tM çrtç^, €<]|«mift ^tE$it^. ^

S09 oi?ijÇ««fi^d«î. pawagi^ft qv!U pftipçftv^ reconnaître, parce qu'ils renfermait .des assertions directement Qppo$ées ë|ux.. faits qu n croyait avoir constates, .

Op coi^naîtîes,syst;çme?i de Mpntesg^^^ de Buffon. de Cî^banis, ^e Voînçy, 3ur le climat; oq §aitque^ p^ir ce mot^ ces ecr^vaiqs entendaient le dégrevé cHaleurou.de* froid qu'on éprouve daiïs chaque payç ; qu^ le preiuier attribuait à^ la chaleur l'esclavage , les vices et les crimes de certaines nations, et qu'il attribuait à un certain deçré de froid la liberté, lesyçrlus^^et même Iç développement des forces pby^que^i qu'il croyait

remarquer* ^ài»t d'autres peuples; on sait enfin que Baffoii et Vcluey attribuaient à l'action de la chaletir ou du ftmd les diffé^ rencei^ physiques qui distingu^fM les diverses espèces d'hômmeiL

L'auteur du TraM de légùiaUûn à soumis à rexameu ces diferè syi&tètties, et il a ikit voir, par de6 faits nombreux, que la chaleur ne produit pas les effets qui lui sont attribués; qu^ les peuples ded pays froids n'ont j^euf général, ni pluA de li^ berté^ ni plus d'âctitité^ ta plusse vertus que ceux des pays ohaiids; qa« lé froid ou la chaleur ne suffisent pas pour développer les forces physiques de Thoftittie'; que des alimens sains et abondans^ «fn exemce régulier et modére% un air salubre et d'autres circonstances analogues ont plus d'influenctfr à cet égurd que Inaction îmmë^ diate du froid &u d« la obaleur; enfin, qu^ les caractères physiques qui distinguem les espèces, se rencontrent et se conservent sous toutes les bmtttdasL -

Âfivës avoir démontré cette dernière ptt>position , Tauveut? avait ajouté -; a MaiSf^ qiïoique le climat ne produise aucune déviation dans les espèces, ou conçoit qu'il pourrait

XIV AVAITT-PEOPOS.

diminuer ou accroître les forces physique^ des individus^ affaiblir ou fortifier leuirâ^faT. cultes intellectuelles, irriter ou calmer leurs passions sans leur faire perdre aucun des caractères qui sont propres à leur espèce^ J'examinerai cefte question... (i) » L'auteur examine en effet cette question dans les chapitres suivans, et il prouve ^que cette partie du système de Montesquieu n est pas mieux fondée que le système de BufTon et da Volney sur la production des races.

Ayant fait connaître un grand nombre de faits qui renversent le premier de ces deux systèmes, il ajoute: «Il ne faut pas se hâter de conclure que Teffet immédiat d'une grande chaleur est de rendre les homm^es intelligens et vertueux , et que l'effet immédiat de ce qu'on nomme un climat froid, esti, au contraire, de rendre les hommes vicieux et stupides : un tel raisonnement serait aussi faux que le système contraire {ji)^ 7>

M. Dunoyer assure cependant qu'il est peu de chose que l'auteur de cet ouvrage ne reconnaisse au climat le pouvoir de fisûre ,

(i) Tome 11^ p. 1 13, première édition. (pî) Toiqe Illy p. a!fe8 et 9^9.

et à l'appui de^^n assertion, il cite, comme extrait du traité de législation , le passage suiyaut qu'il a soin de marquer par des guillemets: «c Si le climat ne peut effacer les » traita caractéristiques des espèces, il peut » diminuer ou accroître les forces physiques » desindisfiduSy offcubUr leurs facultés inteU y> lectuelles , irriter ou calmer leurs pas-^ psions... (i), »

Xi'auteur de ce traité n'a pu lire ce passage sans éprouver une vive surprise ; ayant pris le mot climat dBins le sens que lui donnaient les écrivains dont il examinait le système, il ne pouvait Gix)ire qu'il eût écrit le passage qu'on vient de lire. Il s'est empressé de vérifier la citation, et il a vu qu'elle manquait d'exactitude ; que le mot peut avait été substitué au mot pourrait^ et qu'au moyen de ce changement, une question posée à la fin d'un chapitre , pour être examinée dans les chapitres suivans , avait été transformée en une véritable affirmation. Si le savant auteur du Nouveau traité d^éconorme sociale s'était donné la peine de, lire seulement

(i) Noavfïau .Traité d*éconoinie sociale , tome I , pag. loo cl roi. I ';....'

dëiix DHote dé plH6^ il aie âiràit apet-çd dt^ ^txiëf)tiâe(f);

L'âAfeeUr de oe Irdië à c5ôtite^té là jtudtesâe des rttÎËcmtiemém &ite par W. LaWtistiËe pour étâblîit qù*^ pàf leti*^ âàturé^ le* peupte» d'espèce câUsàii^ine àoîit sùpé* riétfts «tî motlalëèoiiittie «A intèttigetice, èiUJt pettplèâ des autres^ espèc!^ ; mais il n'a pas affirmé, que, sous ces deux rapports, toutels le$ espaces étâieott égâfk» entre eUes ; il a pris soin, au eontratrei^ de&iffe remarquer^ ^n dif f ërentto pdities de «ail ouVrage, c^ue^ dani l'état actuel dé nos confiaissabces ^ h que»* tian ne lut paraissait pad stiscêptible d'iuié boàne s<^ution (â); e'ësC méme^ pùur cela qu'il a pi'is soin de »e comparer que des^ peuples de même espèce, qpband il a éhercbé à déterminer l'influenoe qu'exercent sui' la cMlisalion certaines oiroonstaacefli pby^-^ ques.

Il a eu le malheur de ne pas être nkieuji compris sui^ ce siqet que silr le précédente Quoiqu'il n'ait pas écrit un mot poitr eoutep^ nir*I|k thèse oontmire à celle de Lawrence^

(i)' Vbyes 1» passage- ei-^Ms»Si p. xriîetxiv.

(a) Tome n, p. 435 et 436; tome m, p. 486, 487.

▲TiiXTrP&OFOS. XTII

M- Dimoj^r le réfufe^oaimneis'il rivait en effet adoptée : et dëteloppée. Il combatà «ee sujet un ad:i^rsai<pe <fai c^ cherche pas k^se défendre ^ et (|ui oe danaude queiia ^er^ misssion de rester dans le doute ^ jusqu'à ce qu'on lui domite des raisons un. peuipius solides que oelles qu'on a présentées jusqa^à ce jour, •

WayàBt ipas cru devoir se fhnf»aaticer^&ur Ja ' àuperioi^ité : morale :'et ^ inteUel^tuelie de certaines races âar les autnss;, l'autettr qui voulait <létèranmer Klnfiàenoe des lieux ^ et climats sur la civilisation, aeu soin de ne coHiparer que des^uples de <]iiênie espèce places dans des positions différentes ; il a mis en parallèle^ par exemple , iës iiadigèxies du nùrd de F /kméarique, et ceux du<Mexiqae et du Pérou f avant l'asservissement ou la destruction: de ^ces) peuples par des nations européennes. Pour prouver iqtfil a-mal raisonné sur ce pointyM; Dunoyer ofilpose aux indigènes d'Amérique du seizièihe stède, des peuples qui n'appartiennent pas à la même espèce et qui sont dans des positions diffé- 'reiites;il Cémparey par exemple^ des nations if «spèce mongole , a des nations, d'espèce

caucasienne.

XTIll AVAHT-PKOPOS,

L'auteur de ce traité, en observant comment la civilisation s^est répandue sur chaque continent, a cru voir qu'elle s'était d'abord développée dans les lieux les plus heureusement situés , dans ceux oii il est le moins dificile de se procurer des subsistances et de se livrer à la culture; il n'a pas dit et il ne pouvait* pas dire, sans tomber dans l'absurdité, que les lieux dans lesquels la civilisation s'était d'abord développée, étaient ceux oii les arts et les sciences fêtaient plus tard élevés le plus haut..

M. Dunoyer, pour le réfuter, prouve ce que personne ne saurait lui contester, que les arts, les sciences, les mœurs, les lois sont de notre temps plus avancées dans des pays où les lumières n'ont pénétré que fort tard, comme l'Angleterre, par exemple, qu'elles ne le sont dans des pays qui furent en quelque sorte le berceau de la civilisation européenne, comme l'Egypte et la Grèce.

L'auteur du Traité de législation a observé qu'en général les moyens d'existence de chaque peuple, et par conséquent l'industrie et les arts auxquels il se livre, sont en grande partie déterminés par les circonstances phy-

AYAST-PBOVOS. MX

siques au milieu desquelles il est plaee; il a donc attribué une influence très^etendue à ces circonstances sur la civilisation, en faisant remarquer toutefois que cette inlluence est souvent paralysée, au moins en partie, par des causes plus puissantes, et. en indiquant mêmq quelques-unes de. ces causes.

M. Dunoyer prend la première de ces observations; il passe sous silence la seconde qui la modifie; et il ne lui est pas ensuite difficile de faire voir que Fauteur de ce traité n'est pas toujours un observateur très-exact.

Toutes les fois qu'on cite un écrivain dams irîntention de le réfuter, et qu'on prend soin de marquer par des guillemets les pensées qu'on lui attribae;^ la première règle d'i^ne bonne critique est Texactitude dans les citations. > ,

Dans sa réfutation , M. . Ekinoyer n'a pas mis une attention suffisante à l'observation de cette règle; il a réuni, dans deux j>ages de son traité, une série de propositions qu'on doit croire extraites de l'ouvrage qu'il

(i) Tome ni, p. 34a et 343, première édition.

réfute ^ puisqu'il les marque par des guillemets ;< ou est lUême d*âbord tente ide' peMiser qu'elles forment un ensemble dans toriginal, puisque, darns le eoufs delà citâeioti, rien n'indique qu'elles aieut <été réùïiièJs parle critique (i).

'L'auteur de ce traité , ne pouvant reconnaître dans cette longue citation ni èès pensées, ni son style, a pris leparti âe Comparer chacune des assertions qui lai sont attribuées^ à celles qui se trouvetit rëèiletuent dans son. ouvrage ; .il ^s'est convaincu que lapremière non^-deulement né lui appartient pas, mais est directemem o^p&ëée à des" vérités qu'il s, , démoncréels ; qtife le iseàs de la, seconde et 'de la tiioijii^me est modifié par le changentent ou la sujfypressioùfdeplusiçurs tettnes; qué^^ét^Uë^riès dont entièrement de la cômpôisrtiôn^^u critique, et que, parmi ces'det^ttièrsi'îlyen a plusieurs ^ qui lui {ont al^tiiet d'ésf taits qu'il a "Voulu laisserons le )dbute. . JLa partie la plus JviVe et iert kppaipèhce la mieux'fondçe de la mticfue dé M: Diihoyèr, test celle qui. se ^ppdrte à Hnfluehce^des

(i) Tome I, p^ ioo> toi et loa.

lieux et des: clii^ats; mais au&si c'est ci^le qui renferme le plus d'inexa<itîtudes daH^ les citatLoos. L'auteur du Trfaité de lëgislar tjon avait dit que, çhe? les indigènes d'A-r mérique , et chez les peuples, d'espèce mâ^ laie d^ales du.gt^and Qcéan, la^civilisation a.yait commence à : se développer entre les tropiques (i) ; qqe^chez W. peuples d'espèce mongole de l'Asie ^Jesfecultés intellècÉuellfti| s étaient développées sous les ;diniatâxl)aadâ ou tempéré^ (a)j qu>n Afrique^, les^euplea d'espèce éthyopiçnnç placés entré lea^.troi piques^ i^'a,ya^\enl ps^s fait moins éé progrès que ceux, de même espèce /qbi se trouvent à l'extrémité au$traJie du nkénarcQritinènt (3); enfin, qu en Europe, la civilisation s'était d'abord développée en Grèce , en Italie^ en Esp^igne, en Fr£mce (4)* ;

M. Dunoyer prend l'observation qui se rapporte aux indigènes d'Amérique; il en fait une proposition générale qu'il attribue à l'auteur; ensuite il se donne la peine de démontrer que la Chine , l'Egypte , et la Grèce ne sont pas situées sous la zone

(i) Tome II, p. 206, aa4 et 225. — (2) Ibiri, p. 245. — (3) Pag. 25o. — (4) Pag. 25o.

XXil AYAHIVPAOPOS.

torride (i). En procédant de cette manière, il n'est pas difficile de prouver qu'un auteur qu'on veut bien honorer d'une critique, entend peu les matières sur lesquelles il 3'avise d'écrire.

Ce n'est pas sans éprouver quelque peine que l'auteur de ce traité s'est déterminé à rectifier quelques-unes dés erreurs échappées à l'inattention de son critique; si les attaques n'avaient porté que sur le style ou sur la forme de son ouvrage, ou même si l'auteur du ISoui^edu traité d'économie sociale ne lui avait pioint, par inadvertance, attribué- des choses qu'il n'a pas écrites, il se serait abstenu de réclamer.

Paris y 1 5 ayril 1 835.

(i) Nouveau Traité d'écontymie sociale > tom. I, chap. m» p* zi3 et 114.

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