LIVRE V, CHAPITRE XXI. 2(u
ment de ses volontés. Le jour où elle prétend avoir elle-même une volonté qui lui soit propre, elle s'aperçoit qu'elle est sans force peur exécuter ses desseins ou défendre ses intérêts , et qu'elle peut être brisée sans résistance.
La nation française, après avoir complètement détruit l'influence de toute aristocratie dans son gouvernement, avait aboli l'esclavage dans ses colonies ("1); mais lorsque Bonaparte, après avoir renversé la représentation nationale par la force armée, eut jeté les fondernens d'une aristocratie nouvelle, il fit rétrograder la France et ses colonies vers la barbarie. Le 20 mai 4802 (40 floréal an X), il fit rendre une loi qui rétablit l'esclavage et la traite ; et le 29 du même mois, il rétablit , dans les colonies, les tribunaux qui existaient avant la révolution de 4 789. Le 2 juillet de la même année (45 messidor an X), il défendit l'entrée du territoire français à tous les habitans des colonies , qui portaient quelques traces d'origine éthiopienne. Le 28 , il déclara qu'ils étaient incapables de remplir aucun emploi public. Le 8 janvier 4805 (48 nivose an XI), il fit défendre aux officiers de l'état civil de constater leurs mariages avec des personnes d'espèce blanche. Il rétablissait ainsi l'aristocratie coloniale, en même temps qu'il reconstituait l'aristocratie féodale.
(i) Loi du 16 pluviôse an II de la république.