CHAPITRE XXIII
De l'influence qu'exercent les peuples possesseurs d'esclaves, sur les mœurs et la liberté des peuples chez lesquels l'esclavage est aboli ou n'a point été admis.
Le sujet de ce chapitre est si vaste, que l'écrivain qui voudrait le traiter d'une manière complète, aurait à faire un fort grand ouvrage; l'histoire du genre humain se compose, en effet, presque tout entière de l'action des nations les unes sur les autres , et lorsque l'on considère de près la nature , les causes et les effets de cette action , on y démêle constamment les erreurs , les passions ou les vices enfantés par l'esclavage; mais je ne veux pas embrasser ici, dans toute son étendue, un sujet aussi vaste ; je ne veux exposer que quelques-uns des principaux effets que produit , sur une nation chez laquelle il n'existe point d'esclaves , le contact d'un peuple chez lequel la classe la plus nombreuse est considérée comme la propriété de l'aristocratie.
Les nations au sein desquelles on n'admet plus qu'un homme puisse être la propriété d'un autre, sont aujourd'hui nombreuses et puissantes, et il est permis d'espérer qu'à l'avenir leur influence