CHAPITRE XXIX
De l'abolition de l'esclavage domestique.
L'enseignement des préceptes de la morale et de la religion , et la protection des gouvernemens , seront sans influence sur le sort et sur les mœurs des esclaves , aussi long-temps que le pouvoir arbitraire restera dans les mains de leurs possesseurs. Il est même à craindre que les efforts que Ton fait pour conduire graduellement à la liberté la population asservie , ne produisent des résultats contraires à ceux que l'on se propose. En même temps, en effet, qu'on laisse sans limites le pouvoir des maîtres , on enseigne aux esclaves qu'ils ont des devoirs à remplir, et on les excite à les observer. Les esclaves se trouvent ainsi soumis à des lois de deux genres ; à celles qui les mettent au nombre des choses , et à celles qui les mettent au rang des personnes. En leur qualité de choses, on leur enseigne que les lois suprêmes sont les volontés de leurs possesseurs ; en leur qualité de personnes , on leur enseigne que les lois suprêmes sont les préceptes de la morale et de la religion. Ces diverses lois