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états du Mexique ou dans la partie méridionale de l'Amérique , aurait pour les habitans actuels un avantage plus grand encore, ce serait la fusion des races. Un des obstacles les plus grands que M. de Humboldt ait vus à l'établissement d'un bon gouvernement dans les anciennes colonies espagnoles , est la difficulté de déterminer les hommes des diverses castes à se considérer comme concitoyens (I). Cette difficulté ne pourra être vaincue aussi long-temps que les individus d'une caste repousseront, comme flétrissante, toute alliance avec les individus des autres castes ; mais en appelant des ouvriers européens dans le pays, cette difficulté serait aisément vaincue. Des hommes de cette classe arriveraient sans aucun préjugé de couleur ou de naissance, et ils ne pourraient s'allier, dans le pays, qu'à des personnes d'une classe correspondante à la leur. Cette fusion des races , qui produirait pour toutes de si grands avantages , est indiquée par la nature ellemême , car on a observé qu'elles s'améliorent en se croisant.
Lorsque les Espagnols arrivèrent en Amérique , ils n'y amenèrent point de femmes , ou s'ils y en amenèrent quelques-unes , le nombre en fut extrêmement petit. Le gouvernement d'Espagne ne fit pas comme celui de France et d'Angleterre ; il n'envoya pas des cargaisons de pros-
(i) Essai politique sur la Nouvelle-Espagne, tome II, Uv. ii, ch. vu, p, 67.
tituées aux colons. Les conquérans furent donc obligés d'épouser des femmes du pays ; il est vrai que , passé la première génération , ils ne s'allièrent qu'entre eux (i ) . Mais cette première alliance, loin d'avoir une influence funeste sur les individus qui en issurent , leur fut au contraire trèsfavorable. Les Hispano-Américains forment aujourd'hui une race plus belle que celle des Espagnols. Âzara, dont le témoignage ne doit pas être suspect , les a trouvés supérieurs par leur jaille, par l'élégance de leurs formes, et même par la blancheur de leur teint ; il leur a trouvé aussi plus d'activité , plus de sagacité , plus de lumières qu'aux individus de race purement européenne, nés en Amérique (â). On peut d'autant moins douter du mélange des races, et des effets qui en résultent, que , dans le Paraguay, les individus de race mélangée parlent généralement la langue de leur mère (5).
Les mêmes phénomènes ont été observés dans le mélange des nègres et des cuivrés. Les hommes qui naissent de l'union des individus de ces deux races, ont plus d'intelligence, plus d'énergie, plus de force et des formes plus belles que les individus de l'une et de l'autre espèce; ils sont même généralement plus forts que les individus
(1) Azara, tome II, ch. xn et xiv, p. ao°», 264 et a65.
(2) Voyage dans l'Amérique méridionale, tome II, ch.xiv,
(3) Ibid., ch. xv, p. 276. — Dauxion-Lavaysse, tome II, ch. vin, p. 17/4 et 176.
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nés du mélange des Européens avec4es Indiens , niais ils sont moins intelligens (1).
Le mélange de l'Européen et du nègre produit une race d'hommes plus active et plus assidue au travail, que le mélange de l'Européen et de l'Indien Mexicain (â). Ceux qui naissent des blancs et des mulâtres forment une race plus belle encore (5). Enfin, tous les individus de race croisée se distinguent par une constitution plus saine et plus vigoureuse, par plus d'énergie vitale, et par une inclination plus forte vers leur reproduction , que les individus nés sous le même climat, d'individus appartenais à la même race (À).
Il ne m'appartient point d'expliquer les causes de ces phénomènes. Il n'est pas impossible qu'ils aient été produits par la faculté dont jouissent partout les hommes des castes dominantes , de choisir dans les autres castes les femmes qui leur conviennent le mieux. Quoi qu'il en soit, il est évident que, si la conquête et l'esclavage créent des préjugés et des vices propres à diviser les hommes, les intérêts de tous les portent à s'unir.
(1) Dauxion-Lavayasse, tome II, ch. vin, p. 174 et j 75.— Azara, tome 11^ ch. xrv, page 266 et 267.
(2) De Humboldt, essai politique sur la Nouvelle-Espagne, tome I, liv. 11 cha. v, p. 36a, et tome II, liv. 11, ch. n, p. 38.
(3) Stedman, tome II, cha. i3, page 21.
(/») Dauxion-Lavaysse , tome II, ch. vin, page 174 et 175. — La Pérouse a observé que l'union des Russes aux Kamtchadales produisait une race d'hommes plus active et plus laborieuse que celle des pères, eL plus belle que celle des mères. ToniIII, ch. xxn ; page 189 et 190.