LIVRE III , CHAPITRE XXVI. 3y
jours gais et contens , et la bonté semble peinte sur leur figure ; les femmes sont douces ; leurs regards n'expriment que la volupté (i). La manière dont ces peuples se sont conduits avec les Européens qui les ont visités , si Ton fait exception des vols, a eu l'air de la franchise et de la générosité. Leur conduite avec les Français les a fait regarder par eux comme le peuple le plus doux , le plus humain , le plus pacifique , le plus hospitalier , le plus généreux de tous ceux qui occupent les îles du grand Océan (â). Ils ont eu les mêmes procédés à l'égard des voyageurs russes ; ils se sont toujours conduits à leur égard avec la plus grande honnêteté ; même dans leur commerce d'échange. Le chef de Fexpédition russe assure qu'il aurait emporté de ces insulaires l'opinion la plus favorable, s'il n'avait pas rencontré parmi epx un Anglais et un Français qui les lui firent mieux connaître (5).
Les habitans des îles de la Société et des îles des Amis ont montré les mêmes dispositions envers les navigateurs européens. Les premiers ont toujours manifesté y dans leur physionomie , de la gaîté , de la joie , de la générosité , le sentiment du bonheur (A). Ils ont reçu chez eux les
(1) Krusenstern, tome I, ch. ix, p. 240 et 243.
(2) Fleurieu, Voyage du capitaine Marchand, t. I , ch. 11, P- *99-
(3) Krusenstern , tome I , ch. ix , p. 240. — Forster, cité dans le deuxième Voyage de Cook, tome III, ch. iv, p. 199.
(4) Cook, premier Voyage, liv, 1, ch. vin, tome II, p. 38ï
voyageurs qui s'y sont présentés , les ont admis à parcourir l'intérieur du pays -, les ont invités dans léurs maisons , leur ont offert à manger (4). Les seconds ont fait aux voyageurs un accueil semblable. « Il n'y a peut-être pas sur le globe , dit Cook , de peuplade qui mette plus d'honnêteté et moins de défiance dans le commerce. Nous ne courûmes aucun risque à leur permettre d'examiner nos marchandises et de les manier en détail , et ils comptaient également sur notre bonne foi. Si l'acheteur ou le vendeur se repentaient du marché , on se rendait réciproquement d'un commun accord et d'une manière enjouée ce qu'on avait reçu. En un mot, ils semblent réunir la plupart des bonnes qualités qui font honneur à l'homme, telles que l'industrie, la candeur, la persévérance , l'affabilité , et peutêtre des vertus moins communes , que la brièveté de notre séjour ne nous a pas permis d'observer (â). »
Les voyageurs ont donné des éloges moins grands aux habitans des îles Sandwich. Cook dit cependant qu'il n'a jamais trouvé des peu-
et 382. — Anderson, troisième Voyage de Cook, livre m, ch. ix, tome IVj p. 116 et 117.
(1) Bougainville , deuxième partie, ch. 11, tome II, p. 24 et 3t.
(2) Cook, troisième Voyage, liv. ii, ch. x, tome III, p. 95 et 96. — Forster, cité dans le deuxième Voyage de Cook * tome IV, ch. n , p. 3,4 . — Vancouver , liv. m , ch. vu , t. III , p. 110, 1 j 1 et 112.