LIVRE III, CHAPITRE XXIX
dans la fuite, les autres se laissent prendre ou égorger sans résistance. Il suffit de six ou sept colons , pour environner pendant la nuit une troupe de cinquante ou même de cent individus, et pour se rendre maîtres de la plupart d'entre eux. Quand les colons se sont formés en cercle autour de la peuplade , ils ddnnent l'alarme par quelques coups de feu : ce bruit inattendu répand parmi les sauvages une consternation si grande, qu'il n'y a que les plus hardis et les plus intelligens qui osent franchir le cercle et se sauver; les colons, débarrassés de ceux qu'ils craignaient le plus, amènent les autres tremblans et stupides de frayeur (4).
Ces peuples sont trop sauvages et trop dénués de toutes ressources pour qu'aucun voyageur ait pu s'établir parmi eux, et étudier leurs mœurs domestiques ; mais il est facile de voir que , de tous les indigènes du cap , les plus faibles, les plus lâches et les plus barbares, sont ceux qui habitent dans les lieux les plus élevés , les plus froids , les plus arides ; et que les peuples qui habitent sur le rivage de la mer et sur les bords des rivières, sont les plus forts, les plus courageux et les moins reculés dans la civilisation.
(i) Sparrman, tome I, ch. v, p. 26-5.