‹ Traite de législation; ou, Exposition des lois générales suivant lesquelles les peuples prospérent, dépérissent ou restent stationairesChapitre 255 sur 276 · LIVRE III, CHAPITRE XXXI · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE XXXI

étrangers , et qui sont beaucoup plus rapprochés de la ligne équinoxiale, ne se sont fait connaître aux derniers navigateurs européens qui les ont visités, que par une politesse et par une générosité qu'on ne trouverait peut-ê ire chez aucun autre peuple. Non-seulement ils ont accueilli les voyageurs qui manquaient de secours, avec beaucoup de bienveillance, et leur ont témoigné la part qu'ils prenaient a leurs souffrances ; mais ils leur ont donné gratuitement et en aussi grande quantité qu'ils pouvaient le désirer, tous les vivres dont ils avaient besoin. Ils ne les ont .pas admis à visiter l'intérieur de leurs îles , puisqu'il paraît que leurs lois s'y opposent ; mais ils leur ont refusé cette faveur avec douceur et en témoignant le regret de ne pouvoir la leur accorder (4). Ces peuples , aussi industrieux que les Chinois, et qui font remonter leur civilisation à plusieurs milliers d'années , sont cependant plus rapprochés de l'équateur que les habitans des îles du Japon d'environ dix degrés, Ils devraient , par conséquent, avoir deux ou trois fois plus de vices , et être soumis à un gouvernement beaucoup plus tyrannique. Ils paraissent êtié*les peuples les plus heureux de l'Asie ; ils sont doux , affables , sobres , adroits , laborieux , ennemis de l'esclavage , du mensonge et de la fourberie (2).

(1) Broughton , Voyage de découvertes, tome II, liv. 11 , ch. 11, p. 52.

(2) Grosier, de la Chine, liv. iv, tome II, p. 142.

Page 1