‹ Traite de législation; ou, Exposition des lois générales suivant lesquelles les peuples prospérent, dépérissent ou restent stationairesChapitre 27 sur 276 · LIVRE III, CHAPITRE V. 5l · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE V. 5l

particulièrement chez les peuples du nord , inférieure à celle des Européens.

Les caractères de l'espèce éthiopienne sont la peau et les yeux noirs ; les cheveux noirs et laineux ; le crâne comprimé latéralement , et alongé sur le devant ; le front bas , étroit , et déprimé en arrière ; les mâchoires étroites , et projetées en avant ; les dents de devant de la mâchoire supérieure placées obliquement ; le menton retiré ; les yeux proéminens ; le nez large , épais , épaté, et se confondant avec une grande mâchoire ; les lèvres, et particulièrement la lèvre supérieure, épaisses ; les genoux souvent tournés en dedans (4).

Les caractères de l'espèce américaine sont une peau brune d'une teinte plus ou moins rouge; les cheveux noirs, cîroits et forts; la barbe rare

(ij Tous les peuples de race nègre n'ont pas les caractères que leur attribuent ici Blumenbach et Lawrence; il en est plusieurs, ainsi qu'on le verra plus loin, qui ont les organes aussi bien formés que les peuples de race caucasienne'les mieux constitués. Les descriptions des physiologistes seraient différentes , si , au lieu d'avoir été faites sur quelques individus appartenant à certaines peuplades , elles avaient été faites sur des individus appartenans à d'autres peuplades. Les faits particuliers qui ont servi de base à leurs descriptions générales , sont si peu nombreux , qu'il .est douteux qu'ils puissent servir à caractériser des races entières. Le portrait que Blumenbach etW. Lawrence font des peuples de race éthiopienne, ne ressemble pas plus aux Cafres et à d'autres peuples africains, que lès paysans de la Basse-Bretagne ne ressemblent aux statues grecques.

et généralement détruite par un moyen artificiel; le crâne et l'air du visage mongols ; le front bas; les yeux enfoncés ; la figure large ? particulièrement dans la partie des joues , mais un peu moins aplatie que chez les individus d'espèce mongole; le nez et les autres traits plus distincts , la bouche grande; les lèvres épaisses (i).

(i) Ce tableau qu'a tracé W. Lawrence des caractères particuliers à l'espèce américaine , n'est ni complet , ni même tout-à-fait exact.

Les individus de cette espèce ont, presque sans exception, les mains et les pieds petits et bien faits ; c'est un caractère qu'on a observé chez tous les peuples de cette race, depuis les Patagons jusqu'aux habitans du Canada. Wallis, Voyage autour du monde, t. II, ch. i , p. 18 et 19. — Ulloa, Discours philosophiques , t. II, dise. 17 , p. 4. — Àzara, Voyage dans l'Amérique méridionale, t. II*ch. x, p. 9.

Ils ont lés yeux petits, noirs et enfoncés. Rollin, Voyage de La Pérouse, t. et 53. — Dampier, Voyage

autour du monde, t. I, ch. vu , p. 383. — De Humboldt, Voyage âux régions équinoxiales , t. III , liv. 3, chap. ix, p. 278. Essai politique sur la Nouvelle-Espagne-, 1. 1 , liv. iy ch. vi, p. 387 et 388. — Ulloa, Discours philosophiques,

Mais c'est surtout dans la forme de la tête que les indigènes d'Amérique diffèrent de tous les autres peuples. 0 L'ostéologie nous apprend , dit M. de Humboldt , que le crâne de l'Américain diffère essentiellement de celu^ de la race mongole : le premier offre une ligne faciale plus^nclinée, quoique plus droite que celle du nègre ; il n'y a pas de race sur le globe dans laquelle l'os frontal soit plus déprimé en arrière , ou qui ait le front moins saillant. L'Américain a les os de la pommette presque aussi proéminens que le Mongol; mais les contours en sont plus arrondis , les angles moins aigus : la

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