LIVRE Ht, CHAPITRE VI
plus clair, sont ceux qui sont les plus rapprochés de l'équateur ; ce sont les habitans des îles Marquises (4).
Le teint olivâtre qui caractérise les hommes d'espèce mongole, se conserve sous toutes les latitudes et à tous les degrés d'élévation , comme le teint cuivré de l'espèce américaine. Ceux d'entre les Perses dont la couleur n'a pas été altérée par leur mélange avec des femmes d'espèce caucasienne, ont le teint très-foncé. Ceux qui habitent sous le climat le plus chaud ne sont pas différens de ceux qui habitent les climats froids des montagnes ; les uns comme les autres ont le teint mêlé de jaune et de noir (2). Les Chinois répandus sur un territoire immense ont généralement le teint brun et sale des peuples de Perse (5).
phénomène de la nature. Troisième Voyage, livre n, ch. x, tome III , p. 90. Chez ces peuples, un grand nombre d'individus prennent cependant des soins extrêmes pour se blanchir le teint ; ils passent plusieurs mois sans, sortir de leurs maisons; ils portent une quantité considérable d'étoffes pour se mettre à l'abri du contact de l'air, et ils ne mangent que du fruit de l'arbre à pain, qui, suivant eux, a la propriété de blanchir la peau. Anderson, troisième Voyage de Cookt liv. in, chap. ix, tom. IV,pag. 11 3.
(1) Krusentern, Voyage autour du monde, 1. 1, ch. ix , p. 202. — Fleurieu, Voyage du capitaine Marchand, tom. I, ch. 11, p. 97, i52 et i53.
(2) Chardin, Voyage en Perse, tome III , ch. xi , p. 4o3 , et tome VIII, p. 177.
(3) Macartney, Voyage en Chine et en Tartane, t. III , ch. iv , pag. i58.
Les Mongols que La Pérouse observa dans la baie de Gastriès ? sous le cinquante-unième degré vingt et une minutes de latitude boréale 7 avaient la peau olivâtre et vernissée d'huile et de fumée (4). Enfin, les peuples placés le plus près du pôle septentrional, dans le continent américain, et appartenant à la même espèce , ont le même teint que ceux qui habitent le centre de F Asie (â).
Les diverses couleurs propres à chaque espèce sont donc indépendantes de toute cause artificielle et de l'action de la lumière et de la chaleur. Si, par des moyens artificiels ou par Faction
(1) La Pérouse, Voyage autour du Monde, tome III , ch. xix, pages 104 et io5.
(3) Hearne, Voyage à l'océan du Nord, chapitre vi , page 157. — Ellis , Voyage à la baie d'Hudson , pages 172 et 173.
Les Esquimaux du Groenland , du Labrador et de la côte septentrionale de la baie d'Hudson, les habitans du détroit de Béring ^ de la péninsule d'Alasca et du golfe du prince Guillaume , appartiennent tous à la même race. « Le rameau oriental et le rameau occidental de cette race polaire , les Esquimaux et les Tchogazes, malgré l'énorme distance de huit cents lieues qui les sépare, sont liés par l'analogie la plus intime des langues. Cette analogie s'étend même, comme cela a été prouvé récemment, d'une manière indubitable , jusqu'aux habitans du nord-est de l'Asie ; car l'idiome des Tchouktches, à l'embouchure de l'Anadyr, a les mêmes racines que la langue des Esquimaux qui habitent la côte de l'Amérique opposée à l'Europe. Les Tchouktches sont les Esquimaux de l'Asie. » Voyage aux régions équinoxiales , liv. III ? ch. ix , p. 36o et 36 1