LIVRE III, CHAPITRE VII
orientales de l'Asie (i), dans les îles qui en sont voisines (2), au Kamstchatka (3) ? dans les îles des Renards (A), et dans le nord de l'Amérique (5). La nubilité est plus précoce chez les femmes d'espèce mongole que chez les femmes des autres espèces ; elle se manifeste depuis neuf ans jusqu'à douze. Ce caractère , qu'on a attribué à la chaleur du climat , parce qu'on l'a d'abord observé dans le sud de l'Asie , existe dans les climats les plus froids comme dans les plus chauds. On le trouve à la côte nord-ouest de l'Amérique , chez les Esquimaux ; et en Asie chez les Kamtchadales et chez les Korockas , où souvent des filles de dix ans sont mères (6).
Les peuples que les naturalistes ont classés
(1) De La Pérouse, voyage autour du Monde, tome III, ch. xix, p. 104 et ip5. — Rollin, Voyage de La Pérouse, tome IV, p. 90, 91,98 et 99.
(2) Thumberg, Voyage en Afrique, en Asie et au Japon 9 ch. xiii, p. 4 n et 412.
(4) La Pérouse , tome III , ch. xxi, p. 193.
(3) Goxe , Nouvelles découvertes des Russes.
(5) Fleurieu, Voyage du capitaine Marchand, tome II ■ ch. îv, p. 46, 47 et 48. — La Pérouse , tome , ch. iX, p.23r et 232. Cook, troisième Voyage, liv. iv, ch. v, tome V, p. 240 et 241. — Hearne, Voyage à l'Océan du Nord, ch. vi, p. 157. — Ellis, Voyage à la baie d'Hudson , p. 17a et 173.
(6) Chardin, Voyage en Perse , tome VI , ch. xvi , p. 8a et 83. — Thumberg, Voyage en Afrique et en Asie , et principalement au Japon, ch. 11 , p. 47. — De Humboldt, Voyage aux régions équinoxiales , liv. H , ch. ix, tome III, p. 292 et 293.
sous la dénomination d'espèce éthiopienne, diffèrent tellement les uns des autres, que, si on ne les caractérise pas par la couleur, il est très-difficile de leur trouver des traits communs, et de déterminer par conséquent les caractères généraux qui les distinguent. L'histoire ni la tradition ne nous ayant jamais fait connaître leurs migrations, nous n'avons aucun moyen de déterminer si les différences qui les distinguent, sont ou ne sont pas le produit du climat. Il est vrai qu'en faisant le trafic des esclaves, les Européens sont parvenus à former des colonies de nègres loin du continent de l'Afrique; mais la manière dont ces colonies ont été formées a produit un mélange de races qui ne permet plus de reconnaître quelle a été l'origine de la population nègre actuelle. Les effets produits par ces transmigrations 1 forcées ont été d'ailleurs trop mal observés, pour qu'on puisse se flatter de les connaître et surtout d'en assigner les causes. On se trouve donc réduit à raisonner sur des conjectures ou des analogies.
Nous avons vu que la couleur des variétés nègres n'est point susceptible d'être modifiée par la température de l'atmosphère, et nous n'avons aucune raison de croire que les autres caractères particuliers à ces peuples soient plus susceptibles de modification. Nous devons penser, au contraire, que ces caractères ne peuvent être changés par une telle cause, lorsque nous voyons que toutes les autres espèces conservent les traits