‹ Traite de législation; ou, Exposition des lois générales suivant lesquelles les peuples prospérent, dépérissent ou restent stationairesChapitre 49 sur 276 · LIVRE HI, CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE HI, CHAPITRE VII

qui leur sont propres, sous tous les climats. Si les descendans des Européens établis au cap de Bonne-Espérance, par exemple, ne prennent aucun des traits particuliers aux Boschismans; si les Mongols établis au nord de l'Amérique ne prennent pas les trait3 qui distinguent l'espèce américaine; si les Malais, dans les îles de la Sonde, ne prennent ni les traits de l'espèce africaine , ni ceux de l'espèce mongole (4 ) , quelles raisons pourrions-nous avoir de penser que les nègres du Congo transportés au cap de Bonne- Espérance y deviendraient des nains semblables aux Boschismans, ou que les Boschismans transportés au Congo y prendraient une taille colossale ? Les Cafres, si remarquables par leur haute stature, par la beauté de leurs proportions, par la régularité de leurs traits, ne sont éloignés que d'une petite distance des Boschismans, dont la taille n'excède pas quatre pieds, et dont la conformation nous paraît monstrueuse. Est-il quelque raison qui puisse nous déterminer à croire que, si ces deux peuples prenaient la place Fun de l'autre, en conservant leur même genre de vie , ils changeraient aussi de proportions par le seul effet du climat ?

Si les traits qui distinguent l'espèce nègre de l'espèce caucasienne étaient le produit du climat, les Hottentots du Cap seraient de tous les

(1) Péron, Voyage de découvertes aux terres Australes), liv. h, ch. vu, p. 144.

g6 TRAITÉ DE LÉGISLATION.

peuples africains ceux qui se rapprocheraient le plus des Européens, et cette ressemblance s'affaiblirait à mesure qu'on s'avancerait vers la zone torride; mais ce n'est pas ce qui arrive. Des peuples qui vivent sous un climat beaucoup plus chaud que celui qu'habitent les Hottentots, se rapprochent beaucoup plus qu'eux des peuples du Caucase. Les Cafres diffèrent si peu de nous par les traits, qu'un voyageur les a crus descendus des Arabes bédouins (4). Les mêmes traits se retrouvent chez d'autres tribus africaines qui habitent un climat encore plus chaud.

« Je ne crains pas d'avancer, dit Dauxion-Lavaisse, que malgré la similitude de la couleur des nègres, il y a beaucoup de variété dans la forme des têtes des diverses nations ou tribus, et que les Mandingues, les Koromantins et les Mozambiques, par exemple, ont la tète d'une aussi belle forme que l'Européen, et le reste du corps aussi beau et aussi fort. Si jamais on fait une collection de crânes de ces trois nations, je ne crains pas de prédire qu'on en trouvera beaucoup dont l'angle facial dépassera quatre-vingts degrés (2). »

En s'avançant davantage vers Téquateur , des phénomènes plus remarquables se présentent :

(i) Barrow, Nouveau Voyage dans la partie méridionale de l'Afrique , tome I , ch. i , p. 1 48. •

(a) Voyage dans les îles de la Trinidad, de Tabâgo, etc., tomel, ch. 1, p. 148. — Molien, Voyage dans l'intérieur de l'Afrique, t. I, ch. iv, p. 289 et 290.

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