LIVRE III, CHAPITRE VII. IO
pienne, et plusieurs d'espèce malaie. Si les peuples d'espèce cuivrée qui se trouvent au nord de Y Amérique septentrionale , ne peuvent compliquer beaucoup l'état de l'espèce caucasienne ,. puisque le nombre en diminue d'une manière sensible , il nTen est pas de même des peuples d'espèce éthiopienne qui se trouvent dans les îles ou dans la partie méridionale des Etats-Unis : leur nombre , loin de décroître ,. se multiplie au contraire dans une proportion plus grande que celle dans laquelle se multiplient les Européens. Dans l'Amérique méridionale et à l'extrémité australe de l'Amérique du Nord, les peuples d'espèce cuivrée, déjà fort nombreux, se sont multipliés depuis la conquête. Le mélange de ces peuples avec des Européens , des noirs et des malais , a produit des variétés nouvelles, et la population de cette partie du monde présente des phénomènes dont l'état de l'Europe ne peut nous donner aucune idée (4).
Tant que FAmérique nya été considérée que
(i) La population mexicaine, dit M. de Humboldt, est composée des mêmes élémens que ceux qu'offrent les colonies espagnoles. On y distingue sept races î i° les individus nés en Europe, vulgairement appelés Gachupières; 2° les Espagnols créoles , ou les blancs de race européenne nés en Amérique; 3° les métis (Mestizos), descendans de blancs et d'Indiens ; 4° les mulâtres, descendans des blancs et des nègres ; 5e les Zambos , descendans de nègres et d'Indiens ; 6° les Indiens mêmes ou la race cuivrée des indigènes; 70 les nègres africains. Essai politique sur la Nouvelle- Espagne t. I, liv. it, ch. vi, p. 367
comme un vaste domaine exploité au profit des Européens , les faits qui avaient lieu sur ce continent et qui n'avaient aucun rapport au commerce , devaient peu fixer l'attention des observateurs ; mais tout est bien changé depuis que l'Amérique du Nord a fait reconnaître son indépendance , qu'elle a établi des formes de gouvernement étrangères aux Européens, et que l'Amérique du Sud a suivi son exemple . L'Europe par ses mœurs , ses connaissances 9 ses arts , ses richesses , en un mot sa civilisation , tient encore le premier rang dans le monde ; mais , lorsque l'on considère la position , l'étendue , la fertilité du continent américain , le nombre et l'étendue des lacs qu'il possède , les rivières et les fleuves immenses qui l'arrosent, la variété et la richesse des produits de son agriculture , et la nature de ses institutions , on peut prévoir qu'il viendra un temps où l'importance relative des peuples d'Europe aura beaucoup diminué. Il n'est donc pas indigne des sciences morales de s'occuper des phénomènes que ce pays leur offre.
Ces phénomènes auraient moins d'importance si l'influence du climat ou des lieux devait ramener à l'unité les populations qui y sont soumises ; mais rien ne démontre encore que les caractères propres à chaque espèce soient le résultat d'agens extérieurs. Nous n'avons aucune raison de penser que les descendans des diverses espèces auront un jour des caractères semblables, quoiqu'elles persistent à ne pas s'allier entre