‹ Traite de législation; ou, Exposition des lois générales suivant lesquelles les peuples prospérent, dépérissent ou restent stationairesChapitre 54 sur 276 · LIVRE III j CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE III j CHAPITRE VII

résultats par les mêmes moyens ; c'est de rechercher particulièrement quels sont les effets qui résultent de la domination d'une espèce sur l'autre , du mélange de plusieurs sur le même territoire, et surtout de leurs alliances.

Cette question sur le mélange des espèces , et sur la domination des unes sur les autres , serait peut-être peu importante , si la terre était restée partagée entre elles selon les lois que la nature semblait avoir elle-même établies ; si les peuples d'espèce cuivrée avaient conservé la possession exclusive du continent américain ; si les peuples d'espèce mongole ne s'étaient pas troublés mutuellement dans la possession de leurs territoires, et surtout s'ils n'avaient jamais dépassé les frontières de l'Asie; si les peuples d'espèce malaie n'avaient jamais été inquiétés dans la possession des îles du grand Océan ; si l'espèce éthiopienne était restée maîtresse exclusive de l'Afrique; enfin, si l'espèce caucasienne, maîtresse de l'Europe, n'en était jamais sortie et n'y avait jamais été troublée.

Mais les Mongols du centre de l'Asie , ont débordé de toutes parts et sont allés aussi loin que leurs chevaux ont pu les porter : non-seulement ils ont établi leur domination sur tous les autres peuples qui appartiennent à la même espèce qu'eux-mêmes; ils l'ont portée aussi chez les peuples d'espèce caucasienne et se sont confondus avec eux. Les peuples d'espèce caucasienne à leur tour, en même temps qu'ils ont cherché à do-

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miner les uns sur les autres, se sont répandus sur toutes les parties de la terre, et se sont mêlés avee les peuples de toutes les autres espèces. En Afrique , ils ont établi leur domination sur les côtes de la Méditerranée et de la mer Rouge, sur les bords du Sénégal, au cap de Bonne-Espérance, sur le canal de Mozambique et dans les îles qui en sont voisines. En Asie, ils se sont mêlés avec les Perses , ils se sont établis dans l'Indostan et dans les îles innombrables qui se trouvent entre la Nouvelle - Hollande et le continent asiatique. Là on trouve réunis sur le même sol des Nègres , des Mongols, des Malais, des Caucasiens, ayant chacun leur couleur, leur physionomie, leurs mœurs, leur langue, leur croyance. Dans le grand Océan leur domination* se fait déjà sentir par leur établissement sur l'île de Van-Diemen , dans la Nouvelle-Hollande et dans les îles Sandwich , et il ne faut pas douter qu'ils ne finissent par se mêler avec les peuples d'espèce malaie.

Mais, de tous les mélanges d'espèces, le plus important et le plus digne d'observation est celui qui , depuis plus de trois siècles , s'opère sur le continent et sur les îles d'Amérique. Les peuples d'espèce caucasienne, tels que les Français, les Anglais, les Hollandais, les Espagnols et les Portugais , ne se sont pas bornés à s'établir sur le& terres déjà occupées par les peuples d'espèce cuivrée , depuis le Canada jusqu'aux pampas de Buenos - Ayres ; ils ont transporté sur le même sol des multitudes d'individits d'espèce éthio™

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