LIVRE III, CHAPITRE IX. l3 l
îles hommes petits et faibles dans des pays comparativement chauds. Il faudrait établir de plus que , dans les deux pays, il n'existe pas des circonstances plus influentes sur le développement physique de l'homme , que celles auxquelles on l'attribue.
J'ai précédemment fait observer que, parmi les choses sous l'influence desquelles les hommes sont placés, il en est un grand nombre sur lesquelles ils exercent eux-mêmes une grande puissance, tandis qu'il en est quelques-unes, telles , par exemple, que la température de l'atmosphère et l'ordre ou la durée des saisons, qu'il n'est pas en leur pouvoir de modifier. Je dois . ajouter cependant que plus les hommes font des progrès dans l'industrie et le commerce, plus il leur est facile de se soustraire à l'influence directe et indirecte du froid ou de la chaleur du climat. Un riche habitant de Saint-Pétersbourg parvient à jouir, au milieu des glaces du nord, d'un climat tempéré, et de productions qui ne croissent qu'entre les tropiques. J^es sauvages, dans les pays incuites, et les pauvres, dans les pays civilisés, sont les hommes qui sont le plus soumis à l'action directe et immédiate de la températuré de l'atmosphère. Ils peuvent difficilement se soustraire aux rigueurs des saisons, ou jouir des productions qui ne croissent que sous d'autres climats. C'est donc en constatant le développement acquis en divers pays par ces deux classes d'hommes, et en le comparant au développe-
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ment auquel parviennent des hommes placés dans d'autres circonstances, que nous pourrons connaître quelles sont les causes qui agissent avec le plus de puissance sur notre nature physique.
Les Esquimaux qui habitent sur les bdrds de la rivière de Cuivre, près du soixante^dixième degré de latitude nord * sont généralement petits; leur taille ordinaire est de quatre pieds, et la plupart sont même au-dessous ; ils présentent une assez grande surface, mais ils ne sont ni bien faits ni forts (4). Ceux qui habitent les îles de la Résolution, un peu au-delà du soixantième degré, sont d'une taille médiocre (â); des voyageurs n'ont même porté qu'à quatre pieds la taille des hommes qui habitent la baie d'Hudson (3). Les indigènes du Canada, situés entre le quarante-cinquième et le cinquantième degrés , ^ à peu près sous la même latitude que laFrance, mais dans un pays plus froid, ont généralement peu de corpulence (à) ; mais ils sont droits, bien faits et grands, particujièrement les Iroquois- et les Hurons. Il existe cependant sous la même la titude plusieurs tribus qui sont d'une taille mé-
(1) Hearnc, Voyage à l'océan du Nord,chap. vi, p. 167. — De Paw, Recherches philosophiques sur les Américains, tome I, troisième partie, p. 269.
(2) Ellis, Voyage à la baie d'Hudson, page if 2.
(2) Rayna! , Ilist. philosoph., tome VTTT ? liv. xvni , p.-.ge 357.
Hcarne, Voyagea l'océan du INord, ch. ix, p. 2*8/!.