LIVRE III, CHAPITRE IX
diocre (i). Les femmes, en général, sont petites et ont une complexion très-délicate (â). A mesure qu'elles avancent en âge, elles deviennent massives et grasses. A trente ans, elles ont les yeux caves, le front sillonné, la peau lâche et ridée (5). Les Illinois, plus rapprochés du midi , sont d'une taille au-dessus de la moyenne , et ont de l'embonpoint (A). Enfin, les indigènes de la Louisiane, plus rapprochés encore du sud, et plus près du niveau de la mer, sont forts et robustes. Les hommes, les femmes et les enfans sont d'une vigueur extrême ; ils sont plus énergiques , plus infatigables que les Iroquois (5).
La constitution physique de l'homme est donc plus forte dans la partie nord-est de l'Amérique, sous un climat tempéré, que sous un climat
(i) Lahontan, Voyage dans l'Amérique septentrionale, tome II, page 93.
(1) Hearne, ch. iv, p. 83.
(3) Weld, Voyage au Canada, tome III, ch. xxxv, p. 68.
(4) Michaux, Voyage à l'ouest des monts Alleghanis, ch. xxiii, page 236.
(5) Hennepin , Mœurs sauvages de la Louisiane, pag. 1 4 et 17. Les femmes, à îa^ Louisiane, dit Hennepin, ont tant de vigueur qu'il y a peu d'hommes en Europe qui en aient autant qu'elles ; elles portent des fardeaux que deux ou trois de nous autres auraient peine à soulever. Quelquefois elles prennent sur leur dos, lorsque leurs maris ont fait bonne chasse, trois cents livres de viande, et jettent leurs enfans par-dessus leur fardeau,, qui ne leur paraît pas plus à charge que l'épée au côté d'un soldat. Elles font ainsi
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froid (A). Nous observons le même phénomène dans la partie nord-ouest du même continent. Les Indiens qui habitent sur la rivière de Mackenzie, vers le soixante-dixième degré de latitude, sont maigres, petits, laids, mal faits, et paraissent très - malsains ; ils ont les jambes grosses et couvertes de croûtes (â). Ceux qui vivent dans la baie de Behring, à l'entrée du Prince Guilhaume, étant placés sous une latitude moins élevée, sont aussi moins faibles : plusieurs sont d'une taille ordinaire, mais un grand nombre sont au-dessous (5). Ceux du Port des Français, sous le cinquante-huitième degré trente-sept minutes de latitude, sont d'une taille moyenne, mais la charpente de leurs corps
plus de deux cents lieues à travers les forêts. Hennepin, ibid, p. 17, 82 et — Les hommes qui habitent à l'extrémité boréale du continent américain sont considérés comme appartenant à l'espèce mongole, et les hommes de cette espèce sont généralement plus petits que les autres ; mais on verra plus loin que les hommes de cette espèce qui habitent des pays froids sont plus petits que ceux qui habitent des pays chauds ou tempérés.
(1) Plusieurs voyageurs ont pensé qu'en Amérique le climat était sans influence sur la taille et la force des hommes. Ulloa,' Discours philosophiques, tome II, D. xvn, p. 5. — Azafa, Voyage dans l'Amérique méridionale, tome II, ch. xi, p. 17 et 178. #
(2) Mackensie, Voyages dans l'intérieur de l'Amérique septentrionale, tome I, ch. 111, p. 383 et 3#4-
(3) Cook, troisième voyage, liv. sv, chap. v, tom V, pi 2/,o et 2/|i.