LIVRE III, CHAPITRE IX
qu'un long voyage avait cependant affaiblis (1).
Les indigènes de la Nouvelle-Hollande , quoiqu'un peu plus rapprochés de l'équateur que ceux de la terre de Van-Dienien, ne sont ni mieux constitués, ni plus forts. Leur stature est à peu près la même ; mais ils ont le torse moins développé (2), et les membres d'une petitesse remarquable (3). Les expériences faites sur eux au moyen du dynamomètre, ont donné les mêmes résultats ; elles ont constaté qu'ils sont d'une faiblesse extrême, non-seulement comparativement aux habitant des îles des Navigateurs , mais comparativement aux Européens (4-). Les femmes sont plus mal constituées encore que les hommes; elles ont les formes maigres et décharnées, la gorge flétrie, et pendante jusqu'aux cuisses, et la malpropreté la plus dégoûtante ajoute à leur laideur naturelle (5).
Les peuples de même race qui habitent la Nouvelle-Guinée, et qui sont par conséquent beaucoup plus rapprochés de Féquateur, sont
(1) Péron, Voyage de découvertes aux terres australes, tomeI,liv. m, ch. xm et xx, p. 280 281, 286 et 449.
(2) Jbid.,\iv. m ch. xx, p. 45o.
(3) Cook, premier Voyage, liv. ni, ch. iv, t. IV, p. 48 et 49- — L. Freycinet, Voyage de découvertes aux terres australes, liv. 11, ch. rx, p. 292.
(4) Péron , Voyage de découvertes aux terres australes , tome I, liv. m, ch. xx, p. /,5i.
(5) Péron, liv. 11, ch. v, p. 81,
l5o TRAITÉ DE LÉGISLATION.
d'un noir luisant, robustes, et d'une taille élevée ; ils ont les yeux grands et la bouche trèsfendue (1).
Je ne dirai rien ici des peuplades qui habitent les îles Aleutiennes ; elles appartiennent à la race mongole ou asiatique ; mais j'en parlerai dans le chapitre suivant , et l'on verra qu'ici les climats froids ne sont pas plus favorables qu'ailleurs au développement des forces humaines.
Dans les îles du grand Océan , de même qu'en Amérique , on remarque plusieurs espèces d'hommes , et sous la même latitude pn en trouve qui n'ont entre eux aucune ressemblance. Ainsi, leshabitans des Nouvelles- Hébrides, placés à peu de distance des îles des Navigateurs, sous la même latitude que les habitans des îles des Amis, mais appartenant à une espèce différente, sont infiniment plus petits. Leur taille s'élève à peine à cinq pieds, leurs membres manquent souvent de proportion ; ils ont les bras et les jambes longs et grêles ; ils sont noirs et ont les traits et les cheveux laineux des nègres (â). Les habitans de la Nouvelle-Calédonie, placée sous la même latitude que ceux des îles de la Société , ont le corps faible, les bras et les jambes grêles. Leur excessive maigreur décèle leur misère ; ils sont semblables aux habitans de la terre de Van-Die-
(i) Forrest , cité par Malte-Brun ,fPrécis de Géographie universelle, tome IV, liv. lxviii, p. 38o.
{■>.) Cook, deuxième Voyage, tome IV, ch. m, p. 97.