CHAPITRE X
Du développement physique acquis sous différens degrés de latitude, en Asie , en Afrique et en Europe , par des peuples de diverses espèces.
Les voyageurs ont fait sur les peuples qui habitent la côte orientale de l'Asie et les îles qui en sont voisines , des observations semblables à celles qui ont eu lieu sur la côte et les îles occidentales de F Amérique. Les Kamtchadales , qui vivent entre le cinquantième et le soixantième degré de latitude nord , et sous un climat infiniment plus rigoureux que ne le sont les contrées de l'Europe situées sous la même latitude , sont petits et faiblement constitués . Au jugement de La Pérouse , ces peuples , comme les Lapons et les Samoïedes , sont au genre humain ce que leurs bouleaux et leurs sapins rabougris sont aux arbres des forêts plus méridionales (1). Leurs voisins, qui vivent sur la côte, entre le quarante- * cinquième et le^kiquante- deuxième degré , sont comme eux mai constitués et petits; leur taille
(1) La Pérouse, Voyage autour du monde, t. III, eh. xx9 p. 127 et 128.
l54 TRAITÉ DE LÉGISLATION.
moyenne est au - dessous de quatre pieds dix pouces ; ils ont le corps grêle , la voix faible et aiguë comme celle des enfans (4). Le médecin qui accompagnait l'expédition de La Pérouse, assure que ce sont les hommes les plus laids et les plus chétifs qu'il ait jamais vus (â).
Les habitans de l'île Tchoka ou Sakhalien, qui ne sont séparés d'eux que par un canal de trois ou quatre lieues, qui vivent par conséquent sous la même latitude et qui ont le même régime diététique , sont généralement bien faits, d'une constitution forte, et d'une physionomie agréable. La taille la plus commune, parmi eux, est de cinq pieds, et la plus haute de cinq pieds quatre pouces; mais les hommes de cette dernière stature sont rares. Ces insulaires diffèrent tellement des hommes qui habitent la côte' continentale voisine, que La Pérouse a douté s'ils appartenaient à la même espèce et s'ils étaient d'origine asiatique. Il , est vrai, ajoute-t-il, que le froid des îles est moins rigoureux par la même latitude que celui du continent : mais cette seule cause ne peut avoir produit une différence si remarquable (5).
Les Japonais, plus rapprochés du midi, sont, •
(i) Tbid. ch. xix, p. 104 et io5. < • .
(i) La Pérouse, Voyage autour du Aonde,t. IV, p. 98 et 99. — Krusenstern , Voyage autour du monde , tome II, eh. xv, pag. 89.
(H) La Pérouse, tome III, ch. xviir, xx et ?;xr, p. 7:'), i2^>> 127, 128, i56, et lorne IV, p. 90 et 91.