LIVRE III, CHAPITRE X
valeurs que lui , ont vu dans les Boschismans un peuple tellement distinct des autres, qu'ils ont cru qu'il formait une espèce particulière. Ces hommes ne vivent que sur des montagnes inaccessibles et dans les creux des rochers, et par conséquent dans une température plus froide que celle des plaines ou des vallées habitées par les Hottentots. Leur stature est si petite que celle des hommes excède rarement quatre pieds (4 ) ; leur constitution physique n'est pas même en rapport avec leur taille; elle y est inférieure. « Ce ne fut pas sans étonnement , dit Sparman , que je vis pour la première fois un jeune Boschidans Je Lange-Kloof; sa figure, ses bras, ses jambes et tout son corps , étaient si maigres et si exténués, que je ne doutai. point d'abord que ce ne fut une fièvre épidémique qui l'eût réduit à ce déplorable état ; mais à l'instant je le vis courir avec la rapidité d'un oiseau (â). »
Les Hottentots, suivant Dampier, ont la taille médiocre, le corps fluet et les membres petits (5). Sparrman n'a pas trouvé qu'ils fussent pour la
(1) Pérô*» , Voyage de découvertes aux terres australes, tome II, livre iv, chapitre xxxm , pages 3o8 et 3oo,. — Le jugement que Barow porte des Boschismans ou Bosjesmen est le même que celui de Pérou. Sparrman, t. I, ch. v, p. 63. — Levaillant, deuxième voyage, tome III, pages i65, 166 et 181»
(2) Sparrman, tome I, ch. v, p. 64 et 65.
(3) Dampier, Nouveau Voyage ajitour du monde, t. II, ch. xx, p. 11 3.
l60 TRAITÉ DE LÉGISLATION.
taile au-dessous de la plupart des Européens ; mais ils lui ont paru beaucoup plus minces (4). Les Kabobiquois et les Koraquois , de même espèce que les Hottentots ; mais plus avancés vers Féquateur, sont beaucoup plus grands et plus forts qu'eux. Les Kabobiquois, autre tribu de même race , sont aussi grands que les cafres ; ils excèdent de toute la tête les Hottentots d'une taille moyenne (â).
Les Cafres , qui sont de quelques degrés plus avancés vers Féquateur que les Hottentots, ont sur eux une supériorité très-grande. Ils sont dfu ne stature plus haute, mieux conformés et plus robustes : ils sont grands , forts et bien proportionnés (5). Ils sont plus fiers , plus hardis , et ont une figure plus agréable. Il est telle femme cafre, dit Levaillant , qui peut passer pour trèsjolie à côté d'une Européenne (A). Ces peuples sont , au jugement de Barrow, la souche des Arabes Bédouins (5).
(1) Sparrman, Voyage au cap de Bonne-Espérance, t. f, ch.v,p. 236 et a38.
(2) Levaillant, deuxième Voyage dans l'intérieur de l'Afrique, tome ÏII, p. 87 et 88.
(4) Thumberg, Voyage en Afrique, ch. m, p. 117. Barow, nouveau Voyage dans la partie méridionale de l'Afrique, tome I, ch. i, p. i52.
(4) Levaillant , premier Voyage dans l'intérieur de l'Afrique, tome II, p. 25o et 2.5 1 .
(5) Barow, nouveau Voyage dans la partie méridionale de l'Afrique, tome II, p. 25o et 25 1.
Barow , après avoir dit que les Cafres ont les plus belles