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V érythème simple esl caracléiisé par des taches à peine saillantes, qui, si elles sont petites et disséminées, constituent l’éruption désignée sous le nom de roséole. Bazin admet l’existence d’une roséole herpétique, qui est souvent précédée et accompagnée de symptômes fébriles et se termine dans l’espace de trois semaines. Cette roséole consiste en des taches à peine proéminentes, rosées, irrégulièrement arrondies, confluentes dans certaines régions, notamment au niveau des articulations du cou et sur le devant de la poitrine. Cette éruption procède par poussées successives, et disparaît en donnant parfois lieu à une légère desquamation; elle s’observe chez l’enfant et chez l’adulte, principalement dans la saison chaude.
V érythème populeux se manifeste sous la forme d’une éruptionde plaques d’un rouge vineux, légèrement proéminantes et semblables à des papules. Ces plaques, tantôt éparpillées, tantôt rapprochées et plus ou moins confluentes, tantôt enfin disposées enferme de cercle ou de demi-cercle, sont tout à fait rondes ou irrégulièrement circonscrites, douloureuses au toucher et diversement colorées. Tout d’abord rouges ou rosées, elles prennent une teinte vineuse, puis deviennent violacées, s’affaissent, s’aplatissent et s’effacent, en laissant à leur suite une légère desquamation.
Les mains, les avant-bras, la face et la nuque sont les régions où siège de préférence cette affection, qui procède par poussées successives et se trouve fréquemment accompagnée de fièvre, de douleurs et de gonflements articulaires assez intenses pour gêner les mouvemenis.
L’érythème noueux se révèle par la présence de plaques
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rouges, dures, ovales, élevées vers leur centre, d une étendue variant de quelques millimètres a deux ou trois centimètres, et qui disparaissent toujours par résolution.
Cette éruption, plus commune chez la femme que chez l’homme, occupe de préférence les endroits où la peau n’est séparée du périoste que par une couche très peu épaisse de parties molles; ainsi, elle se rencontre sur la partie interne des jambes, au niveau du bord postérieur et à la face interne du cubitus. Elle est annoncée, le plus souvent, par quelques jours de malaise, par de l’anorexie, un mouvement fébrile modéré, des picotements ou des démangeaisons sur les parties où elle doit se développer. Elle se manifeste sous forme de saillies isolées et éparses plus ou moins confluentes. Ces ' saillies, d’abord rosées et rouges, deviennent plus tard violacées, puis parfois jaunâtres ou verdâtres, comme les ecchymoses, et s’effacent après une durée d’une quinzaine de jours; mais elles procèdent par poussées, aussi bien que les douleurs et le gonflement articulaires qui les accompagnent, de sorte que la durée totale de cette éruption peut être d’un ou deux mois.
Urticaire. — Cette affection consiste en des élevures arrondies, des plaques blanches ou rosées, prurigineuses, qui paraissent et disparaissent rapidement sans laisser la moindre trace. Elle s’observe le plus souvent chez des personnes peu avancées en âge, à la suite d’émotions morales, de veilles, de fatigue intellectuelle, de l’usage de boissons excitantes. Ces diverses circonstances ne sont toutefois que l’occasion de la manifestation ortiée, dont
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la véritable cause est, en somme, la préclisjmsition hérédilaircb L’urticaire, en effet, est commune chez les descendants d’herpétiques; c’est un fait que nous avons été à môme de constater trop souvent pour qu’il y ait, à cet égard, le moindre doute dans notre esprit. Elle se rencontre à tous les Ages de la vie, car je l’observe, en ce moment même, chez un vieillard de quatre-vingts ans.
•Un de nos amis, pharmacien, né d’un père asthma-
tique, d’une mère grande, sèche, migraineuse ethémorrhoïdaire, fut atteint, pendant sa jeunesse, d’urticaire et de migraines; depuis lors, nous l’avons soigné pour une arthrite des deux genoux, puis pour une urticaire et enfin pour des accès d’asthme ; il est, de plus, hémorrhoïdaire. Son fils unique a été pris, à l’age de sept ans, sans eause appréciable, d’une urticaire qui a duré une quinzaine de jours. Je connais beaucoup de faits semblables; inutile de les rappeler, car ils n’en diraient pas davantage.
Les papules de l’urticaire ont une coloration rosée ou blanche, une forme circulaire, tandis que les plaques, le plus souvent irrégulières, offrent des bords saillants, festonnés, et une apparence de carte géographique. Les unes et les autres sont discrètes ou confluentes, fermes, plus ou moins saillantes, ne dépassent jamais la faee profonde du derme et tiennent vraisemblablement à un trouble vaso-moteur des limphatiques du tégument. Dans c|uelques cas, il existe au centre de ces saillies une petite tache noire r|ui n’est cju’une hémorrhagie capillaire déterminée par l’excès de congestion cutanée. Un mou-
1. Un jeune enfant de ma clientèle, dont les parents sont herpétiques, est atteint d’urticaire toutes les fois qu’il mange un œuf.
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vemenL fébrile se développe d’ordinaire avant l’apparition de l’éruption, et cesse lorsque celle-ci vient à se montrer; mais il reparaît quelquefois chaque jour à l’approche de la nuit, et se trouve suivi d’une poussée éi'iiptive. Chaque poussée est accompagnée de sensations de prurit, de picotements et de cuissons tellement intenses, que le malade est constamment occupé à se gratter et ne peut prendre de sommeil.
L’éruption ortiée a une marche aiguë, elle dure de sept à huit jours, et se termine par résolution; mais si la congestion est intense, il reste à sa suite une tache ecchymotique qui ressemble à une piqûre d’insecte. Quelquefois, l’urticaire a une marche lente et une durée totale beaucoup plus longue (urticaire chronique), elle se présente sous l’aspect de papules rosées ou blanchâtres, de plaques arrondies, échancrées ou allongées, semblables à celles que produisent les piqCires d’orties. Ces plaques, les unes complètement pales, les autres décolorées à leur centre, et entourées d’une auréole rouge, sont disséminées plutôt que confluentes, accompagnées d’un gonflement œdémateux dans les régions pourvues d’un tissu conjonctif lâche, et associées à un prurit excessif, cause d’insomnie, de fatigue et d’amaigrissement. Ces éruptions procèdent par poussées successives qui ont chacune, une durée éphémère et qui disparaissent en laissant à leur suite une légère tuméfaction de la partie affectée. Elles se montrent de préférence vers le soir ou dans la nuit, se reproduisent avec opiniâtreté durant des mois, des années, et peuvent môme exister pendant toute la vie.
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Purpura. — Il existe une l'orme de purpura qui, pav son évolution aussi bien que par les phénomènes qui lui font cortège, mérite d’être rapprochée des érythèmes et de rurticaire dont il vient d’être question. Cette éruption que caractérisent des taches de quelques millimètres de diamètre, rouges et ne s’effaçant pas sous le doigt, occupe le plus souvent les membres et de préférence les membres inférieurs. Elle est précédée de tiraillements douloureux, de picotements au niveau des articulations, celles des genoux et des cous-de-pied notamment, et quelquefois accompagnée de symptômes fébriles de peu d’intensité. Apparaissent ensuite, au niveau des articulations douloureuses ou sur d’autres régions, des taches d’un rouge sombre, livides ou presque noires, qui ne changent pas d’aspect sous la pression du doigt. Elles sont constituées par l’extravasation du sang, légèrement saillantes, aplaties et circonscrites pendant un certain temps par de la congestion et de l’œdème; elles ont une forme arrondie, et une étendue qui varie depuis celle d’un grain de chènevis jusqu’à celle d’une lentille. Au bout de vingt-quatre à quarante-huit heures, elles prennent une teinte plus foncée, d’abord brun rouge, puis jaune, et disparaissent sans desquamation après une durée de huit à dix jours. Néanmoins, pendant le cours de cette évolution, il se manifeste quelquefois de nouvelles douleurs et, en même temps, il survient une seconde ou même une troisième éruption; de sorte que la maladie peut se prolonger pendant plusieurs semaines.
Cette forme de purpura présente dans sa marche une ressemblance frappante avec l’érythème noueux et l’urticaire; de plus, elle est, comme ces éruptions.
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généralement accompagnée de tuméfaction articulaire et souvent aussi d’un œdème de voisinage plus ou moins étendu. Elle a été fatale chez une jeune fille de dix-neuf ans que j’ai observée lorsque j’étais interne. Cette personne, un peu surmenée, mais forte et bien constituée, se plaignait à son entrée à l’bôpital de douleurs articulaires dans les genoux et dans quelques autres articulations sans gonflement marqué; quelques jours plus tard un purpura apparut sur les jambes, les douleurs gagnèrent le dos et les épaules, puis il survint une diarrhée sanguinolente, une péritonite mortelle. Entrée le 2 décembre, cette malade succombait le 11 du même mois. Indépendamment des , taches de purpura, qui étaient en grande partie effacées, il existait à l’autopsie une vive injection de la synoviale des genoux, des fausses membranes et une faible quantité de pus dans le péritoine. La dernière portion de l’intestin grêle était occupée par des taches rouges disséminées, semblables aux taches de purpura, et à leur niveau la membrane muqueuse était ramollie et comme gangrenée; là sans doute était le point de départ de la péritonite qui avait amené la mort.
Cette éruption s’observe chez des individus vigoureux, souvent à la suite de fatigues, chez les personnes nerveuses atteintes de rhumatisme chronique ou simplement prédisposées à cette affection. Or, si nous remarquons qu’elle est précédée de phénomènes douloureux et souvent brusques, nous sommes conduits à la rattacher, comme celles qui précèdent, a un désordre de l’innervation vaso-motrice, et à la rapprocher des hémorrhagies viscérales qui s’ob-
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servent à la suite d’une lésion materielle de l’encéphale.
Lichen. — Caractérisé par des élevures solides, etites, l’épaississement, la sécheresse et le prurit de la peau, le lichen est une affection tantôt aiguë, tantôt chronique. Dans sa forme aiguë, cette affection apparaît au moment des grandes chaleurs, envahit de préférence la face dorsale des mains, les avant-bras, et se traduit par une éruption de papules qui ont une coloration rosée et sont le siège de démangeaisons modérées. Annoncé, sinon accompagné, par des phénomènes fébriles de peu d’intensité, de l’inappétence, de la courbature et de la céphalalgie, le lichen aigu dure peu; les papules perdent rapidement leur coloration rouge, elles s’affaissent et disparaissent par desquamation furfuracée.
Le lichen chronique, de beaucoup le plus commun, se manifeste par une éruption de papules acuminées, de la grosseur d’un grain de millet, réunies et groupées de manière à former des plaques inégales et rugueuses qui siègent de préférence sur la partie antérieure et interne des membres, à la face et au cou. Ces papules ne présentent aucune coloration anormale, mais la peau se sèche et s’épaissit peu à peu à leur niveau, et dans les régions mobiles comme les coudes, les mains, le creux poplité, elles deviennent le siège de gerçures, de crevasses et de fissures plus ou moins profondes.
Le prurit, qu’augmentent la chaleur du lit, l’usage des boissons excitantes, celui du café en particulier, est pénible pour le malade, qu’il oblige à se lever peu-
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dant la nuit, à se promener, à se couclier sur le sol, et à exercer des grattages continuels. Les papules excoriées et irritées se couvrent à leur sommet de petites croûtes ou de squames, qui, adhérentes sur un point et libres dans le reste de leur étendue, simulent les lichens qui recouvrent les vieux arbres.
Cette affection évolue avec lenteur, car souvent, après un léger degré d’amélioration, il se produit des poussées nouvelles qui viennent ajourner la guérison; aussi est-il difficile d’en fixer la durée. Assez habituellement, elle laisse à sa suite un épaississement et une coloration brune de la peau qui disparaissent lentement.
Le lichen se montre de préférence dans le jeune âge ou dans l’âge mûr; il est provoqué par certaines professions comme celles d’épicier, de boulanger, de teinturier, qui exigent le maniement de substances irritantes, par l’usage des boissons excitantes, et il coexiste fréquemment avec des migraines, de la gastralgie, de l’entéralgie, etc., phénomènes nerveux qui ne sont que des manifestations d’un même état morbide général.