II. — ÉRUPTIONS SQUAMEUSES
Ces éruptions se présentent sous la forme de taches rouges étalées, disséminées et étendues qui se couvrent de squames sèches, blanchâtres, furfuracées ou lamelleuses. De là deux genres d’affections squameuses : le pityriasis et le psoriasis.
Pityriasis. — Cette éruption a pour caractère l’altération des couches superficielles du derme avec exfolia-
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lion (le pelilcs squames fnrfuracées. Elle se présente sous deux aspects un peu différents suivant l’intensité des phénomènes congestifs qui lui font cortège, d’où un pityriasis alba et un pityriasis nlbra; mais en somme celte division a peu d’importance. L’éruption est caractérisée par des plaques irrégulières rouges ou rosées, peu ou pas saillantes, séparées d’abord par des intervalles de peau saine, mais qui se réunissent et s’étendent ensuite à une grande surface. Ces plaques ne tardent pas à se couvrir de squames qui se détachent sous la forme d’une poussière blanchâtre ou grisâtre; elles sont accompagnées de vives démangeaisons qu’augmente la chaleur, et se développent sur tous les points du corps, particulièrement aux parties supérieures du tronc et à la tète.
Le pityriasis herpétique, dont la marche est ordinairement chronique, se montre parfois sous forme de poussées aiguës et diffère si peu de V eczéma riibrum que beaucoup d’auteurs renoncent à l’en distinguer. Il est plus fréquent dans l’adolescence et l’âge adulte qu’aux autres époques de la vie. Très peu grave par lui-même, il ne compromet jamais l’existence, mais il est dans quelques cas d’une gêne excessive, tant par les démangeaisons qu’il occasionne que par les inconvénients sérieux qu’il présente lorsqu’il siège sur la face et le cuir chevelu.
Psoriasis. — Manifestation commune del’herpétisme, le psoriasis est caractérisé par la présence de squames épaisses, blanches, nacrées, reposant à la surface de la peau sur des plaques irrégulières, saillantes, d’un rouge foncé ou cuivré. Il se montre sur toutes les parties du
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tégument externe, mais il a une prédilection marcpiée pour les régions des coudes et des genoux, la partie antérieure de la tête, la racine des cheveux, etc.
Les plaques psoriasiques, tantôt disséminées, irrégulières ou arrondies, tantôt agminées et groupées, sont recouvertes de squames épaisses, formées par des lamelles épidermiques superposées et imbriquées. Ces squames offrent à leur face profonde les empreintes des papilles du derme sur lesquelles elles sont moulées, tandis qu’à leur face libre elles sont irrégulières et imbriquées. Sèches et adhérentes à la peau, elles ont une coloration blanche, argentée, plus rarement une teinte un peu terne qui les fait ressembler à des taches debougieou de plâtre gâcbé; , elles tombent et se reproduisent d’une façon incessante. La surface du derme sous-jacent est hérissée de nombreuses inégalités rouges, violacées, ou cuivrées, et quelquefois semée de fentes et de gerçures, surtout si la paume des mains, la plante des pieds, et les plis articulaires sont le siège de la localisation.
Dans le plus grand nombre des cas, cette éruption se fait remarquer par une symétrie pour ainsi dire parfaite, même lorsqu’elle existe sur une grande surface; elle est le siège d’un prurit qui, quoique peu intense, s’exagère quelquefois pendant la nuit et devient insupportable. A part ce désordre,la santé générale n’est pas troublée ; mais on voit souvent coexister avec le psoriasis des migraines, des hémorrhoïdes, des gastralgies et même, à une période avancée, les lésions de l’arthrite sèche ou noueuse.
C’est en effet ce qu’il m’a été donné d’observer chez plusieurs malades et notamment chez un homme de soixante-huit ans, traité à deux reprises différentes dans
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mon service. Gel homme avait chaque année vers le mois de mars, depuis l’Age de quinze ans,uneéruption de psoriasis qui ne disparaissait jamais totalement. Ce psoriasis occupait d’abord les sièges d’élection, puis il finissait par se généraliser. Dans les années 1880 et 1881, il formait de larges plaques blanches écailleuses sur les membres qu’il couvrait presque entièrement, et, fait digne de remarque, les parties restées saines étaient d’une symétrie parfaite aussi bien sur les membres que sur le tronc ; à la plante des pieds, à la paume des mains et à la tête, il n’existait que des taches isolées et disséminées.
Ce malade souffrait en outre, depuis sa jeunesse, d’une angine granuleuse, il avait une calvitie ancienne de tout le sommet de la tête, et se plaignait depuis un certain nombre d’années d’élancements douloureux dans la continuité des membres et particulièrement dans les articulations des genoux. Lorsqu’on venait à les mouvoir, ces articulations étaient le siège de Craquements secs et rudes, fort désagréables ; celles des phalanges des mains présentaient pour la plupart les déformations connues sous le nom de nodosités de Héberden. Les artères les plus superficielles étaient élargies et indurées.
Le psoriasis est une affection chronique qui procède par poussées successives et peut durer toute la vie; il présente aux changements de saison des exacerbations qui ont porté quelques auteurs à décrire un psoriasis aigu. A moins d’occuper la surface entière de la peau, cette éruption ne détermine pas de désordres fonctionnels graves; aussi la mort qui survient dans son cours, en est-elle le plus souvent indépendante. Le psoriasis offre des différences de siège qui méritent de nous arrêter.
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Le psoriasis capüis s’observe de préférence à la racine des cbeveux, eL débute presque toujours par la région frontale; il est constitué par des plaques arrondies, sèches, disséminées quelquefois jusque dans les cheveux. Ces plaques sont recouvertes de squames minces au-dessous desquelles la peau est rouge, épaissie et plutôt rugueuse que lisse. Les bulbes pileux ne sont pas atteints, et, si les cheveux viennent à tomber, ils repoussent. Cette affection, rarement limitée au cuir chevelu, se rencontre presque toujours simultanément sur le front, le thorax, et surtout aux coudes et aux genoux.
Le psoriasis qui affecte la paume des mains et la plante des pieds reste quelquefois limité à ces seules régions; mais d’autresfois il envahitla main et le pied tout entiers.
' Il est caractérisé par la présence de larges squames et par des fissures profondes qui intéressent l’épiderme et le derme, enfin par une teinte rouge de la peau qui est épaissie; aussi les mouvements sont-ils douloureux, et la préhension et la marche se tronvent-elles souvent gênées ou empêchées. Le psoriasis du prépuce et du scrotum est caractérisé, comme le précédent, par dessquamesminces, molles, etpar des fissures; il peut rendre les érections douloureuses ou même s’opposer à l’accomplissement du coït.
L’hérédité est la principale cause du psoriasis. Plus fréquente dans le sexe masculin que dans le sexe féminin, cette affection se montre surtout dans l’adolescence, elle est une des manifestations les plus communes et les plus tenaces de l’herpélisme.
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