prurit. D’autres fois le glycérolé d’amidon simple ou
iï mêlé à des substances médicamenteuses parvient à
i; faire cesser ce désordre; j’en dirai autant des prépa-
rations phéniquées, des solutions de phénate, de borate de soude, etc., et aussi des pommades au calomel, à l’oxyde de zinc et à la morphine. Il importe de savoir que l’emploi de ces agents topiques est chose délicate, et que l’indication du choix à faire n’est pas toujours indifférente. Rien n’a plus de tendance à se congestionner et à s’enflammer que la peau de certains herpétiques; c’est au point que la plupart des substances étrangères l’irritent, y déterminent une éruption ou du moins de la démangeaison. Un de mes malades, homme
des plus robustes, se trouvait dans ces conditions ; sa peau ne pouvait supporter l’action d’aucun agent extérieur, à tel point que l’application d’un cataplasme de farine de lin suffisait à développer chez lui une éruption de toute la surface cutanée. Une dame à laquelle je donne des soins offre une disposition à peu près semblable : elle ne peut se laver qu’avec de l’eau chaude ; si elle vient à y ajouter un liquide quelconque, elle éprouve presque invariablement de la rougeur et de la cuisson ; aussi ne peut-elle supporter l’usage d’aucun savon.
Les topiques qui s’adressent aux herpétides du nez, de la bouche, du pharynx et même du larynx, diffèrent peu de ceux dont on fait usage pour combattre les manifestations cutanées; ils sont pulvérulents ou liquides. Les topiques pulvérulents le plus fréquemment employés sont les poudres d’alun porphyrisé et de calomel que beaucoup d’auteurs mélangent, ou encore celles de sousnitrate de bismuth, de sulfate de zinc, etc. Ces poudres, insufflées sur la partie malade à l’aide d’un tube de caoutchouc, déterminent des effets manifestes sur les affections érythémateuses, mais peu sensibles sur celles qui sont accompagnées d’hypertrophie des glandules.
Les substances liquides le plus généralement employées en pareil cas sont des solutions de nitrate d’argent cristallisé, de sulfate de cuivre, que l’on porte à l’aide d’un pinceau de charpie ou de blaireau sur la partie lésée, la teinture d’iode mélangée avec parties égales de teinture thébaïque, ou encore l’iodure de potassium dissous dans la glycérine et additionné d’une faible quantité d’extrait d opium. Lorsqu il s agit de la membrane muqueuse du pharynx ou de celle de 1 arriere-cavité des fosses nasales.
TRAITÉ DE L’UERPÉTISME.
il est préférable de se servir, comme porLe-causlique, d’une tige de baleine terminée par une petite éponge solidement attachée à son extrémité. Les cautérisations ne seront pas pratiquées après les repas, dans la crainte de provoquer des vomissements, et les malades seront astreints à garder le silence, si la cautérisation porte en même temps sur le larynx. Elles seront répétées chaque jour et mieux tous les deux ou trois jours, lorsque la lésion sera le siège d’une modification déjà notable. Les topiques gazeux sont rarement employés dans ces circonstances; les fumigations émollientes n’offrent d’avantages réels que dans les cas d’inflammation aiguë, et les vapeurs de goudron n’ont pas une grande utilité. Néanmoins, les malades se trouvent bien de mettre cette substance en évaporation dans la chambre qu’ils habitent.
L’usage de cigarettes fabriquées avec du papier non collé, préalablement trempé dans une solution d’acide arsénieux, déjà préconisé par Trousseau dans certaines affections chroniques du larynx, trouve quelquefois une application utile chez les personnes qui ont des affections herpétiques de la gorge et des voies aériennes. Les vapeurs de poudre de belladone et de jusquiame constituent un moyen souvent efficace contre les accès d’asthme nerveux; les cigarettes de feuilles de belladone, de jusquiame et de stramonium sont employées dans les mêmes circonstances avec un réel succès.
La pulvérisation de l’eau a eu, il y a une dizaine d’années, un grand retentissement dans la thérapeutique des désordres herpétiques de la gorge et du larynx. Beaucoup de malades sont enchantés de ce moyen qui diminue la sécheresse et la cuisson de la membrane muqueuse de
ces parties et soulage momentanément. Cependant il ne faut pas s’illusionner sur cette thérapeutique locale et croire qu’elle suffise à la guérison définitive d’affections aussi rebelles que celles de l’herpétisme, qui exigent toujours un traitement général longtemps continué.
Les révulsifs sont indiqués lorsqu’il existe des arthrites un peu aiguës avec épanchement séreux. Nous faisons couvrir alors l’articulation d’un emplâtre vésicatoire , qui est levé au bout de peu de temps et que l’on panse ensuite avec un cataplasme de farine de lin ou de fécule de pomme de terre, ou encore avec de l’huile si le cataplasme ne peut être supporté. Le vésicatoire rend, d’un autre côté, de réels services dans les cas de poussées aiguës du côté des bronches ’et même dans les bronchites chroniques, à la condition qu’il ait une certaine étendue; autrement il n’a que peu d’avantages. Les frictions d’huile de croton sont également utiles et pourront être substituées au vésicatoire, si le malade le désire.
Les cautérisations superficielles, et principalement celles qui sont faites à l’aide du cautère potentiel, comme les pointes de feu, ont été quelquefois employées localement pour combattre des arthrites de l’herpétisme, mais le plus souvent sans succès certain.
L’électricité a servi dans le traitement des mêmes affections. Remak, Erb et Niemeyer, en Allemagne, ont fait passer des courants continus au niveau des articulations; mais le mieux, sans doute, serait de faire usage de ces courants sur le trajet de la colonne vertébrale, d’agir sur la moelle épinière, afin de chercher à en modifier le fonctionnement irrégulier au point de vue de la nutrition des membres. Dans la première période
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de l’iierpélisme, l’éleclricilé peut servir à combatlre les douleurs cL même les spasmes.
Les surfaces articulaires douloureuses seront maintenues immobiles autant que possible, pour ce fait que l’ankylose est peu à redouter, et même il peut y avoir avantage dans quelques cas à placer les membres dans une gouttière ou un appareil contentif. En effet, les mouvements communiqués aux articulations, ou les simples essais de lutte contre les attitudes vicieuses des membres, éveillent parfois de vives douleurs suivies de chaleur, de tuméfaction dans les jointures, et de poussées inflammatoires qu’il devient nécessaire de traiter.
En somme, le traitement del’herpétisme, comme celui de toute maladie chronique générale, doit remplir un double but : modifier la prédisposition héréditaire ou acquise, combattre les manifestations morbides.
Les agents hygiéniques ; diète, hydrothérapie, gymnastique, sont les moyens à l’aide desquels on parvient à atteindre le premier but ; quelques médicaments peuvent leur venir en aide. Les grands modificateurs du système nerveux ; sulfate de quinine, bromure et iodure de potassium, arsenic, etc., sont les agents thérapeutiques les plus utiles pour s’opposer aux progrès des désordres fonctionnels et matériels qui caractérisent l’herpétisme et pour les faire cesser, car ces désordres ont, comme nous l’avons dit, leur source dans un dérèglement du système nerveux.