‹ Traite de lithographieChapitre 18 sur 63 · PRESSE DE M. NAUMANN A FRANCFORT · texte numérisé non relu

PRESSE DE M. NAUMANN A FRANCFORT

Construction

A (PL IX), bâtis de la presse; B, chariot; C, chassé ou tympan, uiobUe autour des charnières D, D, qui peuvent se monter ou descendre suivant l'épaisseur des pierres, et maintenu dans sa position inclinée, lorsqu'il est ouvert, par les prolongemens E, E, des deux côtés du châssis, qui viennent s'appuyer contre le chariot pour l'empêcher de tomber en arrière. F, cylindre en fer qui remplit eu même temps les fonctions de point de résistance à la pression, et de moteur par rapport au chariot. A cet effet, il est garni à chacune de ses extrémités du-

ne roue dentée qui engrène clans des crémaillères en fer, placées des deux côtés sous le chariot, au moment où celui-ci est amené sous le râteau , et où la pression le fait descendre sur le cylindre. G, G, petits rouleaux en bois qui servent à soutenir le chariot. Leurs axes reposent sur un châssis intérieur H, mobile, qui est soutenu aux quatre coins de la presse par des ressorts I, assez forts pour supporter le poids de la pierre et du chariot; mais cédant à la pression du râteau. Par cette disposition le chariot, supporté par ces petits rouleaux, passe sur le cylindre du milieu sans le toucher, lorsqu'on l'amène sous le râteau, et lorsqu'on le fait revenir à sa place après que la pression est achevée. Il n'engrèue avec les roues à dents qu'autant que dure la pression.

R, butoir qui est destiné à arrêter le chariot, au point où la pression doit commencer. Ce butoir est supporté par un ressort en communication avec le petit levier L, qui dépasse le bâtis de la presse. 11 se trouve abaissé par les leviers de pression et entraîne avec lui le mentonnet, afin que le chariot puisse passer par dessus, une fois la pression opérée. Celui-ci continue alors sa course jusqu'à ce qu'il se trouve arrêté par un second butoir M, fixé sur le bâtis de la presse, et qui détermine la fin de la course. Ces deux pièces ont dans le milieu une coulisse qui permet de changer leur position au moyen des vis N , \ , de manière à régler avec la plus grande exactitude la longueur de la course du chariot, suivant celle du dessin à imprimer. O, manivelle fixée sur l'axe du cylindre F. Il y en a une pareille à son autre extrémité : elles servent à faire avancer le chariot par le mouvement de rotation qu'elles impriment au cylindre. P, porte-rateau composé de deux joues en fer entre lesquelles le râteau est maintenu. La pression est réglée par la vis Ç», appuyée sur le ressort K qui, à son tour, presse sur le râteau. Comme toutes les pièces qui produisent et soutiennent la pression sont fixes, ce ressort est devenu nécessaire pour donner un peu d'élasticité à la pression.

Le porte-rateau est à coulisse dans les montans en fonte X, et fixé au moyen des tourrillons Y, aux pièces S, S. Celles-ci sont liées par leur extrémité inférieure aux leviers T, T, mobiles autour du boulon U. Lorsque ces leviers se trouvent dans une position verticale, le porte-rateau est arrivé au point le plus élevé, et il suffit de les abaisser dans la position T', pour que la pression s'opère.

La réunion de ces deux pièces forme un système de leviers qui , agissant par un mouvement circulaire, atteint son maximum de force au moment où il arrive à la fin de sa course, et donne alor» une très-forte pression sans exi-

ger un grand effort (i). L'impression terminée, on relève les leviers T, T, qui sont maintenus dans cette position par un contre poids, placé dans l'intérieur de la presse.

Manœuvre.

L'imprimeur est placé en V et l'aide vis à vis de lui en W. Lorsque la pierre est encrée et le papier placé, l'imprimeur ferme le châssis, le saisit de la main droite et l'aide de la main-gauche, et ils le poussent sous le râteau jusqu'au point où il se trouve arrêté par le mentonnetK.. Alors l'imprimeur saisit le levier T de la main gauche, et l'aide celui qui est de son côté de la main droite, et ils les abaissent jusqu'à la position T'. Ensuite ils prennent chacun une manivelle des deux mains, et la tournent rapidement. Arrivés au bout de la course, ils relèvent les leviers et, saisissant chacun le chariot d'une main, le ramènent à sa place, pour recommencer une nouvelle épreuve.

(i) Beaucoup de mes lecteurs, peu familiers arec les principes de la mécanique, ne comprendront peut-être pas pourquoi ce levier gagne considérablement de force en approchant du terme de sa course. Une courte explication des principes sur lesquels repose ce système de leviers , si souvent employé aujourd'hui sous mille formes et dispositions diverses, surtout dans les presses typographiques, pourra , je pense, leur être agréable.

La ligne abc (Planche rx, Fig. 2), figure le levier T, tournant autour de l'axe c; la ligne b il, représente la pièce S fixée en b, au coude que forme le levier a b c et au râteau, par l'extrémité rt. Pour rendre la progression de la force plus sensible, nous diviserons en six parties égales f,/,f,*, i, k, le quart de cercle que parcourt le levier a b c. Si on fait franchir à ce levier la première distance a e, l'extrémité supérieure de la pièce b <l , baissera de la distance comprise entre les lignes /, m, qui est à peu près le 7e de la distance parcourue par l'extrémité du levier : par conséquent la force produite «ur le râteau équivaudrait à environ 7 fois la force employée. Ainsi,

Poqr l'arc décrit ae.U plie* * d sot* baissé de / , m , équivalant sa 7* du chemin décrit par l'extrémité do levier.

Id.

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donc que pendant que l'extrémité du Ici

•ier a p

arcouru la dern

1ère distance 1 k, lextré-

mité supérieure de la pièce b d n'a avancé que de la petite distance 7 r; de-sorte que, si, en faisant décrire au levier le premier arc a e, on n'a produit qu'environ 7 fois la force employée, ce levier, en parcourant la dernière distance 1 A, rendra sur le râteau 5o fois la'puissance.

Observations.

Le mouvement de cette presse est prompt et commode. Elle est d une construction solide, propre à résister à toutes les pressions. Le système de leviers adopté par M. Nauraann est celui qui, avec le moins d'effort, donne le plus grand résultat. Il est bien préférable à la vis de M. Schlicht , en ce qu'il est plus prompt à mouvoir, qu'on ne perd que très-peu de force par le frottement, qu'il donne une plus forte pression, et qu'on n'est pas obligé de tenir les leviers pendant qu'on fait le tirage, puisqu'ils restent en place par suite de leur forme même.

Le mouvement des manivelles est plus expéditif que celui d'un moulinet; mais il est fatigant, et je crois ce dernier préférable, surtout s'il s'agissait de tirer de grandes pierres, sous une forte pression.

Un autre reproebe que je ferai à la presse de M. Naumann, c'est le grand nombre de ressorts qui entrent dans sa construction. Les ressorts sont fort difficiles à faire de manière qu'ils aient l'élasticité convenable sans être cassans. Celui qui soutient le râteau, et qui doit être très-fort, est surtout une pièce bien difficile, à réussir; et je crois que si M. Naumann plaçait les coussinets de son cylindre sur de longues pièces de bois, comme le fait M. Schlicht, il éviterait ce ressort et obtiendrait une élasticité plus complète. 11 serait peut-être aussi possible d'éviter ceux qui soutiennent la bâtis H. Si, au lieu de faire descendre le râteau sur la pierre, M. Naumann faisait remonter le rouleau, pour donner la pression du bas en haut, tous les supports du chariot resteraient alors, fixes et rouleau le seul serait mobile. Ces perfectionnemens ne sont cependant qu'accessoires , et lorsqu'on a réussi à faire de bons ressorts , leur emploi ne présente pas de grands inconvéniens. Je me rangerai donc volontiers de l'avis d'un grand nombre de lithographes de l'Allemagne, qui considèrent la presse de M. Naumann comme la meilleure de celles à deux ouvriers.

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