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PRESSES A DEUX OUVRIERS

Presse à montant brisé, inventée par Senefelder..

Cette presse connue généralement sous le nom de presse-gibet (@alfl<n« •=Pr<flf« ), a succédé immédiatement à la presse à rouleaux dont Senefelder s'était servi pour ses premiers essais; elle est donc la plus ancienne, et a été employée jusqu'à ce que M. le professeur Mitterer eût inventé la presse à levier et à moulinet.

Construction.

Elle se compose d'un bâtis A (PL vi), qui supporte la table B. Sur cette table est fixé un châssis C, dans lequel on place la pierre, recouvert d'un autre châssis I), qui y est fixé au moyen de deux charnières qui permettent de l'exhausser et de l'ahaisser, suivant l'épaisseur de la pierre. Les deux vis E, E, placées au côté opposé aux charnières, servent également à le fixer à la hauteur convenable pour que le cuir ne touche pas la pierre. Lorsque ce châssis est ouvert, il vient s'appliquer sur la pièce F. G, cuir qui y est fixé par un barreau de fer serré par les boulons H, H, H, H, H , et tendu par les vis I, I, I, I, I. K, montant dans lequel est assujetti le râteau L, par le boulon M; ce montant

a une brisure en N, qui forme une espèce de genou et permet de ployer le râteau en arrière pour le placer sur la pierre. On redresse alors le genou en poussant le montant; ce qui donne déjà un petit commencement de pression.

A. sa partie supérieure le montant K est fixé à la planche O, par une double charnière qui lui permet un mouvement en arrière et en avant, pour faire le tirage, et un autre mouvement latéral, pour l'accrocher contre la pièce P, ainsi qu'on le voit par les lignes ponctuées, pendant qu'on encre la pierre. La planche O doit être d'un bois dur et en même temps élastique, du noyer par exemple ; afin de faire ressort, tant pour relever et supporter le montant porte-rateau , et tout l'ajustage qui sert à faire la pression , que pour compenser l'arc de cercle que décrit le râteau en passant sur la pierre pour opérer la pression. Cette planche est fixée à la partie supérieure du bâtis par les vis X , X , et soutenue à l'une de ses extrémités par le tasseau Q , afin que l'autre se relève d'elle-même lorsqu'on cesse d'appuyer sur la pédale, fi , pédale, réunie au levier S par la tige en fer T, percée de plusieurs trous afin de pouvoir augmenter ou diminuer la pression. Le levier S tourne autour du boulon U; il porte dans son milieu une mortaise que traverse la barre de fer V, qui réunit ce levier à la planche O.

Mouvement.

Cette presse exige deux ouvriers, l'un placé du côté où se trouve la pédale, et l'autre vis à vis de lui. Ce dernier est l'imprimeur proprement dit: c'est lui qui encre la pierre. L'aide pose le papier, l'imprimeur ferme alors le châssis D; l'aide saisit le montant K, courbe le genou N, et place le râteau sur la pierre recouverte du châssis, du côté de l'imprimeur; il marche alors sur la pédale pour donner la pression, il saisit la traverse cylindrique W, des deux mains, et tire à lui le râteau, tandis que l'imprimeur le pousse, également des deux mains. Aussitôt que le râteau est parvenuà l'autre extrémité de la pierre, l'aide abandonne la pédale, qui se relève; il tire à lui le genou N, pour le courber et remet le râteau derrière la pièce P. L'imprimeur ouvre le châssis, et pendant qu'il promène le rouleau sur la pierre à l'encre pour le charger, l'aide enlève l'épreuve et humecte la pierre.

Observations.

Tous ces mouvemens s'exécutent facilement et promptement, puisque tout se trouve sous la main des imprimeurs et que la manœuvre est répartie de telle sorte qu'elle se partage également entre les ouvriers, et que tous deux sont con-

stamment occupés. De là naît une grande promptitude dans le tirage, qui peut être évalué de 1000 à 1500 épreuves par jour d'une pierre, de 15 à 18 pouces. C'est cette promptitude dans le tirage qui a décidé beaucoup d'imprimeurs de l'Allemagne à conserver cette presse malgré ses défauts.

D'abord, à mes yeux, c'est déjà un défaut à une presse que d'exiger deux ouvriers, ainsi que je l'ai démontré dans les notions générales qui précèdent ces descriptions. Celle-ci présente en outre cet autre inconvénient, qu'on ne peut y imprimer que des planches qui n'exigent pas une forte pression ; car, si on serrait fortement les leviers, le frottement du râteau deviendrait si dur que les imprimeurs ne pourraient plus le pousser. Déjà même, sous une pression moyenne, son mouvement exige un effort assez grand, et le travail est très-fatigant. En outre, le coup que donne le mouvement de l'ouvrier pour briser le genou du montant, après l'épreuve tirée, fait un bruit fort désagréable, et si plusieurs de ces presses travaillent dans le même atelier, on ne peut plus s'entendre parler. Elle prend beaucoup de place en hauteur et ne pourrait être employée dans un atelier qui ne serait pas très-élevé. Elle doit être étanconnée au plafond; ce qui communique la trépidation et le bruit de son mouvement à l'étage supérieur.

Je donne donc la description de cette presse plutôt comme pièce historique que comme un modèle à imiter.

PMESSE ACCÉLÉRÉE,

De M. Trenlsenskj- à Vienne.

M. Trentscnsky ayant un grand nombre d'étiquettes pour tabacs à imprimer, et ces étiquettes devant être livrées à très-bas prix, sans qu'on exigeât aucune perfection pour leur exécution, fit construire la presse suivante, qui convenait assez bien à ce genre de travail.

Construction.

A ( Pl. VII), bâtis de la presse; B, pierre posant sur une table fixe; C, châssis sur lequel se trouve tendu un cuir garni d'un drap, du côté qui touche la pierre; D, rouleau de pression qui remplace le râteau; il est en fer et surmonté de la caisse E, remplie de matières lourdes (M. Trcntsensky y met des boulets de canon réformés), du poids d'environ 12 quintaux. Lorsque cette caisse est en repos, elle est supportée par trois galets F, F, F, roulant sur des chemins de fer. Ceux qui supportent les deux galets de devant, se terminent en pente du côté de

la pierre; de sorte que, lorsque les galets sont parvenus à peu près à la moitié de cette pente, ils cessent de supporter la charge. Celle-ci pèse alors de tout son poids sur le cylindre D, qui a atteint en ce moment le point de la pierre où la pression doit commencer; G, G, poignées qui servent à mouvoir la caisse E.

Manœuvre.

Cette presse est faite pour deux ouvriers. Lorsque la pierre est encrée, le papier posé, et le châssis fermé, chacun d'eux saisit la caisse par une de ses poignées et la fait rouler sur la pierre, en la repoussant immédiatement à sa place.

Obsenations.

Le mouvement de cette presse est prompt et facile, puisqu'une partie a lieu sur les chemins de fer, et fatigue très-peu les ouvriers. La pression du rouleau n'est pas très-forte, et cependant, surtout pareequ'il passe deux fois, elle est suffisante pour des ouvrages peu délicats. L'emploi de ce rouleau est préférable aussi pour des tirages sur papier de mauvaise qualité, rempli de sable, nœuds et autres impuretés, qui nécessiteraient à chaque instant le dressage du râteau. Je pense que pour des ouvrages très-communs, elle pourrait bien mériter la préférence sur des machines plus précises, mais aussi plus sujettes à se détériorer par l'imperfection du papier employé.

PRESSE DE M. SCHLICHT A MAOTfHElM.

Construction.

A, A, A, A (PL VIII), pieds de la presse sur lesquels sont fixées les jumelles B, B, portant les montans C, C, destinés à soutenir la traverse D. E, vis de pression, qui passe dans un écrou de forme conique renversée, enfoncé dans la traverse D; elle est à triple filet, afin qu'un demi-tour suffise pour donner la pression. Sa partie supérieure est de forme hexagone et s'ajuste dans le levier F. Cette disposition permet à l'imprimeur de placer aisément le levier à portée de sa main, après avoir réglé la hauteur convenable de la vis, suivant l'épaisseur des pierres. L'extrémité inférieure de cette vis se meut dans une crapaudine placée dans l'épaisseur du porte-rateau G, et y est maintenue par deux bandes de fer ù, ù, qui s'ajustent dans un collet entaillé dans la vis, afin que le porte-rateau remonte avec elle. Ce porte-rateau est mobile dans les coulisses H, pratiquées dans les montans C, C; le râteau I, y est fixé au moyen du boulon K.

L, chariot, dont les deux extrémités portent les galets M, M (indiqués par des lignes ponctuées, puisqu'ils sont dans l'intérieur de la presse), qui roulent sur la pièce N, et le soutiennent lorsqu'il n'est plus porté par le grand cylindre, afin de l'empêcher de basculer. O, châssis ou tympan; il est réuni au chariot par deux charnières qui permettent de le monter ou de le descendre, suivant l'épaisseur des pierres. Il se compose de trois côtés en bois P, P, P, et d'un quatrième en fer Q, de la même largeur que ceux en bois; mais n'ayant que trois lignes d'épaisseur, afin de pouvoir passer sous le râteau sans qu'on ait besoin de le lever beaucoup. Le cuir est cousu autour de cette traverse et tendu à l'autre bout par deux vis H, R, qui s'accrochent dans une tringle passée dans un ourlet. Comme le bout des vis gênerait le mouvement du châssis, s'ils le dépassaient extérieurement, M. Scblicht en a placé les écrous à l'intérieur; ils portent une gorge et sont retenus par des plaques de fer vissées sur le cadre.

Lorsque le châssis est ouvert, il vient se poser sur une croix en fonte S, qui porte au milieu de ses branches une coulisse destinée à recevoir les boulons T, T, servant à y fixer des plaques de fer dont la forme est celle de fers à cheval, et qui portent les pointes d, d, traversant le cuir. Ces pointes sont destinées à recevoir les feuilles de papier, lorsqu'on veut les imprimer des deux côtés; le cadre U, sur lequel sont tendus de petits rubans V, V, se rabat ensuite sur la feuille, pour la maintenir à sa place, pendant qu'on ferme le châssis.

Au milieu de la presse se trouve un gros rouleau en bois (indiqué par des lignes ponctuées). Le chariot y est attaché par une sangle logée dans une rainure pratiquée sous le milieu de son fond; il est soutenu par deux coussinets qui reposent sur les pièces W, fixées dans les pieds A. Par l'effort de la pression, ces pièces se courbent du haut en bas et celles B, du bas en haut; ce qui donne à la pression l'élasticité convenable pour être constante, malgré quelques inégalités qui pourraient se trouver dans la pierre.

Le cylindre en bois est traversé par un axe en fer, qui porte à son extrémité une plaque de fonte Y, en forme d'étoile à neuf branches sur lesquelles sont fixées autant de tiges en bois, qui forment le moulinet.

Le point où on doit abaisser le râteau pour opérer le commencement delà pression, est indiqué par une marque que les imprimeurs font à la craie blanche, sur le châssis; le point où elle doit s'arrêter est fixé par la vis X, contre laquelle le chariot vient butter.

Manœuvre.

Cette presse ne peut être manœuvrée que par deux ouvriers , ordinairement un imprimeur et un aide; ce dernier est placé du côté du moulinet et le premier vis à vis de lui. L'aide humecte la pierre, l'imprimeur l'encre, et pendant ce temps, l'aide place la feuille de papier sur le tympan : ii rabat le petit cadre U, ensuite il ferme le châssis; alors l'imprimeur saisit le levier F, et tourne la vis de droite à gauche pour faire lever le râteau, et laisser passage au chariot. L'aide saisit le moulinet des deux mains et le tourne pour faire avancer le chariot jusqu'à la marque qui indique le point où la pression doit commencer; alors l'imprimeur tourne le levier pour serrer la vis de pression , et le maintient dans cette position, pendant que l'aide continue a faire tourner le moulinet. Au moment où le chariot vient butter contre la vis X, l'imprimeur relève la vis, et l'aide fait revenir le chariot à sa place, en tournant le moulinet en sens inverse. Le frottement seul du chariot sur le rouleau suffit pour lui imprimer ce mouvement.

Observations.

La principale différence de cette presse avec toutes les autres, consiste dans la substitution d'une vis de pression à la pédale. Ce changement peut-il être regardé comme un perfectionnement? Je ne le crois pas.

1° Il n'en résulte point d'économie de temps, car il est plus long de tourner trois fois la vis à chaque épreuve, que de placer le pied sur la pédale. Ce dernier mouvement a de plus l'avantage de laisser les mains libres pour tourner le moulinet, tandis qu'à cette presse l'imprimeur est obligé de tenir le levier F pendant toute la durée de la pression, afin que la vis ne remonte pas toute seule; ce qui ne manquerait pas d'arriver si elle était abandonnée à elle-même, puisqu'elle a un pas de vis très-incliné.

2° On perd plutôt qu'on ne gagne du côté de la force. Quoiqu'on ne puisse que difficilement calculer l'effet produit par une vis, parce que son frottement augmente considérablement avec l'effort qu'elle fait, et détruit une grande partie de la force employée, je doute qu'un homme puisse produire, avec un levier d'un pied de long, sur une vis de 2 pouces de diamètre et à triple filet, une pression de plus de 5 à 6 quintaux, qui suffit à peine pour des planches ordinaires à la plume, de moyenne dimension; tandis qu'il est constant que, pour des ouvrages soignés ou de grandes planches, il faut une pression de 15 à 25 quintaux et même jusqu'à 40 et plus i>our des pierres gravées. Cependant il est

certain que, sous une pression de 10 à 15 quintaux seulement, un homme ne serait plus capable de tourner la vis de M. Schlicht: cette presse ne peut donc servir que pour des ouvrages ordinaires, exigeant peu de pression.

En général, sa construction n'est pas assez solide pour soutenir une forte pression. La traverse D n'étant tenue que par deux boulons, céderait bientôt à un effort considérable; les mortaises par lesquelles les montans C sont 6xés sur les pièces B, ne résisteraient pas non plus longtemps à une forte charge.

La marque à la craie est un mauvais moyen pour déterminer le commencement de la pression; la moindre distraction des imprimeurs leur fera poser le râteau à côté de la pierre, si la marge du dessin est petite; ou ils commenceront, la pression trop tard, et une partie de l'épreuve ne sera pas rendue. M. Schlicht devrait chercher à corriger ce défaut en établissant à sa presse un butoir mobile, dans le genre de celui de M. Naumann.

Ce que je trouve de plus ingénieux à la presse de M. Schlicht, c'est son système de pointes, qui permet à l'aide de poser la feuille de papier sur le tympan pendant que l'imprimeur encre la pierre : c'est un mouvement de gagné et un moyen de précision pour les retirages. Quoique l'idée des pointures n'appartienne pas à M. Schlicht, d'autres lithographes les ayant employées avant lui, je trouve le moyen dont il les a appliquées, ingénieux et commode, et c'est la seule partie de sa presse que je crois digne d'imitation. Cependant on fait à ces pointes le reproche de trouer le cuir; car comme il s'allonge toujours un peu, on est obligé de le tendre de temps en temps, et alors la pointe fait à côté du premier un second trou qui se réunit bientôt à lui, et il se forme ainsi des ouvertures oblongues, qui nuisent an tirage et exigent, si on n'y prend garde, le remplacement du cuir.

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