‹ Traité de logique;Chapitre 24 sur 106 · II.— DES JUGEMENTS DE RAISONNEMENT · texte numérisé non relu

II.— DES JUGEMENTS DE RAISONNEMENT

46. — Lorsqu'un jugement est déterminé par un ou plusieurs autres jugements, il en est la conséquence et ceux-ci en sont les raisons. Cette détermination des jugements par d'autres jugements, c'est le raisonnement.

La théorie du raisonnement a été faite en plusieurs fois.

Platon en a agité les problèmes essentiels. Aristote, continuant l'œuvre commencée, a donné de certaines formes simples et rigoureuses d'argumentation des analyses si serrées, formulées en une langue si ferme et si précise qu'on a pu considérer son œuvre comme complète et définitive. Kant a tant de confiance en elle qu'il lui demande le « fil conducteur » grâce auquel il explorera le dédale des notions et des principes de la pensée. Schopenhauer lui dénie toute application pratique, mais la tient pour vraie, et lui attribue une grande valeur théorique ^ Beaucoup pensent qu'elle est la seule partie immuable et intangible de la philosophie. La plupart des modifications apportées ou proposées à la théorie du syllogisme l'ont gâtée au lieu de l'améliorer, par exemple la quatrième figure, introduite par Galien et reprise par plusieurs maîtres scolastiques. Aristote n'avait guère traité que des syllogismes catégoriques; il avait négligé et même méconnu, en les renvoyant à la dialectique, les syllogismes hypothétiques, ne leur reconnaissant une valeur de preuve que dans le cas de la démonstration par l'absurde. Théophraste essaya de combler cette lacune ; il est difficile d'apprécier sa tentative d'après les informes fragments que nous avons de ses œuvres, mais les anciens ne semblent

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