‹ Traité de logique;Chapitre 8 sur 106 · PRÉFACE XV · texte numérisé non relu

PRÉFACE XV

Ces questions -réagissent également sur celle des conditions et des degrés de l'intelligibilité. Avec les rationalistes classiques, vous ne voyez, dans l'explication par ràvàyzT] pure et simple, que le minimum de l'intelligibilité. Et la finalité, qui fait apparaître, non seulement la loi mécanique, mais la (( raison » des phénomènes, est, selon vous, beaucoup plus intelligible. On sait que la finalité était, pour Platon, l'objet même du voyç.

Le mot intelligibilité ne comporte- t-il pas, jDar l'addition du point de vue de la valeur à celui de la finalité et à celui de la causalité physique, un sens plus clairet plus plein encore.^ Le voO; classique, la raison proprement dite, avait pour objet suprême le Bien.

Il est certain que la notion d'intelligibilité, d'intelligence, de raison, n'est pas donnée une fois pour toutes, comme un concept scolastique. On ne sépare la pensée de l'être qu'artificiellement ; et, en fait, elle se développe, elle se détermine, elle se réalise, par son effort même pour saisir et connaître l'être, non tel qu'elle se l'imagine, mais tel qu'il est et qu'il vit. Le développement à peu près exclusif de la logique et des sciences mathématiques qui s'était produit en Grèce avait façonné la raison logico-mathématique ; le développement moderne des sciences physiques et expérimentales a façonné la raison synthétique et constructive. Les progrès de la biologie, de la psychologie, des sciences sociales, de la morale, de la civilisation, façonneront, sans doute, de la même manière, une raison supérieuse à la raison physique ou téléologique.

Et peut-être cette raison de plus en plus riche et concrète, sera-t-elle moins séparée et séparable des autres aspects de la conscience que la raison purement logique, ou même que la raison mathématico-physique.

Si la logique doit exposer les lois, non d'une intelligibilité abstraite, mais de la connaissance de l'être, elle doit non

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