‹ Traité de logique;Chapitre 117 sur 228 · DEUXIÈME PARTIE . CHÀPITHE II. ï2w2o · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE . CHÀPITHE II. ï2w2o

considérée comme art, ou une langue en particulier, est l'objet des grammaires , des rhétoriques ou des poétiques générales ou particulières.

194. La parole n'étant que la traduction de la pensée, mais et .ai la traduction de toutes les formes sous lesquelles se manifeste la pensée, depuis la simple perception jusqu'aux derniers degrés de la généralisation, on doit retrouver clans la parole tout autant de formes diverses qu'il y en a dans la pensée. Ainsi en est-il.

La perception se traduit par ia proposition.

La généralisation absolue fournit les axiomes.

De la comparaison naissent toutes les expressions de rapport.

La classification donne lieu aux définitions et aux divisions.

L'induction et la déduction s'expriment par les arguments.

§ 1. De la proposition et de ses éléments.

195. Tout fait réel d'intelligence se réduit aune perception; toute expression véritable consiste donc dans une proposition. Or, quand on connaît, on connaît nécessairement qu'un objet est là et qu'il y est avec telle ou telle qualité ; ainsi d'abord, la proposition doit exprimer l'ensemble du fait. De plus, comme elle n'est pas seulement une expression synthétique, mais une expression développée en signes distincts dont chacun représente un des éléments qui composent la perception, elle doit désigner séparément l'objet, la qualité et le rapport qui les unit. De là, trois sortes de mots indispensables pour l'expression d'une perception, et qu'on retrouve dans toutes les langues ; savoir, le nom ou substantif qui désigne l'être ou l'objet de la connaissance ; l'adjectif qui exprime la qualité ou manière d'être ; et le verbe qui représente le rapport de la qualité à l'objet. De la réunion de ces trois mots résulte la proposition, expression analytique de la connaissance.

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196. Dans la réalité] la qualité ou le mode ne nous apparaît qu'uni à une substance , mais par suite du pouvoir que nous avons d'analyser la perception, c'est-à-dire, d'en séparer les éléments, nous pouvons considérer à part cette qualité et cette substance. Ainsi détachés et isolés l'un de l'autre, le mode et la substance deviennent pour l'intelligence des objets à part auxquels il faut un nom spécial, qu'on appelle nom abstrait, comme blancheur, chose. Il y a par contraire des mots signifiant la réunion d'un être et d'une qualité, et qui, pour cette raison, sont dits concrets, par exemple, poète, renfermant l'idée d'un homme et celle du talent de la poésie.

Le nom, destiné dans l'origine à nommer l'objet individuel d'une perception, dont il est le nom propre, est successivement appliqué à un second, puis à un troisième individu semblable au premier, puis enfin il devient le nom commun de tous ceux dans lesquels on reconnaît les mêmes caractères. Tout nom propre est nécessairement individuel et singulier -, un nom commun peut être ou individuel, ou particulier, ou général, suivant qu'il ne désigne qu'un individu, ou plusieurs, ou enfin la totalité des êtres auxquels il s'applique.

La proposition est individuelle, particulière ou générale, suivant qu'elle exprime la perception d'objets individuels, particuliers ou généraux ; c'est ce qu'on appelle sa quantité. Elle est affirmative ou négative, et c'est ce qu'on appelle sa qualité.

Elle est abstraite ou concrète, suivant que ses éléments ont l'un ou l'autre de ces deux caractères.

Elle est simple, quand elle n'exprime qu'une seule et simple perception, et ne contient qu'un seul sujet et un seul attribut ; composée, quand elle réunit en une seule expression plusieurs perceptions , soit en donnant plusieurs sujets à un même attribut, soit en donnant plusieurs attributs à un même sujet; complexe, quand elle joint au sujet ou à l'attribut, ou à tous les deux à la fois des mots qui servent à modifier leur valeur et leur sens ordinaire, soit en rétendant, soit en le restrei-

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gnant, soit en le soumettant à une condition , etc. On dit d'une proposition qu'elle est exacte et vraie , quand elle traduit exactement la perception et que la perception elle-même répond à la réalité ; on la dit inexacte ou fausse dans les cas contraires.

Les propositions ont tous les caractères de l'objet des connaissances qu'elles traduisent celles sont évidentes, ou probables, ou possibles ; et, comme telles, elles déterminent en celui qui les Teçoit le doute, ou l'opinion, ou la certitude (7); mais elles peuvent présenter quelquefois un caractère qui ne se trouve jamais dans les objets réels , ce caractère est Y absurde. On dit d'une proposition qu'elle est absurde quand elle fait naître en nous une certitude négative sur ce qu'elle exprime. Ce qui se montre, est ; d'où vient que tout objet de perception ne peut conduire à une négation, à une certitude négative de son existence, à Y absurde. L'absurde ne peut donc se trouver que dans l'expression d'une prétendue perception qui n'a pu avoir lieu, parce que l'impossibilité de son objet est évidente et claire pour tout le monde. La certitude que détermine en nous une proposition absurde consiste, non à croire qu'on sait ce qui est, mais à croire irrésistiblement que ce que l'on dit être n'est pas et ne peut pas être. En présence de l'absurde on peut ignorer la vérité, ou douter entre deux possibilités, ou pencher vers une probabilité, ou enfin voir évidemment ce qui est ; mais, dans l'un et l'autre cas, on est certain que l'objet de la proposition absurde n'est pas, n'est pas possible (*) -, ce qui est une certitude négative.

§ 2. Des axiomes,

198. Parmi les propositions générales et abstraites, il faut distinguer les axiomes , ou expressions des vérités nécessaires et absolues. Ainsi que nous l'avons déjà dit (192, note), lesprin-

(*) Les Grecs appelaient l'absurde aSuvdtov. - Cf. Aristote, Prcm. analyf.,

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