‹ Traité de logique;Chapitre 21 sur 228 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

De la perception primitive.

24. Lorsqu'un objet évident se trouve pour la première fois à la portée de nos moyens de connaître , de la conscience ou des sens, alors vient en nous une connaissance qu'en cet état nous appelons perception primitive. Et par là nous n'enten-

dons point seulement les connaissances que nous acquérons dans les premiers temps de l'enfance , mais nous entendons les premières connaissances que nous avons d'un objet quelconque à un âge quelconque de la vie.

Or, quels caractères ont ces premières connaissances au moment où elles viennent de se produire en nous?

1° Etd'abord en quel état est l'être intelligent lorsque pour la première fois il perçoit un objet de connaissance? Un moment auparavant il l'ignorait, il ne savait pas qu'il fût, il n'en soupçonnait pas l'existence , il ne s'attendait pas à le voir, ne se tenait pas prêt à y réfléchir, ne faisait en rien acte d'attention, et tout d'un coup il l'a vu . connu , par l'effet seul de l'évidence qui a paru et l'a frappé. Les perceptions qui lui viennent alors ne sont pas telles qu'il les a, lorsqu'à leur production il mêle sa réflexion ou qu'il provoque leur apparition : elles ne sont que ce que les font les choses , ce qui se fait sentir il le sent , tout ce qui se fait voir il le voit ; et il reçoit la vérité telle qu'elle se montre d'elle-même ( spontesuâ). Que cette disposition ne soit pas de longue durée, que bientôt il s'y joigne un commencement de libre réflexion , rien de plus vrai, mais elle n'en a pas moins son moment , et c'est dans ce moment que nous la prenons. Toute espèce de perception primitive et naissante a donc ce premier caractère d'être spontanée et irréfléchie (*).

2° Or, par cela même que ces perceptions se forment clans l'être intelligent comme d'elles-mêmes , ou du moins sans autre mobile que la réalité qui apparaît, vraies comme la vérité dont elles reproduisent tous les traits , elles n'ont rien de cette fausseté qui trop souvent est le défaut de perceptions plus réfléchies et plus distinctes. Ici il n'y a pas lieu à erreur ; tout se passe entre la vérité qui se montre dans toute sa pureté à l'être intelligent qu'elle modifie, et l'être intelligent qui, surpris, dominé et docile se laisse faire par la vérité. Il est — ■ — ■ '■■■»

(*) Damiron, Psych., p, 66etsuiv.

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