‹ Traité de logique;Chapitre 59 sur 228 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

De la déduction.

104. Quand la généralisation s'est complétée dans l'induction et que la classification en a ordonné les découvertes suivant des rapports exacts et rigoureux , si alors tout est fait pour les principes généraux en eux-mêmes, tout n'est pas fait pour l'usage que nous devons en tirer. En effet, il se rencontre de nombreuses occasions où il y a lieu , non plus de chercher à découvrir des généralités , mais seulement de savoir, au moyen des généralités acquises scientifiquement , ce que l'on peut et doit penser de telle ou telle qualité dans un individu donné. Si en ces occasions l'observation était applicable , rien ne serait plus simple , et il n'y aurait qu'à l'employer. Mais il arrive souvent que, bien que nous connaissions les lois générales des êtres qui sont l'objet d'une série de con-

naissances ou même d'une science , nous ignorons cependant et voudrions savoir si telle qualité ou telle circonstance se présente dans tel fait ou tel être trop éloignés de nous dans le temps ou dans l'espace pour (pic nous puissions les atteindre par l'expérience-, alors il ne s'agit plus, répétons-le, de se servir des individus pour acquérir la connaissance du général, mais bien de la connaissance acquise du général pour connaître l'individuel. Or, voici comment on procède pour parvenir à ce but.

Un individu est donné avec telle ou telle de ses qualités , mais il en a ou peut en avoir d'autres qu'on ignore , et sur lesquelles l'expérience ne peut nous éclairer; alors on examine dans quel genre connu ses qualités connues, ses données , le font rentrer, et, si dans ce genre sa qualité à déterminer est reconnue comme essentielle et liée aux autres par un rapport invariable , on affirme que l'individu a lui-même la qualité que possède le genre auquel il appartient (*), et ainsi il devient connu dans cette partie de son existence qui d'abord était ignorée. Veut-on savoir, par exemple, si cette lame est soluble dans l'acide sulfurique , il faut voir si par ses qualités connues elle ne rentre point dans un genre que l'expérience a reconnu soluble dans cet acide. Sait-on qu'elle est de fer et que ce métal est soluble dans l'acide sulfurique, on pourra affirmer en môme temps que cette lame sera également soluble.

De môme pour les faits : quand il s'agit de déterminer si tel ou tel fait est accompagné de telle ou telle circonstance, il n'y a qu'à voir si les circonstances déjà connues de ce fait le font rentrer dans quelque loi connue où la circonstance à déterminer est unie aux circonstances connues par un rapport invariable -, et alors on conclut que le fait particulier aura toutes les conséquences de la loi dont il relève, de l'ordre dans lequel il rentre. Par exemple, je veux savoir quelle hauteur tel liquide

(*) Cf. Laromiguière , II' partie, 12e le^on; Damiron, Psych., p. 100 et suiv.

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