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CHAPITRE IX

De l'imagination et de l'hypothèie.

155. Lorsque, après avoir connu un objet quelconque, un homme a non-seulement le pouvoir de se le rappeler, mais celui d'ajouter à ses souvenirs une sorte d'acte créateur par lequel il se représente si vivement cet objet, qu'il lui semble le percevoir encore, ou que la description qu'il en trace semble également faire croire que cet objet est encore à la portée de ses moyens de connaître, on dit généralement que cet homme a de Y imagination.

Lorsque à un récit fait par autrui, à la lecture d'un livre, à la représentation d'une œuvre dramatique, un homme va audelà de ce qu'il lit ou entend, et par un acte sui generis lui prête une réalité qu'il n'a pas, et s'émeut en conséquence, comme s'il était en présence de la réalité, on dit encore de cet homme qu'il a de la sensibilité et deY imagination (*).

On dit encore d'un homme qu'il a de l'imagination, lorsque simple ouvrier, il ne se contente pas de copier servilement le

(*) Cf. Dug. Stew., Élém dephil,, liv. 2, p. 368-371.

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