‹ Traité de magnétismeChapitre 18 sur 69 · LE MONDE · texte numérisé non relu

LE MONDE

On va chercher de grands raisonnements quand on n’a qu’à se baisser pour prendre. Les uns sont spiritualistes , les autres sont matérialistes.

“ Et la parole est venue parmi les siens et elle nJa pas

été comprise. ? Et Verbum caro factum est. »'

Voilà le grand mot.

C’est lui qui nous indique ce que c’est que l 'âme. Il établit la différence entre Yâme et Y esprit , et la gradation entre la matière , Yâme et Y esprit.

Je vous ai dit que X esprit est une émanation directe mais immédiate de Dieu ; Yâme , l’anneau qui l’unit à la matière.

Je vais vous dire une chose qui vous étonnera beaucoup en parlant de la matière. C’est un tout réel , mais tellement en harmonie avec Yesprit et tellement lié avec Yâme , que l’on peut dire que la matière en est une continuation.

Vous pourriez croire que- je dis un noir-sens : je vais développer. »

Noms distinguons deux chbses : la matière et Yesprit. Or,

faisons la distinction humaine , et , comme. les hommes , parlons de Yâme et de la matière.

L’àme est une chose demi matérielle et demi spirituelle ;

c’est une émanation directe de chacun de ce? deux tout , et c’est la réunion de ces émanations.

Pour arriver de l’âme à chacun de ces tout , il faut passer par une infinité de degrés.

Les trois choses principales sont :

L 'esprit : chose simple.

L 9 âme : medium , anneau.

La matière : chose dernière , chose simple , tout , comme V esprit J

Dans le phénomène de la mort , phénomène véritablement

extraordinaire pour les hommes , il existe une chose qui n’est

que le renouvellement. Lorsque la désunion s’opère -, l'esprit pur vient renouveler la partie spirituelle de l’âme, la matière vient reprendre la partie matérielle. Ces deux parties; ayant été travaillées , reviennent purifiées à leur tout , qui se perfectionne.

L’intelligence sert à perfectionner. Quand nous arriverons à la perfectibilité , les intelligences seront les mêmes.

Quand on dit que l’homme est spirituel et matériel , on a

raison. Si l’on dit qu’il est composé de corps et d'àme , on a tort. ) . '

M. OLIVIER

L’esprit conserve-t-il , après la mort , le souvenir de son individualité sur la terre? C’est par induction d’un phénomène que je possède, et qu’il ne m’est pas encore permis de dévoiler , que je vous fais celle question.

LE SOMNAMBULE

Vous allez trop loin. Ces sortes de questions ne peuvent

èlre jugées que par induction. Si nous arrivions à une réalité sûre , si ces choses n’étaient pas voilées, nous serions Dieu, comme vous le dites fort bien dans votre traité de Magnétisme.- Je vous engage à lire George Sand. Elle ne l’explique pas ; elle ne le sait pas, elle peut soupçonner quelque chose, mais elle ne peut soupçonner beaucoup. Sur 'ces questions , il y aura des avis divers , toujours du vague , mais jamais rien de certain. Du reste , si vous êtes curieux , votre curiosité est bien placée ; elle est grande. Nous en avons deux types dans l’antiquité : Prométhée et Phaëton» . Ces fictions ont du sens.

Revenons à notre sujet.

Nous avons établi la division du monde en trois parties : Yesprit , Vâme et la matière.

L * esprit par divers degrés se transforme et devient Ame .

Uàme se transforme aussi , et par divers degrés arrive à la matière.

Vâme est donc une chose complexe tenant de Yesprit et de la matière.

V esprit est le réservoir générât d’où découle une infinité de canaux qui tendent vers la matière , et qui , pour y arriver, passent par diverses modifications , que nous appelons , degrés d'intelligence , et dont je vais vous parler avant de traiter de Vâme et du corps.

Il y a des intelligences supérieures , ordinaires et inférieures.

Elles proviennent toutes de la matière et de Yesprit.

Dans les premières Yesprit domine.

Dans les secondes les quantités d’esprit et de matière sont égales. ' *

Dans les. dernières, Y esprit est absorbé par la .matière.

Il y a compensation , et toujours «à l’avantage des intelligences inférieures ,. parce que les intelligences supérieures léur donnent l’impulsion et les font par cela même avancer en les complétant. .

Quand on parle des facultés des somnambules , absurdité ! Qu’on parle des facultés de l’esprit! à la bonne heure.

Le somnambulisme est l’état naturel dans lequel la nature complète , réelle , se dépouille de ses voiles qu’on appelle « corps », pour prendre toutes les facultés, toute la science que possède Y esprit. <

L ’ esprit ne voit pas , il sait ; c’est celte science que nous appelons la science infuse. C’est la science réelle , et non de convention.

Quand on dit: « fraternité », on a raison. Chaque individu , comme vous l’a fort bien dit votre ami Gauzence , est un exemplaire de son semblable. C’est une molécule d’un même tout « Y esprit » et d’un autre même tout « la matière essentielle » , molécules unies l’une h l’autre et fondues.

D’après cela , vous devez comprendre la transmission de la pensée , car l’esprit ne voit pas , il sait : il est donc d’un particulier appelé dans le tout > et du tout il voit les autres particuliers et peut être appelé sur eux.

La transposition des sens s’explique par l’appel sur une partie quelconque de lui-même.

Les prévisions que fait uu somnambule sont seulement des

prévisions sur l’ordre des choses possibles , car ii les pressent et les aspire en quelque sorte.

Le phénomène de la sympathie peut aussi s’expliquer de la même manière.

La partie spirituelle de Y âme étant transportée dans son tout abandonne la partie matérielle de l’âme ; il y a une désunion. Or, que deviendra cette partie matérielle? Il est absurde de supposer qu’elle restera isolée dans le monde , car alors il y aurait une chose incomplète, ce serait une âme sans esprit . La partie matérielle va rejoindre son tout : « la matière . » * ' : .

Le phénomène de la transmission de la pensée existe par ce qu’on appelle « Vesprit » sur une partie de lui-même.

Le phénomène de la sympathie existe par ce qu’on appelle

« la matière » sur une partie d’elle-mème.

La sensation est perçue , comprise , analysée , car Y esprit ne cesse pas sa surveillance.

U esprit est un : il est' savant. ^

Cette unité de Y esprit se subdivise ; dans chaéune de ses subdivisions , qui , à proprement parler , ne sont autre chose que des émanations , il rencontre une subdivision de la ma-.

itère , s’unit à elle et forme une âme .

Le somnambulisme est la faculté donnée par Dieu d’aug- • menter Y âme , c’est-à-dire , de la faire remonter vers ses tout en les appelant sur elle , de désunir les parties de Y âme en portant chaque partie vers son tout , tout en conservant un

reflet de celle union , reflel qui empêche la désunion complète, c’est-à-dire , la mort ; •

V esprit est un ; fussions-nous des millions d’hommes ; le même esprit nous animerait tous.

De là découle le principe de l’amour du prochain : « Aime »> ton prochain comme loi-même , car c’est toi que tu aimes » en aimant ton prochain. »

Quand un statuaire fait une statue en marbre, il commence à dégrossir son bloc avec le ciseau ; il en sort bientôt une forme , une 'figure quelconque , une ébauche enfin.

Quand Dieu a créé le monde , il a pris un grand bloc et l’a (aillé; son ébauche a duré six jours, le septième il a pris scs grandes dimensions , il a commencé le fini , et depuis son ouvrage est en train.

Quand le monde sera fini , il restera V esprit : la matière brute aura disparu , il ne restera que la matière réelle , et celte ; matière sera spiritualisée ; ce sera l 'idéal. La fusion entre la matière et Y esprit sera si intime > que la matière deviendra esprit .

Loke a dit que Dieu pouvait faire que la matière pensât.

Loke avait pressenti l’idéalisation delà matière.

Cette idéalisation est le but de Dieu.

\ J esprit est un.

Cette unité m’explique bien des choses. Vous avez un phénomène bien réel et bien vrai, mais unique, et que, par conséquent , vous ne pouvez oublier ni dévoiler. Je ne veux ici vous parler que d’une partie de ce phénomène , du

mène de la bougie; il nous prouve que i 'esprit voltige autour de nous , et par conséquent la surveillance qu’il exerce sur l’émanation que nous avons de lui. Votre phénomène complet

nous prouve bien davantage ce que j’avance , mais je veux rentrer dans le silence là-dessus.. n,

M. OLIVIER

Me suis-je trompé en supposant que c’est à ce phénomène que je dois les révélations que vous nous faites, à l’aide, des tableaux qu’il fait passer devant vos yeux?

LE SOMNAMBULE

Non , Monsieur.

y-/ '•''ï’i yl . lAn»Vt t*' fi •-

• ****•' > V -v <'• r. 'i, »}■»>■ s ^y.vu; >

M. OLIVIER

•5\* f S •: ■'* : hVg! i <?!«:{

Pourquoi ne me l’avoir pas dit ?

f" , . 'f: . ir»

LE SOMNAMBULE

■» \ ’i’ ■■ .ju'. 'M - » .-.»>> iA.’- »/•*.•

J’ai gardé le silence par respect et parce que j’avais vu que vous aviez pénétré ce mystère. Je n’en aurais pas parlé si vous ne m’aviez pas interrogé ; d’ailleurs je vois qu’on vous a écrit , il y a peu de jours-, qu’on suivait les travaux de notre société avec intérêt. Suis-je dans l’erreur?

M. OLIVIER

n \ fcjî&TÆrWqir.- •'vv a * ' j -i t i >;:i ï üiiiï :.*»• •»» . ?

Non : ce que vous dites est parfaitement exact. Mais n’insislons poiul sur ce< phénomène si extraordinaire ; je ne puis que vous' louer de votre réserve , et si je vous en ai parlé , c’est

pour avoir une preuve de plus que je ne- suis pas sous rem-» pire d’uue illusion. Reprenez votre sujet.

LE SOMNAMBULE

J’y reviens. . v ‘ .

V esprit est une chose , l’dme en est une autre, la matière aussi. .

L’dme est une chose dépendante de l’esprit et de la matière; c’est l’anneau qui les unit.

J’appellerai Yâme « esprit humain . »

Dans sa marche , Y esprit -humain s’agrandit ; les émanations de l’esprit et de la matière franchissent continuellement les échelons qui les séparent , et deviennent plus directes , car les deux tout se rapprochent. Le jour où le fini existera , il n’y aura plus d'âme , que nous avons appelé « esprit

humain » , il n’y aura plus d’anneau qui réunira les émanations des deux tout ; il y. aura une chose qui se composera de ces deux tout eux-mêmes , ce sera le monde , car alors les deux tout ne seront pas en contact par la fusion de leurs émanations , ils seront réunia par la fusion d’eux-mèmes l’un dans l’autre.

Telle est la marche générale de Yâme spirituelle > elle tend toujours à se rapprocher de. Y esprit , d’où elle découle.

Parlons du second travail : de Yâme matérielle.

U âme matérielle travaille comme Yâme spirituelle : de même que cette partie spirituelle tend à remonter vers l’esprit, de même la partie matérielle tend à rapprocher la matière. Quand- non-seulement la matière sera réunie à la

partie matérielle de Ÿàme , mais qu’elle sera réunie à V esprit , le fini existera, la fusion s’opérera dans les deu x tout.

La matière prendra les propriétés de V esprit , Y esprit celles

de la matière. J/oiivrage sera terminé ; il exprimera upc pensée, cette pensée sera une pensée d'amour.

Ces idées ne sont pas neuves ; elles ont été pressenties , mais non complètement .comprises par la secte des Saints- Simoniens. Ce qu’ils avaient de plus beau , c’était la réhabilitation de la matière . Ils en. avaient compris l’importance , ils avaient vu que Vesprit était créé pour son perfectionnement, mais qu’elle avait été créée pour être le complément de Vesprit.

Quand Vesprit sera complété , nous verrons ce qu’on appelle le jugement dernier. Ce ne sera pas le jugement des fautes , .mais bien le jugement que Dieu portera sur son ouvrage.

La réunion des âmes à leur corps est une bien triste image, et cependant elle nous donne , malgré sa faiblesse, une idée de la réunion des tout. Les trompettes ne sonneront pas le réveil, elles sonneront l’allégresse. .

Le septième jour arrivera. '

Alors s’ouvrira V éternité : éternité d’amour et de protection de la part de Dieu sur son ouvfage, éternité de contemplation suprême vers son Dieu , de la part du monde.'

« Jlosanna in excelsis . »

La réunion de Vesprit à la matière essentielle , vous ai-je dit, est le but de Dieu. Autrefois on avait cherché à idéaliser,

on a cherché à faire penser la forme matérielle , à lui donner une expression. Autrefois on s’était trompé , car on avait voulu

matérialiser la divinité , lui donner une idée belle et correcte.

Aujourd’hui on a reconnu l’impossibilité de ce travail.

Autrefois on croyait à une hiérarchie. des dieux. Pure bêtise : L’Olympe est une absurdité. Qui dit : « Dieu » dit: «être yat fait. » La perfection n’a pas deux degrés. Deux êtres ne peuvent pas être également parfaits.

Cependant il y' a deux espèces de perfections : l’une essence , principe , l’autre dérivé , conséquence .

La première, c’est Dieu ; c’est la perfection.

La seconde, c’est le monde, qui sera toujours moins parfait que Dieu.

La première existe d’elle-même -, elle a toujours été aussi parfaite qu’elle l’est. Jamais de progrès chez elle , jamais de décadence.

La seconde se perfectionne ; elle a besoin de travail. Chez elle toujours du progrès , jamais de décadence ; mais elle arrivera à la station : c’est la perfectibilité.

Vous comprenez la différence !

C’est celle qui existe entre l 'essence et le nécessaire , celle qui existe entre le principe? t la conséquence.

Je comprends que cette question de la population , dont je vais vous parler, ait arrêté tous ceux qui s’occupaient du dogme de la perfectibilité. C’est en effet une question très-

haute , très-grande et que l’on ne pouvait entrevoir que sur des conjectures. Moi je la vois par des réalités.

Cette question n’a jamais pu être résolue , parce qa’on n’a pas fait attention au point de départ «Za mort» et parce que l’on n’a considéré qu’un monde , au lieu de les considérer tous ^ déplus , parce qu’on n’a parlé que relativement aux individus et non relativement aux êtres.

Je vous expliquerai la différence qui existe entre ces deux mots.

Quel est le phénomène qui s’opère dans la mort ? C’est le renouvellement.

Qu’est-ce que la vie? C’est un travail continuel , c’est un moyen de perfectionnement , c’est un ustensile de Dieu.

La marche de Y humanité étant une marche ascendante , le progrès arrive de jour en jour. Or, quand le progrès, qui est limité , sera moindre à parcourir l’on aura moins de travail à faire ; il faudra moins de temps pour faire ce travail. La vie, qui est la machine qui fait ^ce travail, machine qui fonctionne continuellement fonctionnera moins longtemps , car le terme de sa fonction arrivera plus tôt-, elle diminuera de durée.

Elle a déjà beaucoup diminué.

. Autrefois elle était à peu près de cent à cent dix ans ; elle a été de bien davantage. Aujourd’hui elle est , en moyenne , de soixante cl dix à soixante et quinze ans. Nous arriverons à un temps où elle sera de vingt-cinq , de quinze , de

dix , de cinq ans. Elle décroîtra successivement jusqu’à ce que nous n’ayons plus besoin d’être perfectionnés.

Noire vie n’est pas noire étal normal ; nous n’y enlrons iju’après la mort ; c’est tout bonnement la préparation à entrer dans cet état naturel. Quand nous sommes assez préparés , nous mourons, parce qu’alors le renouvellement peut arriver, attendu que la porté lui esl ouverte.

Nous avons , me dira-t-on , des morts violentes !

Il y en a de- deux espèces : la mort violente naturelle et la

mort violente provoquée.

La mort violente ordinaire rentre dans les règles , parce qu’elle n’arrive jamais sans cause. Je veux parler , sous l’expression de naturelle , de celle qui arrive par maladie ou par accident. Cette mort est regrettée chez les hommès.

La mort violente , provoquée , est mauvaise , car elle brusque le renouvellement. Elle arrive ou par le suicide ou par le châtiment des hommes. Elle est flétrie chez les hommes.

La mort violente naturelle, arrivant par maladie , n’est autre chose qu’une mort tout-à-fait ordinaire.

La mort violente, arrivée par accident, est dans les vues de Dieu. C’est un moyen de perfectionnement pour le monde supérieur au nôtre , car alors constituant , par le renouvellement qui a opéré incomplètement, un être incomplet, il forme un contraste entre lui et les êtres qui sont .finis. Or , ce contraste est laid , il représente un mal , et ce mal est un moyen de perfectionnement pour le monde supérieur , qui , quoique déjà perfectionné , tend à se perfectionner encore davantage.

Heureux ceux qui meurent de cette mort-là , car c’est Dieu lui-mème qui les choisit pour perfectionner leurs semblables.

Cette imperfection , dans laquelle ils restent, n’est que passagère.

La mort violente provoquée, le suicide, est mauvaise.

Pourquoi? Elle fausse Tordre naturel ; en ce qu’elle veut faire.

que la purification , le renouvellement , arrive plus vite ,

puisqu’elle accélère la mort , moment où il doit' arriver , en

ce qu’elle veut le faire venir avant qu’on ne soit préparé à le

recevoir ; aussi n’atteint-elle pas son effet.

En effet : ici le renouvellement dégénère ; du rang de

purification il descend au rang de préparation à cette purifi-

cation, car il est obligé de suppléer à cette préparation interrompue et laissée inachevée par le fait du suicide. Il reste alors aux yeux du monde supérieur un être non fini , et

qui se puissant dans son insuffisance , représente , non un mal , comme la mort par accident, mais une hideuse énormité qui dégoûte ce monde supérieur , tout en le faisant avancer.

Malheureux ceux qui se suicident , car ils sont un moyen de perfectionnement pour le mande supérieur ; mais ce moyen n’est pas rahle.

Cette imperfection est longue!... c’est une peine.

La mort violente , infligée par le jugement des hommes , jugement que je ne leur reconnais nullement le droit de rendre , car c’est une véritable usurpation des droits de Dieu, cette mort , dis-je , rentre dans le cas de suicide et non d’accident.

, En effet , dans la société, organisée telle qu’elle est, tout

donné par Dieu; il dérive d’un fait humain déplo-

individu qui commçt un crime est passible de la mort. Or , tout individu qui commet un crime joue sa vie ; il tente une chance , il conçoit son suicide. Cette conception est aussi déplorable que la naissance, l’enfantement du suicide , puisque la mort est la conséquence de son fait.

Le fait du suicide ordinaire est le coup que l’on se porte ; le fait de la mort infligée est le coup que. porte le bourreau par suite du coup que l’on a porté. C’est ce retentissement , ce contre-coup qui fait rentrer cette mort dans le cas de suicide.

De plus , la mort infligée est un mal , car c’est la punition d’une faute. Elle est présentée comme une hideuse énormité pour le monde supérieur , car ici il y a non-seulement faute individuelle, mais il y a souffrance étrangère. En effet, elle açcélère le renouvellement chez un autre et le fait dégénérer.

Elle est repoussée complètement par le monde supérieur.

Dans la mort par accident , lorsque cet accident est un

assassinat , la victime est retardée dans sa marche et son

renouvellement dégénère. Mais comme son meurtrier doit être puni , et comme la victime ne doit pas être victime une seconde fois , doit au contraire être soulagée , le travail de préparation du meurtrier sert à la victime , et comme cela sa préparation étant plus grande , son renouvellement ne dégénère pas aussi fortement.

Continuons notre sujet et pour cela revenons à notre point de départ.

Un de vos somnambules vous a dit, que plus l’on vieillissait

plus on devenait enfant. Je ne vous développerai pas complètement cette pensée , mais tout ce que je puis vous dire làdessus a rapport avec ce qui nous occupe.

L’enfance est bien près de l’étal de nature. Par diverses modifications , la vieillesse y revient. Par son raccourcissement , notre vie aura moins de temps à courir pour revenir à son point de départ , ce qui n’empêchera pas que la préparation ne s’opère aussi complètement.

Je 11e considère pas ici les bons d’un côté et les méchants de l’autre , c’est-à-dire , je ne considère pas la préparât ion individuelle -/je considère Fensemble de la préparation de Vhumanilé. C’est pour cela que j’établis la moyenne de cette préparation . Plus cette moyenne diminuera , plus on aura fait du chemin ; moins il en restera par conséquent à parcourir , moins de temps il faudra pour faire ce parcours. Ainsi aujourd’hui la préparation faite par nos ancêtres nous sert et servira , augmentée par nous, à ceux qui viendront dans deux cents ans , et ainsi de suite. Vous devez comprendre par cela que nous arriverons à un temps où la préparation étant complète , nous n’aurons plus besoin du moyen de préparation. Or , comme ce moyen est la vie , nous ne vivrons plus de notre vie actuelle. v

C’est ce qu’on appelle la fin du monde , expression vraie dans le sens des idées reçues , niais que je trouve fausse ,

puisque je l’appelle : «/î/i de la préparation. »

En effet : alors l’ouvrage de Dieu marchera et aura mis de côté scs entraves. Or, on ne peut pas appeler extinction d’une chose l’exlinclion des liens qui l’onchainent.

La préparation , malgré la diminution de la vie, existera toujours dans les mêmes conditions , c’est-à-dire , que la vieillesse au lieu de. commencer à soixante ans et de finir à soixante et quinze , commencera à quinze ans et finira à

vingt et un , et ainsi de suite. Nous en avons déjà des exem-

pies : Ainsi les jeunes gens précoces , les hommes de génie ! ils vivent vite , mais ne vivent pas longtemps.

La préparation est plus rapide.

» Quand ils ont tant d’esprit les enfants vivent peu. »

Ce vers est bon dans*cetle acception ; il exprime les effets de la précocité.

Il arrivera un temps où nous serons tous somnambules. Qu’est-cc qui développera en nous cette précocité? Ce sera le somnambulisme.

Vous devez le comprendre.

En effet , plus nous serons près de l’état de nature , plus il nous sera facile d’y être élevés.

Qu’est-ce qui nous y élève? Le somnambulisme. Nous finirons par être tous somnambules.

Quand arrivera la mort pour tous , c’est-à-dire , le renouvellement , fin de la vie pour tous, nous serons prêts à être purifiés. La partie spirituelle de notre âme sera dans son monde supérieur , la partie matérielle dans le sien ; il y aura tension à la fusion. La matière sera plus près de la spiritualisation qu’elle ne l’est aujourd’hui , car elle aura repoussé la matière brute.

En parlant de matière je ne parle pas du corps., je }>arle de

Ÿ essence de la matière , essence réelle qui , en se dégageant , laisse de côté la matière brute qui se perd et devient poussière.

U âme ést , avons-nous dit , spirituelle e't matérielle , mais elle n’est matérielle que par celte matière, essentielle. C’est celle essence qui se prépare à être purifiée ; elle l’est par les divers renouvellements que je vous expliquerai.

Il nous reste à traiter la question des bons et tles méchants et par conséquent la question de la répartition de la inaltéré essentielle , de laquelle découle un aperçu sur les bons et les méchants et une considération , suivie d’une conclusion sur la marche de l’engendrement des individus et la limitation des êtres , et leur réunion successive à mesure qu’ils passent, par un renouvellement , d’un monde dans un autre.

Il n’existe précisément pas des individus r il existe des êtres.

U être est un composé de matière essentielle à un degré égal pour tous. » » v

IY individu , qui est une division de Y être, a un degré difTércnl de matière essentielle .

Les bons ont une quantité plus grande que les méchants de celle matière de Vitre.

Ainsi la division d’un être formera deux bons ; la division d’un autre formera onze méchants.

Ces parties de matière essentielle tendent à se réunir dans leur degré uniforme , leurs quantités égales , c’est-à-dire , dans Y être d'où elles découlent.

Plus ces parties se réuniront , moins d’individus il y aura.

Plus la préparation sera avancée , moins d 'individus il faudra pour la formation d’un être, '

Or , le nombre des individus diminuant jusqu’à ce qu’ils soient arrivés à un seul , qui est Yêtre , l’engendrement de ces individus sera bien moindre et finira par ne plus exister.

Le nombre des êtres est limité. Cependant , dans sa limitation pour la plus grande quantité , il ne l’est pas pour la diminution de cette <|.uantité , c’est-à-dire , qu’il peut exister (rente êtres , . pas davantage, mais que ces trente peuvent diminuer et arriver à un degré où ils formeront vingt êtres d’une autre espèce. Ainsi la limitation existe pour l’extension mais non pour la restriction.

Votre est une expression que je prends ici pour me faire comprendre ; il signifie ce qui existe dans chaque monde supérieur relativement à soi) monde inférieur. Ainsi':

L’animal est Y individu dont l’homme est Yêtre. L’homme

est Y individu dont Yêtre du monde supérieur à lui est Yêtre , ainsi de suite.

Le travail de Yesprit est de se perfectionner lui-même et en même temps de dégager la matière essentielle de son enveloppe , la matière brute. Par ce second travail , il met à découvert celte matière essentielle , qui n’est pour lui qu’un terrain à cultiver. Son troisième travail , c’est la culture de ce terrain, c’est-à-dire, le perfectionnement de cette matière :

La vie , est la préparation à ce perfectionnement.

Le renouvellement qui suit la mort est ce perfectionnement, car il purifie.

A ce renouvellement , nous entrerons dans le monde supérieur au monde humain; nous entrerons dans le monde des êtres raisonnables .

De l’étal d'être raisonnable , il faudra pousser plus haut , car alors V esprit sera totalement libre , puisqu’il n’aura plus besoin de dégager la matière essentielle et de la perfectionner ; il pourra se travailler lui-même sans être gêné dans son travail.

Pendant ce temps , la matière essentielle de ce monde remplira le même office qu’un cheval attelé derrière une charrette et suivant l’équipage qui marche.

Ce monde-là, quoique perfectionné , ne sera autre chose qu’une préparation à une purification plus grande. Alors arrivera le deuxième renouvellement , qui , de l’état d'être raisonnable , nous transportera dans l’état d'être de génie , dans le monde supérieur.

Dans celte marche , le génie tend encore à arriver, non plus à un perfectionnement- complet , mais à la perfection elle-même.

Ici Vesprit met la dernière main à la purilication de la matière et la fait arriver à sa hauteur. Quand elle y est arrivée, survient le troisième renouvellement , qui nous transporte dans l’état d'inspiration.

De l’état d'inspiration , il faudra arriver au monde pur.

Ici tout est perfectionné ; ce n’est pas un progrès qu’il faut , c’est une fusion. La matière et Vesprit marchent de front : comme deux aimants , ils s’attirent , et au moment

propice , arrive le renouvellement dernier, qui n’est plus fa purification mais la fusion. Or, la fusion, c’est Y idéal , c’est-à-dire , la matérialisation de Y esprit et Y idéalisation de la matière.

Voilà le dernier monde , le but de Dieu.

D’après ce que nous venons de dire; pour arriver au monde pur , l’homme a quatre mondes à parcourir.

Le premier monde , c’est celui dans lequel nous vivons , touche à la matière brute et arrive au bien.

Le second monde, monde des êtres raisonnables , touche

à la matière essentielle ; il part du hten et arrive au bonheur.

Le troisième monde , monde des êtres de génie , touche à la matière essentielle épurée ; il part du bonheur et arrive à la perfection. , ■

Le quatrième inonde , monde d es êtres d'inspiration , louche à la perfection complète de Y esprit et de la matière essentielle ; il vit dans la perfection et aspire à la fusion.

Comment arrive cette fusion complète? Par le dernier renouvellement.

Expliquons ces gradations.

Il existe dans le monde perfectible cinq espèces d'êtres :

1« L'homme , existant dans le premier monde ;

2 ° L'être raisonnable , existant dans le monde supérieur ;

3° L'être de génie , dans un degré encore plus élevé ;

' 1° L'être d'inspiration , existant dans le quatrième monde ;

3" Enfin , Y être complet , fini , le monde pur, ne formant

qu’un seul être par l’unité de pensée et de sentiment qui anime toutes scs parties. '

Ces diverses espèces d’êtres ne sont que les dérivés les uns

des autres , et d’un seul auteur principal , qui est le monde » « pur. Tous ces dérivés sont limités dans leur extension ; le

seul travail qu’ils aient à faire c’est de se diminuer jusqu’à

ce qu’ils arrivent à la plus grande quantité qui puisse exister

dans le monde supérieur à eux : c^est- à-dire, cent cinquante

hommes forment dix êtres de raison ; les cent cinquante ne

peuvent jamais être plus de cent cinquante , mais ils peuvent

être moins; Us ne peuvent jamais être moins de dix , car

lorsqu’ils arriveront à dix , ils auront la matière essentielle

de dix êtres et ils seront renouvelés , c’est-à-dire , que du monde humain ils passeront dans le monde de raison. * L’on voit qu’ils sorçl limités pour l’extension , ainsi que pour la diminution.

Celle diminution continue d’up monde dans l’autre jusqu’à ce que les dérivés , rentrant dans le monde supérieur successivement, arrivent à leur source première, leur auteur commun , le monde pur. Ainsi :

Page 1