‹ Traité de magnétismeChapitre 25 sur 69 · L’AMOUR ET LA VOLONTÉ · texte numérisé non relu

L’AMOUR ET LA VOLONTÉ

Nous avons posé en principe que Dieu était un esprit.

Nous avons dit que Dieu était parfait.

Nous avons dit que Dieu était tout amour et tout volonté.

Qu’est-ce qu’un esprit P C’est une intelligence :

Qui dit intelligence , dit travail , car il y a action de V intelligence , et celte action de Inintelligence , c’est la volonté . Qu’est Dieu?

11 est parfait ; il est tout amour.

Comment doit s’exercer cette action de l’intelligence ?

Elle doit s’exercer amoureusement.

Nous avons les principes :

Tirons les conséquences, et par les conséquences remontons aux j principes eux-mèmes.

Quand Dieu fait son ouvrage, il pétrit son argile; chez

lui Yamour est l’eau qui mouille la terre du statuaire.

La volonté ? c’est l’instrument qui vient tracer les lignes de l’ouvrage.

Non-seulement Yamour lui facilite le travail , mais encore Yamour le lui embellit.

L homme, point culminant du monde , est formé à l’image de Dieu, c’est-à-dire que Yhomme doit devenir parfait.

Cette perfection , que j’ai nommée « perfectibilité » , n’est que le reflet de la perfection véritable de Dieu.

Voilà l’image. . - • *

Si Dieu n’aimait pas il ne pourrait faire un ouvrage bien lait , car la beauté d’une chose lui serait indifférente ! Nous admettrions alors que Dieu n’aimerait pas ses enfants ! que cet amour ne serait pas constant! qu’il laisserait périr ce qu’il a créé ! qu’il n’écouterait ni les cris ni les prières de son fils en peine !... ‘ . .• •• *

Nous dirions que Dieu n’est pas bon : Nous- lui enlèverions

la bonté , nous le caractériserions à* indifférence! nous le taxe-

rions d’inconstance !... . • • • *

Avec ces trois choseé enlevées , ou ces défauts donnés à la divinité , nous formerions un tout , que nous ne pourrions appeler parfait !

Nous ne comprendrions donc pas un Dieu , puisque, qui dit Dieu , dit perfection. • '

Nous allons voir la volonté et Y amour en Dieu. Je vous développerai ensuite Yamour et la volonté en le monde . •

Si nous nions la volonté , nous nions Y intelligence,

La volonté est un des attributs de la divinité, un attribut tellement intime, tellement vrai , qu’il est , en quelque sorte, rivé à la divinité. » v *

La volonté? c’est la force motrice d’une machine qui travaille.

L’ intelligence de Dieu est la machine.

La volonté? c’est la force motrice.

L 1 induction ? c’est le résultat du travail de la machine. Une machine qui ne travaille pas , qui ne produit pas , est

une machine qui est inerte , c’est-à-dire , qui n’a pas de force motrice ; et toute machine dans ces conditions est inutile , et Dieu ne l’est pas !...

Quels sont les caractères de la volonté de Dieu?

Je n’ai plis besoin de vous le dire ! '

Tout ce qui sort de Dieu est grand , sublime , immense , magnifique!

La volonté de Dieu est grande , douce, calme ; elle est infiniment divisible , c’est-à-dire , elle peut porter sur une infinité d’objets à la fois , mais , chose admirable , elle pèse

sur tous avec toute sa force , toute son énergie , tout son calme et toute sa douceur. • •

Chez Dieu, la volonté ! c’est la puissance.

« Qui veut , peut, »

Chez Dieu , le proverbe est applicable.

Si Dieu voulait une chose impossible physiquement , Dieu ne serait pas Dieu , car il lui est impossible de vouloir des choses pareilles. S’il le voulait, il n’aimerait plus, et vous savez ce que serait un Dieu sans amour .

11 ne faut pas vous figurer que celte volonté de Dieu vous fasse marcher par force , comme quand une main de fer vous tire par le poignet ! Non : elle vous enlève , vous berce , vous amène , et vous ne savez pas résister.

La volonté de Dieu !

Mais elle ne vous trahie pas par les chëveux ; elle ne vous fait pas tomber et ne vous traîne pas dans la poussière , ou sur les pavés !... Non : elle vous enveloppe et vous caresse en vous poussant , comme un vent léger vous pousse , en ca^

ressaut vos oreilles , el en vous fortifiant par son contact

rafraîchissant et salutaire.

Parlons de Y amour !....

L 'amour est un des attributs de la divinité , tellement grand , qu’il est loi immuable , qu’il est principe de Dieu , si la divinité peut exister sur un principe.

C’est le principe du principe , si je puis parler ainsi.

En vous parlant du bien , je vous ai en quelque sorte parlé de Yamour , car le bien n’en est que le résultat.

Vamour chez l’homme dirige dans le bien.

Quand le Christ a dit :

« Aimez-vous les uns les autres ; aime ton prochain comme » toi-même, »

il a formulé la loi d'amour qui régit le monde , loi innée , qu’il nous a révélée.

Quand Lafontaine a dit :

« Il faut s’entrJaider mutuellement » , il n’a fait que l’application de cette loi ; il l’a réduite en précepte.

Quand une société , aussi mal organisée que celle des hommes d’aujourd’hui , reconnaît ce principe de droit :

« Que le bien du plus grand nombre soit le plus grand

mobile de nos actions » ,

il faut que cette société ait été écrasée par la puissance du bien ; il faut que le bien , cet archange Saint Michel , terrassant Xégdisme , ce démon infernal , soit bien fort pour lui faire cracher une parole si discordante avec ses principes :

il faut que la voix de la vérité soit bien forte pour n’avoir pas été étouffée, et pour amener cette société ù donner une interprétation aussi complète de cette loi formulée par le Christ.,

Cette société a pris celle loi pour base de son système: t

Ce système n’en est cependant qu’un commentaire maladroit qui , malgré ses développements diffus , ne peut caeher ces étincelles qui brillent et qui dirigent.

Toutes les bonnes choses doivent être passées au laminoir

du mal ; elles doivent dégénérer, car ce n’est qu’après être devenues très-mauvaises, qu’elles peuvent se relever. Cela justifie le proverbe : . /

« Les extrêmes se touchent . >»

Quand la corruption est tellement étendue, tellement compacte , tellement grande , qu’elle est devenue vermine , elle tombe, et se détruit d elle-même : elle s’évanouit , .et ce qu’elle recouvrait réparait dans toute sa grandeur et sa sublimité.

Nous avons trois espèces d’amour :

L 'amour grand , pur, l 'amour dégénéré .

Vamitié.

L amour grand? c’est l’image de 1 1 amour de Dieu ; c’est Vamour véritable, j * bj .

Tous les grands cœurs , et rien que les grands cœurs peuvent ;le comprendre, in

C’est Vamour de Vidée , Vamour du sentiment , 1 "amour

• • • - f-'ftr •> .

du cœur, Vamour du beau.

' L 'amour dégénéré ? c’est l 'amour de la forme , l’amour du joli.

Uaniitié est un sentiment bien au-dessus de Yûmour' dégénéré..

C’est un sentiment eftilé , doux , continuel , limpide , qui se fait sentir partout.. , •

Il a pour base le bien , et en cela il se rapproche de l 'amour

grand , qui a pour base le sublime : il n’en est que le dérivé.

Il faut être bon pour être ami.

V amitié existe dans tous les cœurs ! c’est un aimant qui attire , qui se fait sentir : deux hommes se touchent la main pour la première fois de leur vie , ils sont amis à jamais.

V amour dégénéré n’existe pas , non ! on ne peut pas appeler cela amour : il naît de la différence des sexes. Les anciens l’avaient bien nommé : « Cupido » , et C.upido signifie désir , caprice . -

Dans cet amour , celui qui croira être véritablement amoureux , qui croira reporter sur une personne toute l’affection

qu’il possède , celui-là , dis-je , sera désabusé si la maladie vient ternir la beauté des traits qu’il adore.

Cet amour finit.

V amour grand et l’amitié ne s’éteignent jamais : il reste toujours l 'estime , et l’estime c’est Y amitié.

L 'amour dégénéré est quelquefois mauvais : il cause du chagrin.

V amour grand et Y amitié ne causent jamais que du plaisir et du délassement.

t)ans l 'amour dégénéré , me dira-t-on, il y a bien le dévouement ?

Non,: ce dévouement est irréfléchi, et tout dévouement sans réflexion n’est autre chose qu’un égarement.

Vamour grand ! oh ! celui-là repose sur la vertu.

C’est une électricité qui s’attire promptement , qui se combine : la fusion est complète. *

Quand deux cœurs élevés s’aiment , le fond de leur pensée est toujours dirigé vers le bien, vers le même but. ,

Savez-vous la Trinité seule que je connais ? C’est Lame nais , George Sand , Bérenger ; véritable tout en trois personnes, tout formé par le lien que la religion naturelle a rivé autour d'eux , et au moyen duquel elle les étreint et les unit au dernier degre* ■ ■ v i* tv

V amour grand n’existe pas entre Ÿhomme et la femme ! il existe entre tous les êtres .

Il ne connaît pas le sexe, il ne connait.pas le genre.

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