MARCHE VERS LE BIEN
' La Genèse a tort de parler de l'arbre du bien et du mal , parce qu’elle établit entre eux une fausse corrélation.
Je crois vous avoir démontré l’impossibilité d’une corrélation , puisque le bien est le but , et que le mal est un moyen , créé par Dieu , pour l’atteindre.
Un homme qui ne fait pas bien ne fait pas par cela même mal. 11 y a un milieu que vous allez comprendre.
La vie est une montagne à un seul versant ; l’aulhi est à pic. , Il y a deux-roules : *.
La roule par le versant; route ordinaire qui est unie , monotone , plus douce , il est vrai , mais plus longue.
L’autre ! laide /scabreuse , allant de pic en pic , semée d’abimes et de précipices , plus courte , il est vrai ; mais bien dure. .
De la route ordinaire on petit tomber dans la route difficile ; mais si Dieu nous a exposés à la chute , il nous a , dans sa justice , donné les moyens de nous relever. * ,
Ces deux routes conduisent au même but , au bien , cet
arbre sublime dont je vous ai parlé. r
L homme qui fait mal- et qui souffre , suit la route scabreuse. - :
Celui qui ne fait ni bien ni mal suit la route du versant ; mais il la suit dans toute sa longueur et sa monotonie.
Celui qui est homme de bien , c’est-à-dire, celui qui le
sent de plus près , qui l’aspire , celui-là tend à se rapprocher
plus vile du bien. Il suit la route ordinaire , mais pour lui elle n’est pas monotone ; il la franchit avec rapidité.
Vous devez voir par là le milieu dont je vous ai parlé.
Les voyageurs arrivent au même but :
L’un , juste et pur ,
Le second ,' calme ,
Le dernier , triste et meurtri ; .
. Tous croyants, tous espérants.
Le juste aime le bonheur , qu’il voit.
Vhomme calme le pressent , et y croit.
Le malheureux le soupçonne et l’espère;
Le malheureux attend la consolation.
La foi consolide cette espérance, la charité lui tend une main an)ie et le soutient dans sa marche.
alors descend , non pas un vain fantôme , mais la véritable justice de Dieu : être frêle mais fort , aux yeux caves et larmoyants , le regard pénétrant et doux.
Cette justice!... c’est le repentir. Le repentir, qui lui déroule son passé , qui le fait gémir sur ses fautes , qui lui déchire le Cœur, qui le fait pleurer, qui le calme en le dégageant , et qui enfin s’envole après l’avoir épuré.
La route est parcourue. Le mal devient inutile , car- le malheureux est purifié : il croit , il espère , et il aime.
L 'homme calme est soutenu par Y espérance ; c’est elle qui le complète en le conduisant vers la foi.
L’ homme juste est soutenu parla foi ; c’est elle qui le complète en lui montrant la preuve , la certitude.
Tous les voyageurs sont alors arrivés.