RELIGION
« V Esprit de lumière et de vérité » a dit ŸEvangilç.
La lumière ? c’est la prescience de Dieu , la connaissance innée , dans Yhomme , de celte divinité , connaissance active, quoique non formulée.
Je vous ai dit que le bien était le principe vital de la con-
science.
Je vous al dit que Yhomme était composé d 'esprit et de
matière.
Je vous ai dit que Y Esprit engendrait Y intelligence.
La lumière ? c’est ce qui éclaire cette intelligence de Yhomme : c’est cette connaissance de la divinité , qui s’agrandit , qui se formule.
V Homme peut , et doit faire des progrès dans la lumière. Quand on a parlé du Christ , qu’on l’a appelé « le Fils de Dieu » , qu’on l’a par conséquent caractérisé : « esprit de lumière», on a indiqué, non pas le rapport immédiat qui existait entre le Christ et Dieu, rftais l’on a pressenti les émanations directes qu’il recevait de lui.
Le Christ recevait en plein les rayons de Dieu.
Dieu planait sur le Christ comme le soleil plane sur l’équateur. •
C’est le Christ qui , par ses paroles et par ses œuvres , nous a apporté la lumière , c’est-à-dire , nous a défini et résumé les idées sur la divinité , nous a montré la roule qu’il
nous fallait suivre pour nous rapprocher d’elle ; c’est lui qui nous a fait descendre au fond de notre cœur , et y a fait vibrer cette corde d'amour , de laquelle nous ne faisions que soupçonner confusément l’existence.
La loi d'amour est le principe de toutes choses. Cette loi n’était pas encore articulée ; elle existait à l’état de germe.
Quand Dieu nous a annoncé le Christ , il nous a annoncé l’eau qu’il nous donnerait pour arroser cette plante naturelle.
» Le Christ était le législateur qui devait formuler cette loi sublime. .
<- L’on voit par là que le Christ, nous ayant montré la roule qui nous rapproche de Dieu , nous a par conséquent montré la lumière.- Il est donc bien qualifié dans l’ Evangile :
« Esprit de lumière et de vérité. »
« Vérité » est indispensable : lumière sans vérité ! ce n’est pas une lumière.
On dit que Dieu est Y esprit de lumière et de vérité. •
Le Christ n’est que le bras de Dieu.
Dieu planait sur le Christ , avons-nous dit !
Le Christ n’est alors que le miroir qui reflète Yespril de lumière et de vérité .
La lumière est toujours précédée de l’étincelle. Avant que le Christ parût , saint Jean l’avai l annoncé..
Saint Jean était l’étincelle.
Le Christ fut la lumière.
Saint Jean institua le Baptême.
Le Baptême est un symbole ; les symboles sont des choses sublimes.
Le Baptême est un des plus beaux sacrements ; ce n*est pas la rémission d’un péché originel ; il n’y a pas de péché :
« Ego sum qui tollit peccata mundi » , a dit le Christ.
Le Baptême? c’est une invocation à Y esprit. ' * r ■
La prière qu’on devrait chanter , ce n’est pas :
« Je crois en Dieu , c’est Veni creator spiritus. » *
« Viens , divin Esprit , féconder cette âme nouvelle ; viens *» la préparer à recevoir la lumière , viens afin que cette pré- » paralion la conduise à prier , et à croire , une fois que » Yhomme qui la renferme aura vu. »
Ce symbole des apôtres est anticipé. L 'Homme ne peut croire que quand il a vu : Tant qu’il ne fait que sentir, et que l’idée conçue, la connaissance ne suit pas le sentiment „ Yhomme n’est pas éclairé.
Cette connaissance ? c’est la lumière.
Qu’est-ce qui le fait préparer ? C’est Dieu.
. Qu’est-ee qui invoque Dieu? C’est le Baptême.
Le Baptême ? c’est la lueur.
La lumière ? c’est le flambeau.
La lumière entre peu à peu dans le cœur des enfants ; elle s’y développe , elle s’y complète.
La, fête de saint Jean est ordinairement célébrée par des feux ; ces feux sont l’image de l’étincelle. *
Saint Jean a précédé le Christ ; il a institué le Baptême. Le Christ est venu ! • •
La lumière a paru , et les Mages , guidés par elle , furent conduits à Bethléem.
Le Christ à institué Y Eucharistie . V Eucharistie? c’est In lumière qui complète la/m et donne la force :
C’est la lumière véritable , lumière impalpable , lumière de Y intelligence ,• Jumière non comprise mais prouvée , /mmtere qui nous attire , nous entraîne , et qui , lorsqu’on veut l’approfondir , force à tomber en admiration devant celui qui l’a formulée.
La lumière résumée , exposée dans notre cœur , constitue une loi , qui est la loi naturelle \ loi que chacun applique toujours , c’est-à-dire , pour laquelle chacun professe un culte.
De ce culte naît une Religion.
La seule vraie religion est celle de notre cœur. C’est la religion naturelle .
La' religion naturelle, est très-simple; je vais vous la résumer.
Elle prend sa source , avons-nous dit, dans la loi d'amour.
« Aimez-vous les uns les autres » dit le Christ.
Cette religion se trouve résumée dans co précepte :
La foi , l'espérance et la charité , sont les moyens d’appli-
cation innés en nous. '
Le second précepte -de cette religion , est :
« Que le bien du plus grannd nombre soit le plus grand » •
mobile de nos actions. »
Par ce principe , l'égoïsme est flétri ; la loi d’amour est rendue universelle.
Et dire que c’est la société d’aujourd’hui qui a posé ce principe!...
Quelle force a donc l'amour pour faire faire des contre-
sens à la société , pour lui faire poser un principe qui fait crouler le système dans lequel elle s’encroûte î Le troisième précepte , c’est : v « *•
« Aime ton prochain comme toi-même . » •
Ici la loi d’ amour consacre la loi d'égalité .
Quant aux autres préceptes :
« Fais à autrui ce que tu voudrais quil le fît ; et ne fais pas ce que tu ne voudrais pad qu'il te fût fait . »
Ces préceptes , dis-je , sont défectueux , en ce sens qu’ils impliquent une réflexion préalable ayant irait ü Y amour personnel , amour qui est le principe de l 'égoïsme.
Il fallait être le Chrisi , c’est-iütdire , être vraiment inspiré de Dieu, d’une inspiration directe et immédiate, je dirai presque être demi-Dieu pour-' résumer en aussi peu de mots ‘ une doctrine aussi grande.
Le Christ , en effet , n’a dit que deux chQses :
« Aimez-vous les uns les autres » ;
« Aime ton prochain comme toi-même. »
Cette religion noüs est parfois mystiquement révélée.
La religion naturelle , vous dis-je , se traduit en dehors de
notre cœur. v *
Ceux qui nûuS ont donné la doctrine du Christ , qui nous l’ont propagée , nous ont transmis ses symboles et nous en ont institué‘:d’aulres.
Malheureusement ces symboles ne sont plus purs. - Les - symboles » sont une très-belle chose ; d’autant plus belle , que chacun a la liberté de les interpréter.
Nous allons les regarder.
L’Eglise en possède sept.
Nous n’en possédons que cinq. t
Sur ces cinq , deux sont sublimes , les trois autres sont magnifiques.
Les symboles sublimes sont x
« La Pénitence et YEucharistie. »
Les symboles magnifiques sont : •
« Le Baptême , Y Extrême-Oction et le Mariage . » •
La Confirmation et Y Ordre sont de l’invention de l’Eglise,
Ils ont un but temporel ; aussi ne son t-ce pas des symboles ; ce sont des sacrements.
Nous n’en parlerons pas* v .
Les autres symboles ont été rabaissés au rang de sacrement. C’est pour ,les relever que nous sommes forcés d’en parler.
Le Baptême est , vous ai-je dit, l’invocation k Y Esprit , pour que Y Esprit prépare à recevoir la lumière . .
V Extrême-Onction est l’invocation à Y Esprit , pour que
Y Esprit prépare la lumière reçue à être renouvelée , c’està-dire , pour que Y Esprit prépare le renouvellement.
Ces deux symboles tendent à la fertilisation de Y Être.
. Le Mariage est la consécration de l’union des sexes,, union de la force et de la douceur , Union qui nous présente l’ensemble des qualités de Dieu , réparties entre Yhomme et la femme. ' .*
Le Mariage a été institué par Dieu. *
C’est un symbole magnifique , c’est la consécration du précepte :
« Croissez et multipliez. »
Ce symbole est un ordre donné par Dieu.
Les deux premiers appellent la lumière ou le renouvellement.
Ils s’adressent à l 'Esprit , comme agent principal.
Les deux symboles dont je vais parler, sont sublimes- en ce qu’ils perfectionnent la lumière. En effet :
Le premier , la Pénitence , redresse la lumière détournée, la rappelle lorsqu’elle s’égare. *
Le second , X Eucharistie , la complète, la consolide.
Dieu seul est le dispensateur de cette lumière. Ces deux
symboles s’adressent tout de suite à Dieu.
La Pénitence nous représente la justice divine. » -
Vous le savez ? c’est le repentir qui épure , qui traîne à sa suite la délivrance , et la délivrance amène la consolation.
La consolation nous donne la force.
Le Christ a dit r >î* 'ti'"' rj-r» Y; • -V'. . JC .
« Tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel.» ' ’.'-c’A
Le Christ parlait alors à des pécheurs animés par la foi , guidés par la charité , soutenus par X espérance. Le Christ consacrait ce symbole , dont l’essence est le repentir -, dont la suite est la délivrance , dont le résultat est la consolation.
Le Christ n’a jamais donné le pouvoir de délier ; il a donné celui de hâter le repentir, de le rendre plus doux , de faire arriver plus vite la délivrance et par conséquent la consolation.
L 'Eucharistie ? c’est celte consolation : elle nous donne la force , la vie.
Que disaient les Bohémiens quand on a voulu leur enlever la coupe , quand on a voulu changer leur religion ? ils l’ont demandée à grands cris.
La mort , la guerre, les massacres , ont aidé ce fanatisme .
de' la coupe , car c’était la coupe de l’égalité , la coupe de la fraternité , qui distribuait à tous la force que Dieu lui-mème envoyait, force qui les rendait grands , qui les rendait libres , indépendants. ' »
V Eucharistie complète la lumière ; il la consolide une fois que la Pénitence l’a ramenée à sa place , il la fortifie : c’est une lumière donnée à la lumière.
Le Baptême , vous ai-je dit * c’est la lueur , c’est la préparation. ■ : - .
V Eucharistie ? c’est le flambeau ; non-seulement il éclaire,
mais, il ranime ce qui s’éteint. ;
La société corrompt, tout ! • »
L’Église n’est autre chose qu’une société.
Ce que l’on nomme : « l’Église militante » , est une société . de démolisseurs de ]a vérité. Vain espoir !....
Tout symbole touché par l’Église devient sacrement , et tout sacrement est un sacrilège , est une profanation.
Quand on présente une hostie consacrée , celui qui la prend avale un pain à cacheter , parce que le prêtre d’aujourd’hui , ne possédant ni la foi ni la charité , ne peut faire un symbole, et ne petit par conséquent produire Pefl’et qui y est attaché.
Quand une conscience, supérieure , ayant la foi , étant aimante , présente à un peuple du pain et du vin , cette
conscience est inspirée , elle parle à tous ; cette parole est celle de Dieu, et elle vient réchauffer et soutenir les âmes!...
La consolation arrive.
La consolation arrive toujours , mais elle est impitoyable ; elle n’arrive jamais avant le moment fixé , c’est-à-dire , avant que le repentir n’ait -opéré. . . fl
Les arrêts de Dieu sont irrévocables , c’est-à-dire irrémissibles , mais non éternels.
Par eux, Dieu punit toujours- le méchant , et toujours la punition est complètement subie , mais elle n’est jamais éternelle. Ses arrêts sont durs et sévères , en ce qu’ils répriment fortement la faute; ils sont justes , en ce qu’fis distribuent également, c’est-à-dire proportionnellement, équitablement, le repentir ;ils sont bons , en ce qu’ils ne brisent pas toute • espèce de consolation ; ils ne sont jamais étemels , car alors dans certains la consolation serait barrée et enchaînée. Or, cela ne peut être , car il n’y a pas de lien qui résiste à la force de Yexpiation.
. La religion catholique s’est suiçidée lorsqu’elle a créé Ÿ Enfer . •