‹ Traité de magnétismeChapitre 29 sur 69 · APOTRES ET PRÊTRES · texte numérisé non relu

APOTRES ET PRÊTRES

L’Apostolat est une chose belle ! grande! sublime!

L’apostolat? c’est la propagation d’une vérité, ou d’une erreur.

Le véritable apostolat est celui de la vérité ; celui-là seul

produit des effets. Sa qualité essentielle est la conviction.

Pour qu’une conviction existe , il faut que son objet soit vrai et vraisemblable. Si l’objet réunit ces qualités , la vérité triomphe. . * v

Si l’apostolat est la propagation d’une erreur , l’objet en est faux ou invraisemblable.

Si la fausseté est palpable , il ne produit pas d’effet.

Si l’invraisemblance exige une élude pour convaincre , et si l’objet est faux , l’examen éloigne la conviction des autres , et provoque le doute chez le propagateur. Le propagateur n’est plus convaincu de ce qu’il dit, il n’a plus d’accent irrésistible de la vérité.

Le doute entre toujours par la porte de l’erreur.

Tout homme qui a une conviction vraie ou fausse doit la propager , sinon il est un lâche.

Lorsqu’il reconnaît la fausseté de ce qu’il avance , il Xloil se taire ou se rétracter , sinon il est un sot ou un méchant.

Dieu , dans sa bonté , a fait une grande chose ! il a attaché à la vérité un caractère ineffaçable : il a voulu que cette vérité

ne fût exprimée que par la conviction ; il a voulu que celle conviction cessât lorsque le doqle arrive, et que par conséquent l’accent de vérité ncxistàt plus. Or , quel est l’effet de cet accent? C’est la pénétration des âmes.

V Homme convainct davantage par son accent que par ses paroles , par sa bonne foi que par la suite et l’éloquence de ses discours.

Les caractères de la conviction Sont :

« L 9 unité y le sentiment , l,a plénitude et la connaissance. •> Toute conviction ne peut être bien et grandement assise que par la connaissance î Or, la conviction d’une chose fausse ne peut pas exister , ear la connaissance vous révèle une erreur et non une vérité , et si l’on dupe les autres on ne peut se duper soi-mèine , et , par conséquent , croire vraie une chose que l’on sait fausse.

• Ce qui engendre la conviction c’est donc la connaissance d’une vérité!... ^

Toute conviction fausse , c’est-à-dire incomplète , naît d’une connaissance incomplète , ou d’une non-connaissance de la vérité. Dans ce cas , le doute est ce qui entre pour compléter le sentiment sur une chose. Or , celle conviction , qui comporte ou qui souffre le doute , n’est pas une conviction. Toute conviction doit avoir pour caractère la plénitude. L’apostolat? c’est l’exposition et la propagation d’une conviction véritable. •

L’apostolat? c’est le désintéressement, c’cst le dévouement,c’est la souffrance , c’est la lutte. '

Mais c’est une belle et grande lutte !...

De l’apostolat n’ait la persécution.

La persécutionest un grand bien , puisqu’elle nous prouve

que la vérité a été redoutée , qu’on cherche à l’anéantir , car

on en a découvert toutes les conséquences , et toutes les conséquences de la vérité sont contre l’égoïsme et l’intérêt.

On ne l'anéantira jamais , car la vérité est comme l’hydre de Lerne. Pour l’anéantir il faudrait abattre toutes ses têtes , et il n’y a pas de faux assez grande.

Les têtes coupées renaissent , èt elles renaissent en plus grand nombre.

Quand on décime des apôtres , il en surgit de nouveaux.

La vérité est grande et bonne , car elle émane de Dieu. Or toute chose qui émane de Dieu est grande et bonne.

Elle est stable , car elle a Dieu pour principe.

Quel abîme les intérêts matériels ont-ils creusé sous les pas des apôtres d’aujourd’hui ! quel abrutissement écrase notre société !...

Aujourd’hui*, avec nos idées , la lutte va s’engager contre les idées nouvelles : il faudra se tordre corps à corps , il faudra que les idées nouvelles se rapetissent , se grandissent à propos , qu’elles s’infiltrent pour pouvoir envelopper et enfin triompher.

Tout ce qui est bien est dans l’intérêt de l’humanité ; tout ce qui est bien constitue une vérité.

Tout homme qui , comprenant ce bien , finit par le connaître et le propage ensuite , est , par celle propagation , élevé au rang d’apôtre.

Pour être apôtre , il faut être dénué d’intérêt , il faut que

la conviction soit au fond du cœur , c’est-à-dire qu’elle naisse de l’idée de la pensée du fait qui révèle la vérité , et non qu’elle soit fondée sur des conclusions tirées de controverses.

Les véritables controverses ne* sont point faites pour faire marcher vers la conviction ; elles ne sont que le développement des faits acquis , mais elles ne sont pas l’interprétation de ces faits.

L’apôtre non convaincu n’est pas apôtre , ctfr celui-ci con-

vaincl par un regard , un geste.

L’effet de là conviction est la pénétration des âmes. C’est

ce qui explique le peu d’effet produit par les prêtres. Ils

jouent aujourd'hui le rôle d’apôtres , mais ils ne le sont pas.

La vérité , d’ahord, ne réside pas sur des préceptes! Elle repose sur des principes.

Les principes dé la vérité sont en très-petit nombre.

Les préceptes des prêtres sont en nombre illimité.

Avec les principes de la vérité , on élève , on grandit , on redresse ;

Avec les préceptes des prêtres *.......

Quand on élève un prêtre

* Le Somnambule met en parallèle la conduite des Prêtres d’aujourd’hui avec celle des Apôtres,, eU cédant à l’indignation que lui inspirent les mauvais Prêtres , il se livre contre eux à une philippique véhémente.

Je voulais d’abord supprimer quelques passages qui , à mes yeux , présentaient ce double inconvénient, que certains lecteurs y verraient une généralité dans l’exception, et pourraient faire l’application de la critique à la partie saine et respectable du Clergé , et d’autres les considérer comme une diatribe voltairienne. Cependant , dominé par mon respect pour l’exactitude des faits que je rapporte , je m’étais décidé à ne rien retrancher. Au moment où cette seconde partie de mon ouvrage allait paraître, plusieurs

Si V esprit est médiocre , faible ! voilà son sort.

Si Yesprit est fort .........

Les sauvages l’attendent.

O apôtre, que ton sort est digne!...

Les méchants te rehaussent à tes yeux mêmes : le bien que les méchants punissent est puni par un plus grand bien. Tu peux arriver à la gloire de la conviction libératrice , à la

gloire de Y éclaireur , tu porteras la lumière à tes frères

aveugles. Vai... que le courage te seconde ; ton sort en ce

monde est dur, ta vie est épineuse. Va !... que le ciel t’assiste :

Va!... ta préparation marchera en proportion de tes souf- ‘ frances.

Qu’est-ce que la souffrance? c’est Yépuration.

Le Christ a souffert : Le Christ ? c’est le libérateur dont toutes les bouches sont pleines.

O apôtres, que votre sort doit être envié !

Quand le Christ a voulu propager sa doctrine , il a pris douze pêcheurs.

personnes giaves m’ont engagé avec instance à y faire des coupures, et j’ai cédé volontiers à leur désir pour le Chapitre Apôtres et Prêtres.

Quant aux théories sur la Société et la Famille , comme leur développement et leur controverse n’offrent point les mômes inconvénients que la question religieuse , je n’ai pas éprouvé les mômes scrupules, et j’ai cru devoir les donner littéralement , parce que chacun peut les apprécier à son point de vue , sans heurter des croyances qui reposent sur la foi et qu’il faut toujours respecter.

Le Christ a été persécuté., et le Christ , sur sa croix , est mort en sauvant une âme .

Qund les apôtres étaient martyrisés, ils priaient pour leurs bourreau*.

Les prêtres d’aujourd’hui ......!

Les apôtres les chérissent.

Les prêtres d’aujourd’hui' , .

Les apôtres les donnent à ceux qui en ont le plus besoin. Les apôtres respectent la sainteté des choses : loutrce qui a rapport à la vérité , à la religion , est sacré pour eux.

Les prêtres - . ;i.

Ht

L’apôtre va marchant nu-pieds , à toute heure du jour ou de la nuit; il ne pensé qu’à son prochain , il se prive pour son prochain.

Le prêtre . ' . . ' .

Le prêtre est la conséquence de la société . . . . . .

Or, l’intérêt est

un mal qui corrompt tout.

Le mal! vous le savez, est un vernis passé sur les belles choses , et qui nous les montre toutes sous un jour hideux au seulement rebutant , sans cependant pouvoir les cacher aux

yeux éclairés par Dieu , c’est-à-dire , aux intelligences et aux

. , . ■ • ^ consciences supérieures.

La société doit arriver à la civilisation.

La seule, la grande, la belle civilisation n’existera que quand V Homme arrivera aii bien , que quand la société se rencontrera avec la religion pure , c’est-à-dire , quand elle embrassera cette véritable religion.

Le Juif-Errant de M. Eugène Sue nous en donne une belle explication. Lisez-le et comprenez-le.

Le Juif-Errant ? c’est la marche de la société : elle erre.

La société? c’est la famille du Juif-Errant , famille qu’il guide en lui faisant goûter de toutes les positions.

Les Jésuites? c’est l’intérêt , qui ronge, qui mine celle société, mais duquel il faut cependant la détacher, pour qu’elle se civilise et arrive à sa jonction avec Olympiade , qui est tla religion , cette femme qui plane et qui éblouit , en attachant par sa douceur et sa souffrance.

Cette souffrance provient de ce qu’on la mécounait.

Par la mort des membres de la famille , par la déception des Jésuites , vous, voyez le détachement qui s’opérera entre la société et le mal.

Le renouvellement de la société, ce sera la civilisation pure,

et , par la déception des Jésuites , vous voyez le mal vaincu ,

déçu , terrassé ; la lutte du bien et du mal , du moyen contre

\e principe , lutte inutile , vous ai-je dit.

Ce type , , errant d’un membre à un autre , est beau. Ce

soîkt les mœurs qui changent ; le type reste.

Ce type , principe! c’est la civilisation. -

Quand celte marche sera finie , que reslera-l-il ?

Le bien, c’est-à-dire , la civilisation pure,

D’où proviendra ce bien , sur quel principe reposera-t-il ?

Sur celui-ci :

« Aimez-vous les uns les autres . »

Sur la religion naturelle. . <

La civilisation aura rencontré la religion.

« Aimez-vous les uns les autres. » telle c^t la doctrine du Christ.

De là découlent toutes les vérités.

L’apostolat ne doit donc être que le développement de ce principe , puisqu’il n’est que l’exposition des vérités qui en découlent. .

Alors , vous le pensez , toutes ces ombres que l’on nomme : grandeur , force , puissance , richesse , seront évanouies ; il ne restera que le beau de tout çela : le grand , le beau , le riche , le puissant du cœur. Or r le cœur n’aspiraut que le bien , n’aspirera que le véritable beau , le véritable grand , le véritable fort , les qualités en un mot du bien , et ces qualités fortifieront et épanouiront le cœur , la conscience de V Homme , le tabernacle , vous ai-je dit , des émanations de Dieu.

Nous avons parlé des douze apôtres du Christ , des douze pêcheurs. •

Mais ces pécheurs étaient des gens de conviction , de sens

droit, éblouis par une puissance extraordinaire ; humbles ! qui ont vu el ont cru , sans expliquer car leur conscience leur a dit de croire , car ils ont louché la vérité : Hommes savants ! car leur enseignement a été rapide et complet , et parce que, en étudiant, ils se sont rendus aux faits sans

chercher un commentaire daus la science de nos esprits forts.

«ilKATt PAUPKRES SPIRITü . BR ATI HUMILES.»

c’est-à-dire : heureux ceux qui écoutent la parole d’autrui , et qui l’adoptent ou la rejettent après l’avoir pesée dans leur conscience.

La conviction des apôtres était complète; ils ont parcouru le Monde , malgré les croix et les bourreaux , et la plus grande partie du genre humain a reçu la pensée chrétienne.

Les mauvais prêtres , leurs indignes successeurs , ne laveront jamais les pieds de leurs domestiques , ou de leurs disciples ; ils ne spront jamais revêtus de celte simple robe de serge , imposante dans sa simplicité , ils ne compatiront jamais aux misères du pauvret m

Quont fait les prêtres?

Ce ne seront pas les prêtres qui seront les apôtres!...

Les apôtres seront : les bons, les simples , qui croieut

d’après leurs yeux cl ceux de leur esprit , racouleronl les faits acquis , se feront l’organe de ces faits , car ils seront éblouis par leur puissance , surnaturelle à nos yeux , quoique réelle.

La société sera • agrandie par cette doctrine. La société roule aujourd’hui sur le principe de l’intérêt général ; elle est resserrée.

L 'intérêt devrait être le bien.

Elle est mince , car cette généralité n’est pas l’humanité , ce n’est qu’une portion de cette humanité. Un jour elle roulera sur le bonheur de tous. r

Puisque la société s’agrandira , le Catholicisme sera délaissé ou reparaîtra sous une autre forme. Le Catholicisme , en effet , repose , vous ai-je dit , sur de bons principes ! c’est une société , c’est un arbre en automne; ses feuilles tombent, elles sont jaunes. Le printemps nouveau sera long à venir , car les feuilles tombent lentement,; mais quand il viendra il reverdira éternellement.

La religion catholique , apostolique et romaine est un serpent qui change de peau.

La vieille peau n’est autre chose que les mots : catholique et romaine.

Le serpent, c’est-à-dire le fond, le principe, la religion chrétienne restera , car c’est la religion de la vérité.

L’apostolique restera aussi „ car c’est la religion de la vérité révélée , et une vérité révélée entraîne toujours à sa suite l’apostolat.

Les prêtres

Le Christ était un grand Magnétiseur ! Dieu planait sur lui , vous ai-je dit.

L’auréole qui , dit-on , brillait autour de son front , auréole à laquelle je crois fermement, n’était autre chose que le fluide magnétique divin , dont il était un réservoir, et qu’il reflétait sur nous. • .

Le miracle de Cana , la résurrection de Lazare , sont des phénomènes magnétiques.

Les miracles du Christ sont grands et vrais , comme phé- . nomènes.

La résurrection du Christ n’est autre chose que l’accomplissement de cette fiction poétique qui se trouve dans la Bible , à propos du prophète Elie.

Le Christ à lui seul représentait ce que sera le monde plus tard : « V esprit matérialisé , la matière faite homme et la matière spiritualisée . » • .

« Et la parole est venue parmi les siens /... V esprit , venu dans la matière , est venu chez les siens , et U n’a pas été compris ! »

Jamais il ne le sera avant le temps.

La physionomie du somnambule se rembrunit tout-à-eoup ; il fait un mouvement brusque et .son accent devient bref et concentré.

Finissons-en avec les mauvais prêtres !...

Quest-ce qu’un prêtre? Michelet vous l’a dit-:

C’est un vieillard ! c’est' celui qui nous est donné par Dieu pour nous diriger et nous redresser ; c’est celui qui a une

conscience plus élevée , c’est celui qui a une expérience plus profonde.

Le prêtre adoucit nos peines par sa bonté , et nous enchaîne par la beauté de ses discours.

• S'a parole est un baume qui nous calme,, nous rafraîchit et nous restaure.

Le prêtre est toujours grand , homme ou femme ; il est toujours inspiré , parce qu’il est toujours l’organe de la raison.

En effet :

La raison a pour principe le bien. .

Le bien découle de Dieu , et le prêtre , parlant au nom de la raison , nous parle au nom de Dieu.

Les intelligences supérieures , vous ai-je dit, sont les voiles qui poussent le bateau.

Les consciences supérieures , sont le gouvernail qui le

dirige.- • • '

Les premières , sont les moteurs.

Les secondes , sont les directeurs. -

• Les intelligences élevées , sont les drapeaux que nous suivons malgré nous , ce sont des volcans magnifiques , qui nous lancent le feu sacré , ce sont des sources abondantes , qui viennent rafraîchir 1 ^ Monde , ce voyageur trop paresseux.

Les intelligences élevées atteignent ce but , car allant bien avant dans la vérité , elles prennent une idée , l’étendent , la développent , l’expliquent; elles la font devenir idée générale , idée du peuple. Le peuple la proclame , la prône , la crie avec sa voix puissante , et l’idée du génie n’est autre chose que l’idée de Dieu, car il l’a puisée dans la raison , qui en découle.

La voix de Dieu, celte prédication poissante qui embrasse

tout , qui incrustre chaque parole , et dont chaque parole

porte fruit , c’est la prédication par la voix du peuple :

«VOX POPüLI vox Dki. »

Les idées nouvelles nous sont transmises par les prêtres véritables , les consciences élevées : ils nous les distribuent équitablement , proportionnellement.

Les qualités des consciences élevées , sont : «la bonté , la .«4^ douceur Yhumilité , la compassion. »

Le but , est de soulager , de consoler, de diriger.

Ce sont des anges gardiens qui ont la charité pour essence.

Ce que l’on nomme «prêtre» aujourd’hui, est improprement nommé. , ' • ' • - ■.

La conscience élevée mérite seule ce titre.

Le prêtre n’est pas celui qui prêche une religion dogmatisée ; c’est celui qui , sans faste et éloquence , mais par douceur et aménité yous ramène à la religion naturelle , celte religion impalpable , invisible mais réelle.

Un prêtre dogmatisant , est un mauvais- tailleur qui fait de

mauvais habits.

Le dogme est l’habit , qui couvre et gêne la religion naturelle , et la conscience , qui est son tabernacle ; pt la religion naturelle cl la conscience ne peuvent supporter de vêlements !... Tous leur vont mal.

Les prêtres vrais, doivent agir par douceur , humilité , compassion.

Présentez-vous devant un prêtre, que trouverez- vous

Ricu : Ah, je me trompe 1 vous verrez leurs moyens.

Quels sont-ils?

Le mauvais prêtre combine ces trois moyens.

Voilà Pouvrage des mauvais prêtres.

Eh bien!... à ceux-là , par le Seigneur je le jure !

vous ce que je ferais ?...

savez-

Voilà ce que je ferais aux mauvais prêtres !... Les bons se relèveraient d’cux-mêmes.

Si les prêtres étaient ce qu’a dit Michelet , croyez-vous que tout cela arrivât?

Notre formule , à nous , c’est :

« Liberté , égalité , fraternité » ;

La leur , est :

Parlons de la chasteté!

Le Christianisme de Lamenais n’est pas encore assez avancé ; il croit au célibat des prêtres et à la chasteté qui doit en résulter.

En cela il est encore un peu catholique. Mais n’importe ! c’est un vrai prêtre. C’est précisément pour cela que je l’ai entendu traiter de pervers , par un abbé pédant et sol.

Lamenais - . . - .

Qu’est-ce que la chasteté ?

C’est le contraire de l 'impureté.

L’impureté n’est aiitre chose que la violation , soit-physique soit morale, des lois de h nature et de la conscience.

Quand on est chaste physiquement et moralement, (oui est permis !

Quand un homme s’unit à un e femme , il remplit le but de Dieu : « V engendrement. »

S’il s’unit à elle par amour , pour puiser de la consolation et pour donner du bonheur , qu’il soit prêtre , laïque ,' ou forçat , il est chaste.

S’il s’unit à une femme , pour satisfaire tout simplement ses goûts et ses désirs , il est impur!.,.

La réciproque est vraie pour la femme.

La chasteté est une vertu éminemment naturelle : or, toute vertu doit être exercée librement !

Qu’esl-il arrivé?

On, a ordonné le célibat aux prêtres , on a créé , exprès pour eux , une chasteté ; on les a forcés à la chasteté.

On a dénaturé cette vertu , puisque son essence est « la liberté. »

Or , tant que celle chasteté existera , les prêtres ne seront.

jamais chastes , car ils étoufferont le désir , ils étoufferont l’exercice de cette vertu ; ils ne la pratiqueront pas.

C’est une bien grande question, qui finira par être résolue , car les abus deviendront tellement fréquents qu’on ne

pourra plus reculer , el qu’il faudra démolir cet édifice mal bâti. , ,

ljes doctrines nouvelles commencent à germer, témoin celle de saint Simon.

C’est une graine qu’il a trouvée ; ses disciples l’ont nettoyée et montrée au jour : on a voulu la détruire -, mais auparavant elle était semée:.

Vous verrez qu’elle germera.

Toutes les nouvelles doctrines sont au même point : elles sont lavées , nettoyées , semées ; elles germeront , et l’on choisira da plus belle , ce sera la meilleure.

Voilà le progrès.

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